mars 5, 2021

San Francisco 1985

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Titre Original : Test

De : Chris Mason Johnson

Avec Scott Marlowe, Matthew Risch, Evan Boomer, Kristoffer Cusick

Année: 2015

Pays: Etats-Unis

Genre: Drame

Résumé:

San Francisco 1985. Frankie est un jeune danseur qui vient d’intégrer une des plus prestigieuses troupes de danse contemporaine de la ville. Il fait la connaissance de Todd, un des danseurs de la troupe. Leur rencontre ne tarde pas à dépasser le cadre de la danse. Des manifestations contre la communauté gay voient le jour. Elles sont liées à la panique créée par la maladie du VIH que l’on vient de découvrir. Ensemble, Frankie et Todd évolueront dans ces événements hostiles mais aussi parfois plein d’espoir.

Avis:

Sorti il y a plus d’un mois maintenant, « San Francisco 1985 » est un film que j’ai été voir un peu par hasard. Ayant deux heures à tuer, c’était le seul qui convenait à ma « pause ». Réalisateur quasi-inconnu, Chris Mason Johnson n’a fait qu’un seul film avant celui-là, « Nuits blanches à New-York« . Un film qui est passé tout aussi inaperçu que son nouveau projet.

Bref, je suis donc entré en salle, vierge de tout a priori et autre ressentiment. À l’affiche, j’avais bien cerné de quoi allait me parler ce film, je me suis donc laissé tenter et j’en ressors ravi, car Chris Mason Johnson a fait bien mieux que de filmer une romance entre deux mecs. « San Francisco 1985 » s’avère être en fait un film passionnant et stressant, qui parlera aussi bien de l’univers de la danse, que de l’arrivée du fameux test de dépistage du sida. C’est donc un film aussi dur que beau, devant lequel j’ai passé une courte heure et demi, que j’aurai appréciée plus longue.

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San Francisco, 1985, Frankie est un jeune danseur plein de rêves et d’espoirs. A force de travail, il a réussi à intégrer l’une des troupes de danse les plus prestigieuses de la ville. Il est pris comme doublure, au cas où le danseur vedette n’aille pas bien. Il s’entraîne donc comme il se doit et se prépare à ce moment où il pourra monter sur scène. Frankie est très ami avec l’un des autres danseurs, Todd. Ensemble, ils sortent au pub, en boite, parlent de tout et de rien. Todd est beau, très beau, sûr de lui et s’envoie un peu tout ce qui bouge. Frankie n’est pas insensible au charme de ce beau brun et peu à peu, les deux mecs commencent à se rapprocher. Pendant ce temps, en ville, comme dans le monde, c’est le début des années sida, personne ne sait vraiment comment le combattre. Un nouveau test vient d’être mis au point. Un test de dépistage. Mais si aujourd’hui, il est facile de passer ce test, en 1985, la décision est beaucoup compliquée à prendre.

Quand la finesse rencontre le malaise, quand la subtilité rencontre la passion, l’envie, mais aussi la peur, ça donne « San Francisco 1985« , deuxième film d’un jeune réalisateur dont l’œil et l’envie de cinéma est à surveiller.

Sorti dans très peu de salles en France, venu du cinéma d’auteur indépendant américain, ce film ambitieux et casse-gueule aurait mérité d’être mis plus en lumière. « San Francisco 1985 » est un film très personnel pour le réalisateur, on pourrait presque parler d’un film autobiographique, étant danseur lui-même à la fin des années 80 et début des années 90, il a été confronté à l’arrivée du sida et les peurs qui entourent ce que l’on appelait à l’époque le « cancer des gays ». Il a donc décidé d’en faire un film, histoire de raconter cette époque terrible, et aussi rendre un hommage discret à toutes les victimes de la maladie.

Le sujet est donc difficile, et le fait de faire évoluer le film dans le milieu de la danse rajoute encore une difficulté supplémentaire, car il aurait était tellement facile de tomber dans les clichés habituels, mais ce ne sera pas le cas. Le réalisateur sait où il veut aller, et comment en parler de façon passionnée et originale et malgré ce sujet sensible, à aucun moment il ne va tomber dans le film déprimant, tire-larmes, ou encore dénonciateur simplement pour dénoncer les difficultés du système pour aborder cette maladie, ou encore l’intolérance de certains à l’époque. C’est avec beaucoup d’intelligence et de bienveillance que Chris Mason Johnson ne va pas faire du sida et de l’arrivée de ce test de dépistage le sujet principal de son film. Dans ce film, on va suivre le quotidien d’un danseur, partagé entre sa passion pour la danse et sa vie en dehors des répétitions de la scène. Le réalisateur appuie sur la danse et filme les répétitions et autres spectacles avec un œil superbe. Il offre un travail visuel sublime (la photo est l’une des plus belles que j’ai vue cette année) et filme les corps de ces danseurs avec beaucoup d’admiration, de fièvre, d’amour et de sueur. C’est génial, car le réalisateur fait parler les corps au travers de ces scènes-là. Le film, qui a peu de dialogues, nous raconte quelque chose, nous raconte les ressentis des personnages à travers ces scènes-là et parfois, c’est bien mieux que le plus beau des dialogues, car ceci démontre admirablement l’œil du réalisateur. Puis, les scènes sont habillées par une bande originale signée Ceiri Torjussen, et cette BO rend les scènes hypnotiques, dégageant une intensité et un caractère incroyable. C’est beau, on ne voit plus que ça, elles servent très bien le film, et ne tombe pas du tout dans le démonstratif. Enfin, on notera que le film est aussi un bon film d’époque. Alors que les années 80 ne sont pas si éloignées que ça, le réalisateur prouve qu’avec ses années-là, on peut réaliser un bon film de costumes sans tomber dans le cheap.

Histoire de démontrer encore une fois la subtilité de Chris Mason Johnson, on remarquera que le réalisateur a fait le choix de faire appel à des danseurs pour tenir les différents rôles de son film, pour donner encore plus de crédit à ses scènes de danse. Alors que des acteurs auraient dû s’entraîner dur pour réaliser les chorégraphies, le réalisateur a fait le choix inverse et ça fonctionne très bien, puisque les comédiens sont excellents et pour certains sont de très belles révélations. Scott Marlowe, qui tient le rôle de Frankie, est étonnant et arrive très bien à nous émouvoir. Tandis que Matthew Risch est une boule de charisme, qui crève l’écran avec son regard intense et la grâce de ses mouvements quand il est en répétition. Kristoffer Cusick, malgré un tout petit rôle, arrive à être touchant, voire même bouleversant. Bref, ce casting, qui m’était parfaitement inconnu, est porté avec grâce par son réalisateur.

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Alors comme vous l’aurez deviné, ce  » San Francisco 1985 » est une belle découverte. J’ai adoré tous les thèmes abordés et la discrétion mélangée à la pertinence de son scénario. Moi qui pensais trouver une petite romance entre mecs, un peu clichée, je fus bien surpris de trouver un tout autre film et j’en suis d’autant plus ravi.

Note : 15/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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