octobre 30, 2020

Vampire in Vegas

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De : Jim Wynorski

Avec Tony Todd, Delia Sheppard, Edward Spivak, Gigi Erneta

Année: 2009

Pays: Etats-Unis

Genre: Horreur

Résumé:

A Las Vegas, Sylvian, un vampire de 300 ans, capture le docteur Van Helm et l’oblige à inventer un sérum qui pourrait le protéger des rayons du soleil. Lorsque la scientifique teste le produit sur trois femmes vampires et que des touristes témoins de la scène alertent les autorités, les inspecteurs Stanton et O’Hara se voient confier l’affaire.

Avis:

Le vampire est une créature qui fascine depuis des années. Façonné dans le sens moderne du terme par un certain Bram Stoker avec le roman Dracula, il arrive sur nos écrans en 1922 avec Nosferatu de Friedrich Wilhelm Murnau. Par la suite, une palanquée de supports ont accueilli notre ami aux longues canines, depuis le jeu vidéo jusqu’à la bande dessinée. Mais le vampire a aussi été martyrisé, déstructuré et assagi pour fournir une daube sans nom qui attire un grand nombre de midinettes. Après Entretien avec un Vampire de Neil Jordan, d’après un livre de Anne Rice ou encore Twilight de Stephenie Meyer, le vampire a eu du mal à se relever. Va-t-il redevenir terrifiant avec Vampire in Vegas? Rien n’est moins sûr car il s’agit à d’une production de seconde zone, avec un metteur en scène réputé pour ses nanars. Seule consolation et raison de voir ce DTV? La présence de Tony Todd, Candyman pour les incultes! Alors, quel est le verdict? Allons faire un tour du côté de Vegas!

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Quand le vampire tape dans le petit budget, il ne ressemble à rien…

Le scénario de ce film est assez étrange et oscille entre horreur et comédie. Seulement, le film ne trouvera jamais le ton et je pense que chaque plan a du être fait sérieusement, dans l’optique de faire quelque chose d’effrayant, faisant finalement quelque chose de drôle. On va donc croiser un vampire puissant qui a plus de 300 et qui souhaite trouver un sérum pour pouvoir vivre le jour. Il demande alors à une biochimiste de trouver cette solution. Entre temps, trois jeunes gens vont à Las Vegas pour fêter un enterrement de vie de jeune garçon. Malheureusement, ils se retrouvent dans le bar à vampire du coin. Pris au piège, le futur marié arrive à s’échapper, mais Sylvian, le grand vampire, kidnappe sa future femme pour le forcer à revenir. Encore entre temps, un duo de flics improbable va mener l’enquête sur le meurtre supposé de trois femmes, une qui a explosé, une qui a cramé et une qui s’est liquéfiée. Et donc, tout ce petit monde va se croiser au fil de l’histoire, qui est vraiment maigre. Elle n’est qu’un prétexte pour tenir le métrage sur un peu plus d’une heure vingt et l’ennui pointera très souvent son nez. Il s’agit donc d’un film avec des vampires qui ne mordent que très peu, dont les scènes violentes sont absentes et surtout avec un déroulement famélique et d’une bêtise incroyable.

L’autre gros défaut du film, c’est l’absence d’ambiance et de quelque chose d’immersif. Je pense que même si l’on a un budget serré, il est toujours possible de trouver des endroits sympathiques pour tourner. Le choix de Las Vegas pour un vampire peut être une bonne idée en soi, étant donné qu’il y a du monde, que la ville regorge de ruelles sombres ou de souterrains plus ou moins bien fréquentés et que les jeux ainsi que les bars ne manquent pas pour amuser son nyctalope. Mais dans Vampire in Vegas, il n’y a rien que tout cela, excepté un bar miteux qui sent le studio de tournage. Alors forcément, on est loin du Tikki Twister de Une Nuit en Enfer, mais bordel, là c’est la honte! Tout comme le laboratoire de la chercheuse à la solde du chef des vampires, qui demeure un hangar gris, avec trois éprouvettes et un gros container. Tout cela respire le foutage de gueule et la volonté de sortir rapidement un film de vampires pour encaisser un max de blé. Bien entendu, l’étendu de la médiocrité du film ne s’arrête pas aux décors, comme la maison finale, qui ressemble à n’importe quelle maison du citoyen lambda, nous avons aussi droit à des personnages de merde, à commencer par le grand méchant. Déjà, son nom, Sylvian, sauf qu’il faut prononcer Sylviane, et du coup, ça fait plus nom de secrétaire que de grand vampire. On voit déjà que niveau crédibilité internationale, le problème se pose. Et que dire du gentil, qui ne ressemble à rien…

