Passion Pit – Kindred

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Avis :

L’amour. En voilà une bonne raison pour faire de la musique. Et c’est exactement ce que doit penser Michael Angelakos, leader du groupe électro pop Passion Pit. Encore peu connu en France, ce groupe venu des Etats-Unis s’est formé en 2007 et la première signature avec label provient d’un joli petit cadeau de St Valentin. En effet, le chanteur, pour la fête des amoureux, avait préparé un cadeau tout particulier pour sa promise, des chansons qu’il avait écrites. Sa petite amie, complètement fan, commença à en parler autour d’elle et le groupe arriva dans les oreilles du label Frenchkiss Records qui les fit signer. Depuis 2007, le groupe s’est essayé à plusieurs festivals, dont Rock en Seine en 2009 et petit à petit l’oiseau fait son nid. Prenant de l’assurance, le groupe participe à des festivals, mais fait aussi des concerts qui commencent à bien marcher. Kindred est le troisième effort du groupe et il s’agit d’une électro pop enjouée qui est presque en décalage par rapport à sa pochette. Quoiqu’il en soit, Passion Pit ne défoulera pas les foules sur le dancefloor avec sa musique électro, qui sera plutôt à rapprocher d’un MGMT, mais en plus buvable et plus accessible.

Le skeud démarre avec Lifted Up (1985) qui débute avec des cris stridents de femme puis une boîte à rythme assez dynamique mais plus légère que l’électro pure. Le chanteur lance alors une petite voix un peu truquée avec des effets virtuels, mais le tout reste plus en adéquation. C’est-à-dire que tout colle bien et forme finalement quelque chose de léger mais de cohérent. Le refrain est ultra dynamique et apporte une variation intéressante. Sans que cela soit mirobolant, l’ensemble est agréable et plutôt frais. Ce qui ne sera pas forcément tout le temps le cas, puisque Whole Life Story est un cran en dessous, gardant toujours une certaine joie dans le titre, une structure similaire, mais avec des sonorités plus aigus et un refrain moins percutant. En fait, on a l’impression d’écouter la musique d’une pub pour vendre un forfait de téléphone et finalement, c’est assez gênant. Where the Sky Hangs change complètement de registre, même si elle garde cet aspect joyeux, proposant une intro avec une vraie basse puis partant dans une électro qui rappelle grandement Daft Punk dans leur trip Discovery avec les clips de Leiji Matsumoto. L’ensemble rappelle aussi, dans une moindre mesure, le funk, et c’est finalement très agréable. Malheureusement, le soufflé retombe rapidement avec All I Want, qui est un titre transparent, dans lequel le chanteur chante affreusement mal et les sonorités finissent dans un brouhaha absolument inaudible. Five Foot Ten (I), qui marque le milieu de l’album se révèle plutôt plaisant, dans une électro débordant d’imagination malgré de l’autotune dispensable. Encore une fois, la joie est bien présente dans ce titre, peut-être un peu trop et certains sons ont une saveur acidulée et on est face à une électro très féminine, légère mais assez honnête et qui change de ce qui passe à la radio.

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La seconde moitié du skeud ne démarre sur les chapeaux de roue, loin s’en faut, puisque Dancing on the Grave est le titre le plus lent et le moins réussi de tout l’album. Le groupe a voulu faire quelque chose de touchant et d’un peu plus grave, mais l’essai ne fonctionne pas du tout puisque la voix de tête du chanteur ne colle pas du tout, en devenant presque insupportable et l’ennui finit par arriver. Ce n’est pas non plus avec Until We Can’t (Let’s Go) que l’intérêt va revenir. Il faut dire que le titre est plutôt dynamique mais il manque clairement quelque chose pour le rendre vraiment accrocheur et le refrain part vraiment trop dans le n’importe quoi avec une batterie frénétique qui gâche un peu l’ensemble. Par contre, Looks Like Rain est un morceau calme plutôt réussi. En effet, le titre est plus sobre, plus simple, laissant plus d’espace à la voix si particulière du chanteur et montrant que finalement, il n’y a pas besoin de trente mille sons électro pour fournir une chanson plaisante. D’autant plus que ce titre est finalement plus touchant que Dancing on the Grave, et cela malgré une rupture faite de distorsions assez désagréables. On passera sur le cas de My Brother Taught Me How to Swim, morceau un poil trop barré et presque pénible. Mais finalement, le pire du pire restera Ten Feet Tall (II), qui termine l’album sur une belle déception avec des sons saturés et un autotune horrible.

Au final, Kindred, le troisième album de Passion Pit, n’est pas un skeud désagréable, mais il n’est pas excellent non plus. Fournissant une musique électro plutôt douce et édulcorée, le groupe s’assure un succès auprès de la gente féminine, mais ne cherche pas suffisamment à prendre des risques en proposant des styles osés (un mélange de dubstep par exemple) ou encore des variations tranchées. Bref, un skeud sympathique mais qui sera vite oublié.

  1. Lifted (1985)
  2. Whole Life Story
  3. Where the Sky Hangs
  4. All I Want
  5. Five Foot Ten (I)
  6. Dancing on the Grave
  7. Until We Can’t (Let’s Go)
  8. Looks Like Rain
  9. My Brother Taught Me How To Swim
  10. Ten Feet Tall (II)

Note: 11/20

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Par AqME

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