Le Cri du Cannivore 2

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Le vendredi, c’est Woody, et le Cannivore met ses lunettes rondes pour aller chez le psy.

Au menu aujourd’hui, un stakhanoviste de la pellicule, de la sélection officielle alléchante, et la petite histoire du grand tapis rouge.

 

La Bande-Annonce du jour

La bande-annonce du Jour, c’est bien sûr celle d’Un Homme Irrationnel, le nouveau Woody Allen qui sortira chez nous le 14 Octobre, présenté ici hors-compétition, et qui réunit Emma Stone, Joaquin Phoenix, et Parker Posey. Un tout petit casting de stars, et pas vraiment d’habitués du cinéaste, qui aura la lourde tâche de raconter l’histoire d’Abe Lucas, un professeur de philosophie tourmenté qui va trouver un sens à sa vie quand il entame une relation avec une de ses élèves.

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Un schéma classique de comédie romantique pour Woody Allen, en petite forme sur Magic in the Moonlight, qu’on espère retrouver aussi percutant que sur Blue Jasmine, aussi drôle que sur To Rome with Love, ou aussi magique que sur Minuit à Paris.

Et si le réalisateur a précisé qu’il ne ferait pas le déplacement jusque chez nous (encore que connaissant l’animal, une surprise est toujours possible), il est en revanche fort probable que le casting du film sera lui présent, et un duo Joaquin Phoenix/Emma Stone sur les marches, le public risque de ne pas s’en remettre (personnellement j’attends le Sea of Tree de Gus Van Sant pour jouer la groupie extatique devant Matthew)

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Le Programme du Jour

Aujourd’hui au programme, Un Homme irrationnel donc, mais aussi The Lobster de Yorgos Lanthimos (réalisateur de Canine en 2009), un film au casting démentiel (Rachel Weisz, Colin Farrel, Ben Wishaw, John C. Reilly, Léa Seydoux) qui s’annonce complètement barré, puisque dans une société dystopique, les célibataire ont 45 jours pour trouver l’âme sœur avant de se retrouver transformés en l’animal de leur choix. Plus sérieux sera Le Fils de Saul, présenté aussi en compétition officielle, puisque le premier long de Laszlo Nemes suit le parcours d’un prisonnier d’Auschwitz forcé de brûler des corps qui récupère le corps d’un jeune garçon en le prenant pour son fils.

Un Certain Regard propose lui deux films, Hrutar (les Béliers), un drame fermier de l’islandais Grimur Hakonarson, et The Fourth Direction, film indien de Gurvinder Singh, qui se paye le luxe de proposer le synopsis le plus compliqué du festival. Je vous laisse chercher sur le net. Avec aussi à 22h le thriller coréen (encore un) de Oh Seung-Uk The Shameless (toujours distribué par les incontournables CJ Entertainement), dont c’est le second film 15 ans après Kilimandjaro.

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À la quinzaine, après l’Ombre des femmes de Philippe Garel en ouverture, c’est Trois souvenirs de ma jeunesse d’Arnaud Despleschin, une préquelle à Comment je me suis disputé (ma vie sexuelle) près de 20 ans après, qui sera présenté, avec également le Baiser du Serpent de Ciro Guerra, qui sort au même moment dans toutes les salles de France.

 

Quant à la Semaine de la Critique, en plus de reprogrammer Les Anarchistes, elle nous présente Paulina de l’argentin Santiago Mitre, qui s’annonce particulièrement corsé puisqu’il conte le parcours du combattant d’une enseignante violée par un groupe d’élèves qui tente mordicus de rester fidèle à son idéal social.

Enfin, le cinéma de la plage continue son petit bonhomme de chemin en proposant l’immense Ran, film culte du non moins culte Akira Kurosawa.

