Le Cri du Cannivore 1

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Le jeudi, c’est Fury, et le Cannivore commence son festival sur des chapeaux de roues.

Au menu aujourd’hui, du Conte de fées italien, l’ouverture du marché du film et des sections parallèles, et les Gros Bras de la Croisette

 

La Bande-Annonce du jour

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La bande-annonce du Jour, c’est celle d’Il Racconto dei Racconto, aussi connu sous le nom de Tale of Tales, soit le Conte des Contes (et non pas le Comte décompte, ce qui n’a aucun sens).

Projeté ce soir à 22h30, avant de sortir en France le 1er Juillet, ce film baroque et romanesque de Matteo Garrone prend sa source dans les écrits cultes de Giambattista Basile (le Perrault transalpin en quelque sorte), et brasse roi fornicateur, puce géante, reine obsédée par la grossesse, sorciers, fées, monstres, ogres, courtisans et saltimbanques. Un joyeux fourre-tout au casting duquel on retrouve Salma Hayek , John C. Reilly, Toby Jones, et notre Vincent Cassel national.

Quand à Matteo Garrone, il a tout simplement réalisé auparavant l’implacable Gomorra, plongée étouffante dans la Camorra, en 2008, et le très réussi Reality en 2012, tous deux récipiendaires du Grand Prix du Jury lors du festival.

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Le Programme du Jour

Aujourd’hui au programme, Tale of Tales donc, et aussi le retour de Max Rockatansky, mais également Umimachi Diary (Notre Petite Sœur), drame familial d’Hirokazu Kore-eda, dont c’est le troisième film sélectionné à Cannes. Tout ça au Grand Théâtre Lumière.

Un Certain Regard ouvre également ses portes, avec An de Naomi Kawase et Un Etaj mai jos (L’Étage du dessous) du roumain Radu Muntean, à mi chemin entre comédie sociale et polar.

Pareil pour la Quinzaine qui diffuse L’Ombre des Femmes, le nouvel opus de Philippe Garel, ainsi que Platform de Jian Zhangke, film de 2000 longtemps inédit en France.

La Semaine de la Critique, elle, ouvre sa programmation sur les Anarchistes d’Elie Wajeman, chronique sociale historique avec Tahar Rahim et Adèle Exarchopoulos et sur une chronique adolescente qu’on annonce douce-amère, The Sleeping Giant d’Andrew Cividino

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Enfin, le cinéma de la plage démarre lui aussi, avec le Grand Blond avec une chaussure noire, une des comédies phares de Pierre Richard, à déguster les pieds dans l’eau.

Quant à moi, je laisse Tale of Tales de côté pour le voir le lendemain en séance du lendemain, et je compte aller voir Sleeping Giant à 11h30, avant de tenter l’incrustation dans les séances du Marché, à savoir le thriller coréen Chronicles of Evil, Bus 657, film de casse par le réalisateur de The Tournament, emmené par De Niro, Jeffrey Dean Morgan ou encore Gina Carano, ainsi que le nouveau Takeshi Kitano, Ryuzo and his seven henchmen.

Wish me luck !

 

L’Anecdote du jour

Aujourd’hui, c’est testostérone à gogo avec Mad Max, une ambiance qu’on imagine bien loin du glamour feutré propre aux agapes cannoises.

Mais c’est loin d’être une première. Souvent les studios profitent de Cannes pour présenter leur nouveau blockbuster, et il est arrivé que les gros bras fassent ouvertement parler d’eux.

En 1992, c’est le règne des musclor sur les écrans. Chuck Norris est toujours d’attaque, Stalonne et Schwarzenegger sont au coude à coude, et juste derrière, deux européens à l’accent à couper au couteau viennent de faire leur entrée dans la cour des grands, Dolph Lundgren et Jean-Claude VanDamme.

Venus présenter Universal Soldier à Cannes, ils se retrouvent pris dans un échauffourée, Van Damme houspillant Dolph qui répond par un regard menaçant, le tout devant les journalistes du monde entier, en plein sur les marches.

