Baal – Poésie Destructrice

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De : Volker Schlöndorff

Avec Rainer Werner Fassbinder, Sigi Graue, Margarethe Von Trotta, Günther Neutze

Année : 1970

Pays : Allemagne

Genre : Drame

Résumé :

Le jeune poète et anarchiste Baal erre à travers les forêts et le long des autoroutes. Son appétit pour la vie, l’amour et l’alcool le mènent d’expériences sexuelles multiples en aventures dangereuses.

Avis :

Volker Schlöndorff est un réalisateur allemand relativement prolifique, mais qui n’a jamais vraiment bénéficié d’une grande visibilité. Officiant principalement dans le drame ou le récit historique, il a connu le succès récemment avec Diplomatie, un drame historique sur fond de Seconde Guerre Mondiale. Mais auparavant, les cinéphiles ont pu savourer ses plus gros succès comme Le Tambour ou encore Les Désarrois de l’Elève Törless, son premier film. Baal est un film sulfureux qui a connu les foudres de certaines personnes. Il s’agit de la première pièce de théâtre de Bertolt Brecht qui a failli ne jamais voir le jour. A la sortie du film, la veuve de l’écrivain fut très insatisfaite et demanda l’interdiction de diffusion. Aujourd’hui, la fondation Rainer Werner Fassbinder, acteur principal du film, a levé cette interdiction afin de montrer le premier film de l’acteur. Carlotta livre alors une version remasterisée permettant de découvrir ce film qui, malheureusement, m’a laissé de marbre.

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Le film se concentre autour du personnage de Baal, un poète qui récite des vers à longueur de journée et qui connait un immense succès auprès de la haute société. Malheureusement, Baal est un personnage instable et détestable, prenant tout le monde de haut et ayant un malin plaisir à faire souffrir les gens et notamment les femmes. Purement égoïste, Baal va entamer un road trip où il va faire ce qu’il veut, entre faire l’amour et boire comme un trou. On va suivre son parcours jusqu’à sa mort, ignoré de tous.

Baal est une déité très connu que l’on associe souvent à l’orage, à la destruction. Le nom de ce film, et de cette pièce, n’est pas un hasard, puisque l’on va voir un homme destructeur, autant pour lui-même que pour les autres. Et c’est de là que provient le principal défaut du film. Baal est un métrage d’une immense noirceur. Le réalisateur s’évertue à filmer des laissés pour compte, des personnes qui deviennent hypnotisées par ce poète au physique ingrat. Mais le pire dans tout ça, c’est que tout ce vilain monde va se faire détruire, rabaisser par un poète imbu de lui-même et autodestructeur. L’âme même du film est ténébreuse et il n’y a aucune once d’espoir dans ce road trip. Jusqu’à la réalisation, parsemé de chapitres où l’on voit le poète jouer avec un mort, frapper une femme enceinte de lui ou encore pousser à la honte deux sœurs qui couchaient avec lui. La réalisation reste hybride, suivant au plus près ce personnage infect et ayant tendance à reprendre les sensations de Baal. Ainsi, quand il est saoul, la caméra est assez agitée, traduisant son état d’ébriété.

Seulement, le personnage central étant désespérément détestable, il sera difficile pour le spectateur de s’identifier à lui. Bien au contraire, n va le prendre en aversion, et les gens qui trainent avec lui aussi. Surtout que le scénario n’est pas hyper développé, racontant la vie d’un poète et de ses rencontres jusqu’à sa mort misérable et dont tout le monde sera content. Il est vrai que l’ogre Rainer Werner Fassbinder est complètement habité par le personnage et qu’il montre toute l’étendue de son talent, mais cela ne suffit pas à me faire adhérer à ce genre de film. Parce qu’au final, qu’est-ce que ça raconte ? Qu’est-ce que ça démontre ? Qu’est-ce que ça signifie, quel est le message ? Il n’y en a pas et l’histoire n’est pas assez touchante ou prenante pour faire de Baal un film immanquable. Alors il est vrai que je ne suis pas le public visé par une telle œuvre. J’avais déjà détesté Gummo et ce film est un peu dans le même esprit, n’ayant pas de véritable histoire, mais filmant juste un ou des hommes en perdition.

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Au final, Baal est un film qu’il faut regarder en étant fortement averti. Il s’agit d’un drame noir, détestable avec un personnage central particulièrement infect. Le film ne fait pas dans la dentelle, mais il manque vraiment d’envergure scénaristique et ne propose aucune réflexion derrière, à contrario de Night Call, qui lui, donnait un vrai message sur notre société actuelle. Bref, Baal est un film difficile d’accès, un peu trop huppé avec des envolées lyriques qui ne m’ont pas touché. Un métrage qui vise un public particulier auquel je ne fais pas partie.

Note : 05/20

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Par AqME

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