Pour a part, je met de côté le Allen pour cause de Night Fare en projection unique (ou alors le remake italien de l’ultra-violent Violent Shit s’il s’avère que Night Fare m’est interdit), mais je compte rattraper mon retard d’hier en découvrant Tale of Tales, et je continuerai dans les sélections officielles avec Sea of Trees en projo presse et The Shameless (ou alors tenter la séance officielle de The Lobster si j’ai le courage de m’habiller en pingouin et de trouver un nœud papillon).

Wish me luck !

 

L’Anecdote du jour

Aujourd’hui, entre le nouveau Allen et The Lobster avec sa tripotée de star, la montée des marches risque de résonner fortement des piaillements attendris des fans et des amateurs de strass.

Et oui, depuis la fin des années 50, Cannes est donc devenu une vitrine de plus en plus glamour de ce que le Cinéma fait de plus beau : des acteurs, des actrices, et des starlettes, qui aiment à se faire prendre en photo dans les soirées ou sur les plages de la Croisette.

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En 1983, une star n’a pas eu les honneurs des photographes. Ce qui, lorsque l’on connaît le nombre de paparazzis présents sur place, est un exploit. Isabelle Adjani, car il s’agit d’elle, est huée pendant sa montée des Marches, car elle a refusé de poser pendant le photocall et de se rendre à la conférence de presse de son film L’Eté Meurtrier, de Jean Becker. Plus drôle, une fois au milieu du tapis rouge, elle se retrouve face à des paparazzis qui lui tournent tous le dos, leurs appareils posés au sol. Sa carrière n’en a pas trop subi les conséquences, rassurez-vous.

En 2005 et 2008 par contre, ils étaient bien de face, et tous à l’affut ! En 2005, alors qu’elle montait les marches, une bretelle de la robe de Sophie Marceau se détacha et un de ses seins fut accidentellement mis à nu. Elle devint sans le vouloir un des évènements de ce festival. L’actrice porno Yasmine, elle, l’avait bien voulu, en 2008, quand elle souleva sa robe sur les marches alors qu’elle ne portait rien dessous. Apparemment les Hots d’Or manquent encore à beaucoup…

À demain pour les retours et la suite du compte rendu !

 

Encore des mésaventures aujourd’hui, mais pas tout de suite. Aujourd’hui, je me suis réveillé comme prévu, et j’ai pu filer à la projection de Night Fare avec quinze minutes d’avance. Le réalisateur Julien Seri était là, et même si la projection n’est normalement pas à destination de la presse, il m’a laissé rentrer avec un grand sourire, et un clin d’œil complice « t’as intérêt à faire une bonne critique sinon je lâche mon chauffeur ».

Qu’il se rassure, la critique sera bonne. Car le chauffeur dont il parle, c’est le boogeyman du film, taxi revanchard et patibulaire sans pitié, qui va poursuivre toute une nuit deux petits malins partis sans payer, quitte à dézinguer tout ce qui se dressera sur son passage. Et c’est très sympathique, tout ça. On peut toujours lui trouver de menus défauts, dans l’interprétation, la structure du film, mais Night Fare fleure bon les années 80, dans la réalisation, l’intrigue, l’esthétique, la musique, et suit le revival actuel avec une belle énergie et des images marquantes, tout en l’ancrant dans un environnement purement français, et en se payant le luxe de surprendre tout le monde dans un dernier quart d’heure presque perturbant tellement il bifurque dans une autre direction.

On en reparlera en détail au moment de la sortie du film, qu’on espère proche.

Ensuite j’ai largement le temps de me poser et de zoner au Marché avant 14h et la séance du lendemain de Tale of Tales, seulement voilà, je suis un gros couillon.

À 13h30, je me rends compte que je n’ai pas mangé, et voyant le peu de queue devant la salle du soixantième, je décide que j’ai le temps d’aller faire des courses…

Ce qui devait arriver arriva, j’arrive juste à 14h, en nage, pour me voir indiquer que la séance est archi-complète depuis 15 minutes. On ne m’y reprendra plus, c’est la dernière fois que je me pointe au dernier moment.