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Menaçant d’en venir aux mains et de devenir incontrôlables, ils sont séparés par le service de sécurité qui les emmène difficilement chacun dans leur coin. Conflit d’ego ? Ressentiments ? Zidanerie insultantes ? Même pas. Juste un coup de pub savamment préparé par le belge volant, qui a convaincu son acolyte suédois de feindre un début de baston sur le tapis rouge pour faire monter la sauce.

Tous les moyens sont bons.

Plus amical, c’est dans un esprit de franche camaraderie que les Expendables au grand complet ont investi la Croisette l’année dernière à l’occasion de la sortie du troisième volet de la franchise Die Harthrose.

Et comme ils n’ont pas l’habitude de faire les choses à moitié, ils ont carrément défilé juchés sur des chars d’assaut ! C’est autre chose qu’une limousine Renaud…

À demain pour les retours et la suite du compte rendu !

 

Bon alors, c’est comment le festival, qu’est-ce qui se passe ?

Et bien pour commencer ce festival, j’ai eu le droit à une journée de mi-lose (comme dirait Bart).

Mais commençons par le commencement. Ca y est, c’est la cohue, le festival démarre vraiment aujourd’hui, et entre les touristes de passages, les festivaliers, les professionnels, les habitués de la Croisette en mode paparazzi, et les Cannois, on a du mal à se frayer un chemin.

D’habitude, c’est agréable de prendre son temps, les murs de tous les hôtels sont garnis d’affiche de films à venir, en production, en post-production, ou dont vous n’aviez même jamais entendu parler tant ils n’en sont qu’aux prémices de leur création.

Cette année, peau de balle. À part des écrans géants pour Mad Max et le prochain Terminator, le Majestic entièrement décoré aux couleurs d’Hunger Games, et deux trois posters qui se battent en duel, c’est le calme plat.

De même que pour les animations dans la rue et les énergumènes déguisés, à part une Madame Doubtfire diablement ressemblante, on n’aura croisé personne.

Terminé les balades agréables et la découverte du festival, même sans avoir aucun pass, il ne reste que le cinéma de la plage ou le plateau du Grand Journal pour égayer votre séjour.

En même temps, je dis ça, mais je n’aurai jamais eu le temps d’apprécier le décorum de toute façon, tant il a fallu se précipiter d’un endroit à l’autre pour récupérer des places ou se diriger vers les salles.

Bon, premier déboire, j’avais prévu d’aller voir Sleeping Giant à 11h30, mais… je ne me suis pas réveillé… Je dors beaucoup trop en ce moment, oui, je sais ça ne vous intéresse pas, hashtag tavie comme diraient les jeunes, mais de toute façon c’est ma chronique alors j’écris ce que je veux.

Tant pis me suis-je dis, je le verrai ce soir, vu qu’il passe plusieurs fois.

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Ce n’est pas le cas de Chronicles of Evil, un nouveau thriller policier coréen, que j’ai prévu de voir à 13h30, donc pas de droit à l’erreur. J’arrive pile à temps au stand de CJ Entertainment (grand spécialiste du film de genre, déjà derrière City of Violence, Berlin File, Hard Day, ou The Terror Live vu au BIFFF) pour demander s’il est possible d’avoir une invitation. L’adorable coréenne me répond qu’il n’y a pas d’invitation que la séance est normalement pour les acheteurs mais qu’elle laissera mon nom à l’entrée, s’il reste des places il n’y a pas de raison que je ne rentre pas.

 

Des places il restera, et je peux donc découvrir Chronicles of Evil, écrit et réalisé par Baek Wonn-hak dont c’est le tout premier film. Un coup d’essai très réussi, qui démarre comme un Hard Day sans second degré (un flic se fait agressé par un chauffeur de taxi, le tue, et essaie de dissimuler son crime) et prend peu à peu l’aspect d’une véritable descente aux enfers. Et si l’intrigue s’avère classique jusque dans des retournements de situations attendus (encore que la scène finale réserve son pesant de coups de théâtre), l’analyse des relations humaines, des comportements et de la part d’ombre quotidienne qui se cache en nous est vraiment réussie. J’en reparlerai à mon retour.