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Peut-on dire qu’elle a les crocs alors qu’elle n’a pas de canines?

Je ne sais pas, mais quand on fait un film de vampires, on a deux possibilités. Ou on fait un film sensuel et gothique, comme le Dracula de Coppola, ou alors, on fait un film frontal et violent comme 30 jours de nuit, mais on ne peut pas décemment faire des films comme Vampire in Vegas ou encore Brotherhood of Blood. Misant tout sur l’acteur principal, Tony Todd, le film s’attarde sur lui et son personnage et c’est surement une grossière erreur. Elle est bien loin l’époque du charismatique Candyman et n’est pas Bernard Rose qui veut. Jouant pour payer des factures, il fait le minimum syndical et ressemble plus à un vieillard acariâtre qu’à un vampire menaçant. Malheureusement pour nous, le reste du casting est du même acabit. On aura droit à la stripteaseuse vampire qui ressemble plus à un travelo qu’autre chose. La coiffure de Tina Turner, le visage de Marylin Manson sans maquillage, les dents de Jean-Marc Morandini, le corps d’un somalien et les seins de Pamela Anderson, voilà un mélange peu séduisant… Le héros du film est navrant et peu attachant, tout comme sa future femme, moche au possible et arguant un jeu de merde. Seule la brune demeure sympa, mais on ne la voit pas longtemps. Bref, c’est une catastrophe au niveau de l’interprétation.

Mais c’est une catastrophe aussi au niveau des effets spéciaux et des effets gores. Ces derniers sont carrément absents du film, ce qui est un comble pour un film de vampires. Encore une fois, on sent le manque de budget, mais surtout le manque de savoir faire. On nous propose un vieux morceau de barbaque dès le premier plan, puis plus rien pas la suite, si ce n’est quelques gouttes de sang le long d’un coup, sans blessure pour la victime. Mais le pire dans tout ça, ce ont les effets spéciaux. Alors que le film est produit en 2009 et sort en DVD chez nous en 2012, on a droit à des effets dignes des années 90. Les trucages sont médiocres, comme les ailes de chauve-souris qui poussent dans le dos, ressemblant à un pauvre jeu de Playstation première du nom. Je ne parle même pas des envolées, qui sont d’un ridicule affligeant. Mais le plus affligeant, c’est bien la fin du film. On aura droit à un combat épique entre Sylvian et le futur mari qui aura bu un peu de sang de vampire. S’ensuit un combat hallucinatoire, filmé dans un jardin privé et l’on dirait vraiment une vidéo amateur. D’ailleurs, le final demeure hilarant tellement c’est mauvais et mal joué. Même dans Bubba Ho-Tep, les combats sont plus excitants. Enfin, la dernière phrase résume bien la pensée du film, un gros foutage de tronche. Tout comme le fluide humain, dans un pot qui brille quand on l’approche de gousses d’ail!

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Ca fait mal aux yeux!

Au final, Vampire in Vegas est une purge infecte. Non content de faire un film médiocre de part son histoire ubuesque, Jim Wynorski propose un montage sans saveur, touchant très souvent à l’amateurisme, en démontre la bataille finale, que n’importe qui peut filmer avec une caméra numérique dans son jardin. Bref, un nanar qui peut se révéler drôle sans le vouloir et qui n’a pour but que de faire perdre de l’argent au contribuable. A éviter autant que possible.

Note: 02/20

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AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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