The Walking Dead

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Auteurs : Robert Kirkman et Charlie Adlard

Editeur : Delcourt

Genre : Horreur

Résumé :

Le monde tel que nous le connaissions n’existe plus. La Terre, ravagée par une mystérieuse épidémie, est devenue un cimetière à ciel ouvert. Pire, les morts ne meurent plus et errent à la recherche des derniers humains pour s’en repaître. Parmi les survivants, Rick, policier, se réveille d’un long coma pour découvrir ce que son monde est devenu. Le choc passé, il doit désormais apprendre à survivre…

Avis :

Quelles œuvres littéraires peuvent se targuer d’avoir révolutionnées un genre, qui plus est, dans le neuvième art, la BD ? Si certaines bandes-dessinées sont des succès commerciaux ayant plus ou moins permis à certains lecteurs de se prendre d’affection pour un genre (Lanfeust de Troy pour l’Héroïc-Fantasy, Sillage pour la SF, sans parler de Thorgal et Largo Winch), elles ne sont pas beaucoup à avoir posées de nouvelles bases sur un genre éculé jusqu’à la moelle. Et pourtant, c’est ce qu’ont fait Robert Kirkman et Charlie Adlard avec The Walking Dead, un comics qui parle de zombies, d’infectés, de virus et surtout, de survivants. Il faut dire que le genre était bien balisé par les œuvres de papy Romero et que par la suite, les redites et les navets furent nombreux. Il aura fallu attendre 2005 pour voir débouler cette nouvelle œuvre qui s’intéresse davantage aux relations humaines qu’aux morts-vivants.

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Rick Grimes est un flic qui vient de se prendre une balle lors d’une fusillade. Il se réveille alors dans un hôpital qui semble désert. Lorsqu’il sort, la ville est devenue un no man’s land. En rentrant chez lui, il va découvrir que le monde qu’il a connu n’existe plus et que les morts se relèvent pour dévorer les vivants. Il va donc entreprendre un voyage à Atlanta, soi-disant le dernier bastion de l’humanité, dans l’espoir de retrouver sa femme et son fils. Il va alors découvrir que le monde est un véritable chaos et que reconstruire une communauté est bien plus difficile que prévu. Et l’homme est finalement bien pire que le zombie.

D’habitude, tous les récits sur les zombies tournent autour du même sujet, la monstruosité de l’humain. En effet, à chaque fois le plus grand danger n’est finalement pas le mort-vivant, mais bien l’homme qui essaye de survivre et qui est prêt à toutes les atrocités pour arriver à ses fins. Et en ce sens, The Walking Dead ne change pas vraiment la donne. Si au départ cela est plutôt bien vu avec un grand méchant, Le Gouverneur, relativement bad-ass et pugnace, on peut dire que la série a dû mal à se renouveler. Ce sera d’ailleurs le principal défaut de la série qui arrive aujourd’hui à son vingt-deuxième tome. On a droit à plusieurs méchants, mais ils ne sont que des copies conformes en allant toujours vers le pire. Negan est bien sympathique, mais il est tellement vulgaire que tout cela semble faux. Cette sensation que la série tourne en rond est assez pénible et surtout ne change en rien le domaine du mort-vivant.

Pour retrouver le sourire, il faudra se concentrer sur l’univers de la série, qui est très riche et la recherche d’un nouvel éden par Rick et ses proches est plutôt prenant. Mais le plus fort dans The Walking Dead provient de la psychologie des personnages et de leur évolution. Au fur et à mesure des tomes, on sent que Rick perd pied et est prêt à tout pour protéger ceux qu’il aime. On voit aussi la psychologie de son fils qui traverse des épreuves horribles et qui devient presque insensible. Chaque personnage aura sa propre évolution, sa propre vision des choses. Le plus étonnant, c’est que le scénariste n’a que faire de ses personnages. Certains personnages principaux vont mourir d’un coup sans que l’on s’y attende, rendant ainsi la scène encore plus percutante. Ainsi, on sent une volonté de faire proche de la réalité, n’ayant de pitié pour personne. Enfin, presque, puisque d’autres protagonistes vont survivre malgré des blessures incroyables, comme Carl, le fils de Rick, qui a pris une balle dans l’œil et qui s’en sort.

Le dessin de Charlie Adlard n’a rien d’exceptionnel, mais il fait le job. Chaque personnage possède ses propres caractéristiques, les traits sont bien distincts et on s’y retrouve malgré la flopée de bonhommes. La réelle réussite du dessinateur provient des zombies et des effets sur le corps. Mutilation, démembrements, décapitations, tout y passe et le résultat est vraiment à la hauteur. Mais le pire, c’est que les supplices sur les humains sont encore plus perturbants, à l’image de la mort d’un des personnages principaux (pas de spoil) qui est absolument abjecte et bien mise en avant.

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Au final, The Walking Dead est un comics fort recommandable mais qui commence à tourner en rond. Si le dernier tome sorti annonce un renouveau, il n’en demeure pas moins long et poussif, répétant les mêmes évènements, mais avec de nouveaux personnages. Quoiqu’il en soit, cette saga fait désormais partie des incontournables du comics américain dans le domaine du zombie et s’installe comme une nouvelle référence pour le jeune lectorat ne connaissant pas les œuvres de George Romero. Et finalement, avoir des références de cette qualité pour les jeunes, c’est plutôt bien.

Note : 17/20

Par AqME

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