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Du coup je me rabats sur un film que j’avais pas forcément prévu de voir, les Anarchistes, avec Tahar Rahim, Adèle Exarchopoulos et Guillaume Gouix (dont les deux derniers sont venus présenter le film), et qui passe à la Semaine de la Critique, à l’autre bout de la Croisette.

Heureusement, je suis en avance, et pour le coup, je fais partie des prioritaires, youpi ! Je passe avec autant de fierté que de honte devant les pass festival et cinéphiles, et puis je me réconforte une fois dans la salle : elle n’est même pas remplie au tiers, nombreux sont ceux qui attendent dehors et qui pourront rentrer.

Quant au film, il est au final très intéressant. Peut-être un peu linéaire (encore que le final apporte son lot de surprises scénaristiques) et convenu, sans que ce soit forcément un véritable défaut. Le schéma est juste très classique, et c’est surtout les relations entre les personnages et le jeu d’acteur général qui emportent le morceau. Tous les comédiens sont impeccables, jusque dans les petits rôles, et offrent de très belles scènes, d’autant que le réalisateur Elie Wajeman ne se contente pas de champ-contrechamps plan plan, mais multiplie au contraire les idées de mise en scène, souvent notamment au travers de longs plans proche du plan-séquence, et avec une bande originale parfois anachronique qui marche du tonnerre.

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À la sortie, je me permets un peu de repos en salle presse (j’ai voulu aller à l’apéro du Short Film Corner, mais on se serait cru aux galeries Lafayette un jour de soldes), avant de filer dans la queue pour voir The Sea of Trees, le film de Gus Van Sant, en projection presse. Cette fois-ci pas d’entourloupe, je suis dans ma file 40 minutes avant le début de la séance, et il y a très peu de personnes devant moi.

Oui, enfin c’était sans compter la hiérarchie partiale des badges colorés. En tant que jaune, je suis dans les derniers. Les roses à pastilles entrent d’abord. Puis la loooooooongue file des roses tout court, pendant que les blancs débarquent au fur et à mesure sans faire de queue. Puis on fait rentrer les bleus au compte-goutte, et tout à coup, c’est le verdict : plus de places. Ma file à moi n’aura même pas avancé d’un pouce. Se voir refouler d’une séance presse alors qu’en temps que journaliste on n’a pas droit aux séances officielles au Grand Théâtre, ça fout un peu les boules…

Du coup, de rage, je rejoins une amie, et on va manger une pizza un peu plus loin, en tachant d’être là très en avance pour le film de 22h, The Shameless, qui s’annonce comme un thriller coréen racé. Pas de mauvaise surprise cette fois-ci, ma queue est courte (le premier qui l’ouvre je l’emplâtre), et à ces séances là, je suis bien prioritaire sur la très longue qu… file des badges festival et marché, et je rentre sans problème.

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Dommage que ce fut pour voir ce film là. Alléchant sur le papier comme au générique (on annonce Park Chan-Wook en producteur exécutif), The Shameless est au final un peu lourd, brouillon, foncièrement incompréhensif, et passablement ennuyeux. Une histoire opaque de flic infiltré (mais dans quoi ?) qui doit retrouver un malfrat (mais pourquoi ?) et qui finit par tomber amoureux de sa petite amie. Dès que le film assume son statut de thriller au lieu de s’engouffrer dans le film d’auteur romantique, on retrouve tout ce qui fait la force du cinéma coréen, avec une poignée de scènes bien énervées et vitaminées. Le reste du temps, on pique du nez, faute de pouvoir s’intéresser à ce qui se passe sur l’écran. Un acte manqué de la part du Pays du Matin Calme.

 

Je pars me couché épuisé tant par ma journée que par le vent qui a soufflé comme dans un clip de Heavy Metal italien, en attendant demain de pouvoir rattraper le retard sur la compet officielle.

Par Corvis

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