Mad Max Fury Road – Folie Furieuse

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De : George Miller

Avec Tom Hardy, Charlize Theron, Nicholas Hoult, Zoë Kravitz

Année: 2015

Pays: Australie, Etats-Unis

Genre: Action, Science-Fiction

Résumé:

Hanté par un lourd passé, Mad Max estime que le meilleur moyen de survivre est de rester seul. Cependant, il se retrouve embarqué par une bande qui parcourt la Désolation à bord d’un véhicule militaire piloté par l’Imperator Furiosa. Ils fuient la Citadelle où sévit le terrible Immortan Joe qui s’est fait voler un objet irremplaçable. Enragé, ce Seigneur de guerre envoie ses hommes pour traquer les rebelles impitoyablement…

Avis :

Il est difficile de quantifier les films qui auront bousculé le cinéma et changé la vision d’un blockbuster. Il faut dire que l’industrie fournit tellement de métrages, que parfois, on a tendance à oublier certains films qui mériteraient grandement une place de choix dans le panthéon des métrages incontournables. Seulement, effet pognon et mouton combiné, le blockbuster est devenu un produit fade ne visant qu’une seule chose : divertir à tout prix tout en étant le plus accessible possible. Un film peut être con mais tant qu’il bouge et que ça pète, le producteur est content. Difficile alors de ne pas citer John Carpenter qui a dit que maintenant, on donne au spectateur ce qu’il attend, ce qu’il veut et pas ce dont il a besoin. Exemple le plus concret de ce marasme ambiant, Transformers l’Ere d’Extinction de Michael Bay, qui en devient tellement grotesque que l’on se pose des questions sur la cinéphilie de notre société de consommation.

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Bien loin des produits de fast-food visuels, George Miller a percé à la fin des années 70 avec Mad Max. Film post-apocalyptique dans un univers dystopique, Mad Max fait le pari d’une Australie aride avec un tout jeune Mel Gibson que ne connait pas encore la gloire. Le film fait grand bruit, choque, dans le bon sens du terme, et commence déjà à envoyer valser les codes des gros films d’action américains. Fort de ce succès, un deuxième opus, plus poussé au niveau ambiance et univers, voit le jour et devient l’un des films les plus emblématiques de la science-fiction moderne. Après un troisième épisode en demi-teinte en 1985, plus de nouvelles de Max Rockatansky. Trente ans, il aura fallu trente ans pour qu’un quatrième épisode, sorte de reboot qui n’a pas de lien avec la trilogie précédente, sorte enfin sur les grands écrans. L’attente valait-elle le coup ? Résolument.

Max est un homme solitaire qui parcourt le monde ravagé par une guerre nucléaire. Malheureusement, il se fait capturer par une horde qui appartient à Immortan Joe, un despote qui détient une source d’eau, n’en faisant profiter que de manière éparse à sa population. Il demande à Imperator Furiosa d’amener un camion-citerne à deux endroits. Le premier pour faire le plein de gasoline et le deuxième pour récupérer des munitions. Mais Furiosa a une autre idée en tête. Elle dévie de son trajet pour sauver les cinq favorites d’Immortan Joe, qu’il engrosse et garde sous scellé pour avoir un descendant viable. Max se retrouve avec Furiosa et il va l’aider à se débarrasser de Immortan Joe.

Comment exploser les codes du blockbuster sans pour autant le dénaturer ? Il semblerait que George Miller ait trouvé la recette miracle. Mad Max Fury Road est complètement à contre-courant de ce qui se fait en ce moment au cinéma dans les films à gros budget. Tout d’abord, sur son fond. Le film est très binaire et ne cherche pas à faire du complexe afin d’étoffer un scénario qui ne sera qu’un prétexte. Ici, le film se base essentiellement sur des courses-poursuites et une action frénétique. Sauf que derrière tout ça, George Miller a bossé ses personnages et son univers, mettant en avant un tyran hautement charismatique. Alors oui, ça pète, ça explose, comme dans un blockbuster, sauf qu’il y a une vraie recherche dedans.

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Le film est complètement fou. C’est un peu comme si un punk à l’imagination débordante couchait sur pellicule son délire. George Miller a eu les coudées franches et ça se voit. Tout respire l’innovation. Au niveau du design, on reste dans l’univers des premiers Mad Max, que ce soit pour les voitures comme pour les personnages, mais tout cela sent le jamais vu. De même, certaines attaques, comme l’utilisation de perches, sont non seulement impressionnantes, mais elles sont inédites. On sent qu’il y a une approche esthétique, c’est certain, mais aussi pratique et rien n’est laissé au hasard malgré le chaos ambiant. Le film est aussi démentiel sur le plan technique. La réalisation de George Miller est impressionnante. Car si le film reste frénétique, tout est parfaitement lisible et d’une beauté incroyable. C’est surement le seul métrage qui alterne aussi bien les philtres de couleurs pour des rendus soit brulants, soit glaciaux. Alternant entre le jaune et le bleu, le film en profite pour livrer des plans iconiques d’une beauté saisissante, à l’image de Charlize Theron à genoux dans le sable. C’est d’ailleurs ce qu’il manquait cruellement à Avengers l’Ere d’Ultron. Enfin, on peut citer le vocabulaire employé. Par moments, on a l’impression d’être dans Orange Mécanique de Stanley Kubrick car certains mots sont complètement inventés mais collent parfaitement à l’univers du métrage. On peut aussi parler d’imagination au niveau de la mythologie, car même si cela est à peine esquissé, on sent qu’il y a certaines croyances, avec des gestes pratiqués et des rituels.

Afin de marquer son aspect punk, on retrouvera quelques passages surréalistes, comme ce véhicule concert où un homme joue de la guitare sur le champ de bataille afin de motiver les troupes. Le film est résolument anticonformiste tout en gardant ce profil divertissant et explosif. On ressent aussi un profond amour pour le cinéma des années 70/80 avec certaines séquences propre à ces années-là, comme les accélérés en début de film ou les différentes références aux deux premiers Mad Max. Et Tom Hardy s’en sort avec les honneurs, livrant un personnage attachant, qui n’a pas besoin de parler pour s’imposer et qui remplace bien Mel Gibson. Charlize Theron est encore plus bluffante, livrant une prestation sans failles. Et que dire que Hugh Keays-Byrne jouant le grand méchant qui est une boule de charisme avec un design tout simplement parfaite. On pourra tout de même reprocher au personnage de Nicholas Hoult, Nux, de changer de position au milieu du film pour une raison assez faiblarde.

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Au final, Mad Max Fury Road est résolument un film qui va changer la face du blockbuster. Se révélant aussi beau que jouissif, le film n’en oublie pas pour autant son scénario et sa recherche désespérée du bonheur, de l’espoir, en sauvant ce qui mérite de l’être, la pureté. Un film démentiel, qui garde un esprit profondément punk tout en essayant de ménager la chèvre et le chou pour sustenter aussi un public exigeant de fan et un public néophyte découvrant cet univers post-apocalyptique. Impressionnant, grandiloquent, une chose est sûre, Mad Max Fury Road risque fort de changer les mentalités sur le blockbuster. Un chef d’œuvre.

Note : 20/20

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Par AqME

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