Après ça, plus de films jusqu’à 18h et le nouveau film de Scott « The Tournament » Mann, du coup je prends mes marques au marché du film, je découvre des projets et des projections intéressantes et je demande des invitations. Atomic Eden, avec ce vieux briscard de Fred Williamson, attire mon attention, hop là, le réal lui même me file mon ticket pour voir le film dimanche. Je récupère des informations pour les projos de Nu Image (dont le nouveau Kevin Costner), de Filmax (ça va être chaud, elles sont full) ou de Studio Canal (on essaiera de s’incruster au Gondry, mais comme c’est pour les acheteurs, ça risque d’être compliqué). J’en reparlerai plus tard (avec des photos, j’ai oublié mon appareil aujourd’hui) (oui, je sais, 3615 tavie), mais le Marché, c’est un mix entre le centre commercial et le parc d’attraction, et c’est assez plaisant.

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Je découvre aussi sur le programme que le nouveau Kitano est diffusé aujourd’hui ! Ni une ni deux, je cherche Celluloid Dreams, le distributeur qui s’en occupe… et qui ne se trouve pas au marché mais dans un hôtel alentour (comme beaucoup d’autres). Il faut alors courir jusqu’à l’hôtel, trouver la chambre qu’ils occupent, et converser avec l’attaché de presse (française) qui me dit de venir directement à la séance et qu’elle nous laissera passer. Au final on fait tout un foin de Cannes, des séances « privées » du Marché et des difficultés de voir ce qu’on veut avec un « petit » badge, mais finalement tout le monde s’avère très réceptif et compréhensif.

Deuxième déconvenue de la journée pourtant, à 18h. Bus 657, le film de casse de Scott Mann avec entre autres Dave Bautista, Gina Carano et Robert De Niro, pourtant indiqué ouvert à la presse sur le programme, m’est refusé. Il s’avère que l’indication presse était une erreur d’impression, et je me fais refouler comme un malpropre (la salle était pleine de toute façon, même des acheteurs à badge noir (le meilleur de tous) devant moi n’ont pu y accéder, alors que j’avais couru comme un dératé pour être à l’heure.

Tant pis, en attendant le Kitano je chope le programme complet du lendemain, et je découvre que Night Fare de Julien Seri (réalisateur des Fils du Vent et de Scorpion) et son chauffeur de taxi psychopathe est en projection le lendemain. Rebelote, je trouve l’hôtel de WTFilms, je monte les voir, ils m’accueillent gentiment et me disent de venir directement devant la salle le lendemain.

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Et Kitano alors ? Et bien Kitano n’a rien perdu de son savoir faire, puisque cinq an après le remarqué Outrage (sa suite de 2012 Beyond Outrage n’étant jamais sorti en France), le revoilà qui fraye les allées du festival avec Ryuzo and his 7 henchmen (en français Ryuzo et ses 7 hommes de main) qui suit le parcours de Ryuzo, un yakuza à la retraite, qui va se sentir des velléités de reconquête et de reformer son gang de vieux briscards quand une nouvelle génération de malfaiteurs policés tente de faire main basse sur la ville à grand coup d’arnaques et d’extorsion. Un film hi-la-rant, qui prouve que Kitano n’a pas oublié l’humour débridé qui l’a rendu célèbre dans son pays, et qui propose en même temps un regard très pertinent sur l’évolution de son cinéma, en parallèle à celui des mafieux japonais. C’est trash, c’est rythmé, c’est fun, c’est intelligent, bref, je vous en reparle bientôt.

Et enfin, c’est la troisième déconvenue de la journée.

Je n’avais pas vérifié la durée du film de Kitano, qui tutoie les 1h50, et m’empêche d’arriver à temps à la projection de Sleeping Giant qui se trouve à l’autre bout de la Croisette. Acte manqué le matin, acte manqué le soir, décidément, il était dit que je ne verrais pas ce film.

Petite journée donc, mais ce n’est pas bien grave, il y a eu de la qualité, et la suite du programme s’annonce alléchant, alors haut les cœurs et à plus tard !

Par Corvis

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