octobre 29, 2020

Yes – Heaven & Earth

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Avis :

L’univers du rock est balisé par les grands groupes qui sont nés dans les années 60/70. Entre The Beatles, The Rolling Stones, Pink Floyd, The Who, The Doors ou encore Led Zeppelin, on peut aisément dire que le rock est la musique de prédilection de tous les groupes de légende que l’on connait aujourd’hui. Mais comme dans tout courant, les néophytes vont ignorer l’existence de certaines pointures qui sont un peu passés dans l’ombre des grands succès. Yes, au même titre que Dr Feelgood ou encore Procol Harum, est très connu par les fans de rock, mais il est vrai que si on ne gratte pas un peu la surface commerciale que l’on nous offre, il est difficile de connaître ces noms. Né en 1968, Yes possède 22 albums à son actif et continue sa survie malgré deux pauses, en 1980 et en 2004. Porté par Chris Squire depuis le début ainsi que Steve Howe et Alan White, le groupe a fourni en 2014 un dernier album plein de promesses et essayant de renouer avec un rock classique et psychédélique des années 70. Seulement, si Heaven & Earth est loin d’être mauvais, il s’avère être un album assez ennuyeux, qui laisse beaucoup trop de place à un clavier qui résonne comme un instrument rétrograde et factice.

Composé de seulement huit chansons, le skeud débute avec le morceau le plus long, Believe Again, qui s’avère sympathique mais beaucoup trop long. Dépassant les huit minutes, le morceau n’a rien d’extraordinaire, et même s’il demeure maîtrisé du début à la fin, il n’est pas assez rentre-dedans et reste constamment sur le même ton. En fait, le principal défaut du morceau (et ce sera le cas pour quasiment tout l’album), c’est la voix de tête du chanteur. Si on connaît ça depuis des années, cette voix est très aigue, très efféminée et ne colle pas vraiment avec la musique. Si Robert Plant ou Paul McCartney ont aussi des voix de tête, elles restent cohérentes avec le style et surtout n’ennuie pas. Là, c’est presque pénible de l’écouter chanter. Fort heureusement, The Game, le deuxième titre, est plus plaisant, mais c’est aussi pour autre chose. En effet, le morceau possède plus de guitares, avec quelques envolées solistes plutôt agréables et le clavier se calme un peu, ce qui n’est pas plus mal. Le titre est plus entrainant, plus court (bon, on reste aux alentours des six minutes) et se révèle supérieur au morceau précédent. Malheureusement, la surprise sera de courte durée avec Step Beyond, le troisième titre de l’album et c’est une catastrophe. Mettant en avant un clavier datant certainement du début des années 50 avec une rythmique proche de la comptine pour enfants, ce titre est sûrement le plus mauvais de l’album avec, en guise de cerise sur le gâteau, un refrain très ennuyeux. Fort heureusement, le pré-chœur est bon avec une jolie guitare électrique qui s’effacera rapidement pour un clavier abominable. Le groupe se rattrape avec le très beau morceau To Ascend, une sorte de ballade psychédélique du plus belle effet, laissant pas mal de place à une guitare sèche des plus douces et agréables.

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Le monde du rock prog est ponctué d’une diversité d’instruments qui font sa richesse. Ainsi avec In A World of Our Own, on aura droit à un petit piano discret en fond, qui se fait un peu croquer par la batterie et la guitare. Néanmoins, ce morceau tire son épingle du jeu avec des riffs un peu plus agressifs (toutes proportions gardées) et surtout, une construction bien plus rock que tous les titres précédents. Light of the Ages est un long morceau qui laisse beaucoup de place à l’instrumentalisation. Le morceau est plutôt plaisant malgré sa longueur, mais le problème, c’est que dès que le chanteur ouvre sa bouche, cela devient beaucoup moins intéressant et même si la guitare fait des merveilles. It Was All We Knew est un titre transparent, pas mauvais, mais qui ne reste pas en mémoire et qui fait presque office de bouche-trou dans le skeud, que ce soit dans sa durée (le titre le plus court) ou dans son refrain, enfantin et proche d’une comptine. Fort heureusement, le groupe conclut avec Subway Walls, durant plus de neuf minutes et qui se paye l’une des plus belles intros du rock. Avec des violons, on a presque la sensation d’être dans un film d’aventure ou de fantasy. Le seul problème, c’est que lorsque le morceau démarre, l’intensité baisse d’un cran et le titre ne sera pas vraiment à la hauteur de son introduction.

Au final, Heaven & Earth, le dernier effort de Yes, n’est pas un mauvais album, loin de là et il faut être fou pour dire que musicalement de tels artistes soient aux fraises. Il s’agit d’un album difficile d’accès, ne profitant pas d’un bon chanteur et d’une variation adéquate. Si l’album reste relativement rétrograde dans son style (ce qui n’est pas plus mal finalement), le skeud reste aussi assez faiblard sur ses variations et ne propose pas vraiment de moments qui bougent ou, au contraire, de moments plus doux et plus accessibles. Une petite déception donc pour un grand groupe qui n’a plus rien à prouver.

  1. Believe Again
  2. The Game
  3. Step Beyond
  4. To Ascend
  5. In A World of Our Own
  6. Light of the Ages
  7. It Was All We Knew
  8. Subway Walls

Note: 09/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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