Batailles

Batailles_22022009_122645

Auteurs : Roberto Recchioni et Leomacs

Editeur : Emmanuel Proust Editions

Genre : Fantastique

Résumé :

Pietro Battaglia est un soldat rompu à la guerre. Violent, sans peur, vulgaire, il meurt d’une balle dans la poitrine. Mais faisant fi de la mort, il la viole et renait sous les traits d’un vampire. Il devient alors mercenaire pour gagner de l’argent.

Avis :

Les héros de notre enfance, du moins pour les trentenaires comme moi, proviennent souvent de cultures étrangères. Que ce soit les mangas avec le Club Dorothée ou encore les Super-Héros et autres personnages cultes d’Hanna Barbera, rares sont les personnages français à avoir baignés notre jeunesse. Les plus vieux d’entre nous, ou les plus passionnés, connaîtront les héros de BD comme Furax ou Fulguros, mais nos héros nationaux font grise mine devant Sangoku ou Spiderman. Mais nous ne sommes pas les seuls à souffrir de l’omniprésence de super-héros étrangers (et bien souvent de qualité). L’Italie possède aussi ses figures qui ne sont pas tellement connues dans nos contrées. Si Satanik a réussi à passer les barrières grâce au cinéma (Fumetti) ainsi que Kriminal, il reste certaines figures, notamment en BD, qui ont du mal à percer la barrière des Alpes. Pietro Battaglia fait partie de ceux-là, un anti-héros de la BD populaire italienne, qui est venu nous faire un petit coucou il y a quelques années chez les éditions Emmanuel Proust.

khvgjhvh

Batailles est une BD qui se découpe en deux parties distinctes. Durant la Première Guerre Mondiale, Pietro Battaglia est dans les tranchées et il est un guerrier hors norme. Alors que les autrichiens lancent une offensive destructrice, il se réveille seul au milieu d’un charnier. Essayant de retrouver son armée, il se faire tirer dessus. Mort, il se retrouve en tête en tête avec la mort, personnifiée en une jolie femme. Ne se laissant pas faire, il la viole et se barre. Il se réveille alors en vampire, détruisant tout sur son passage pour passer sa colère. A la fin de la guerre, Pietro devient un mercenaire, un tueur à gages qui n’a aucun scrupule tant qu’il y a de l’argent à gagner. Il se retrouve dans le village de Zarafa où une élection politique tourne au pugilat.

L’uchronie fait partie de mes genres préférés. Altérer l’histoire pour y introduire des éléments fantastiques me plait énormément, à l’image de Hellboy par exemple. Ici point de nazis puisque les deux histoires se déroulent avant et après le régime de Hitler. La première partie va servir à présenter le personnage de Pietro Battaglia, façonné dans l’horreur de la guerre des tranchées. C’est sanglant, sans concession et on sent un style très italien dans le découpage ainsi que dans le dessin. Il faut dire que Leomacs fournit un style très européen tout en gardant une identité propre avec des contours très marqués et du noir et blanc du plus bel effet. La deuxième partie est moins tonitruante que la première, moins rentre-dedans et ne sera qu’une histoire pour montrer la façon de penser du héros.

Alors effectivement, cela peut critiquer la politique, mais ce n’est vraiment pas grand-chose. Le plus intéressant sera l’évolution du personnage, qui n’hésite pas à tirer dans le tas et qui ne possède pas vraiment de morale. Il est l‘anti-héros par excellence et pourtant, avec son caractère bourru et ses punchlines décisives, on adore ce vampire des temps modernes. Il faut savoir aussi que Pietro Battaglia est une figure iconique de la BD italienne et qu’il fait partie d’un groupe de «héros » connus là-bas. Le fait est que ces deux histoires donnent envie d’en savoir plus sur le personnage et sur les autres missions qu’il peut faire. On regrettera seulement le peu de profondeur des personnages secondaires et le devenir de certains, comme cette jeune fille qui a été mordu par un vampire (surement Pietro) ou encore la voix qu’entend le prêtre dans la statue de Jésus. Cela reste un détail car l’ensemble est ultra dynamique et se lit très rapidement et sans déplaisir.

Le dessin de Leomacs est très agréable comme dit auparavant, mais le plus intéressant reste le trait très dynamique du dessinateur. C’est vif, les scènes de combat sont prenantes et bien décrites et l’aspect gore n’est pas oublié, comme ce passage où le héros se fait arracher la moitié de la tête par un fusil. On n’oubliera pas les quelques passages sexuels qui rapprochent cette BD d’une bonne série Z proche de Grindhouse.

ljhuj

Au final, Batailles est un one shot plutôt intéressant et très divertissant. On pourra lui reprocher son aspect bas du front et son manque d’investissement dans le background de personnages secondaires (ainsi que le dénouement de fin du deuxième chapitre), mais le dynamisme et le charisme du héros font de Batailles un plaisir coupable et une bon moment de lecture dans un genre un peu poussiéreux qu’est le vampire.

Note : 14/20

Par AqME

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Facebook : Lavisqteam.fr – Contact: lavisqteam@laposte.net