octobre 28, 2020

Seasick Steve – Sonic Soul Surfer

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Avis :

Il est de bon ton de dire que le blues est le père de toutes les musiques actuelles, en particulier le rock, le hard rock, voire même le métal. Et comment donner du tort aux personnes qui disent ça puisque l’inventeur du rock Robert Johnson était un bluesman à la base. Et puis il suffit d’écouter Seasick Steve pour se rendre compte de la polyvalence du blues et de son accessibilité à d’autres genres. C’est dans les années 60 que le chanteur se lie d’amitié avec Janis Joplin et commence à devenir vraiment un ami pour elle. Il part par la suite en Europe et notamment en Norvège, ce qui lui vaudra son nom, puisqu’il a le mal de mer. De retour aux States dans les années 90, il installe un studio d’enregistrement à Seattle. Il rencontre alors des groupes comme Modest Mouse, découvre le grunge et Kurt Cobain se prend d’amitié pour lui. Très peu médiatisé, Seasick Steve sort un premier album en 2004 avec un groupe suédois, The Level Devils. Mais son premier album solo sort en 2006 et depuis, il enchaîne les enregistrements. Il sort d’ailleurs son septième album en mars 2015, Sonic Soul Surfer, et c’est l’occasion de revenir dessus et de sortir un petit peu de l’ombre cet excellent artiste.

Le skeud débute assez fortement avec Roy’s Gang. Le morceau est long, relativement technique et même s’il se révèle assez classique dans sa construction, il est très efficace. Le son est bien lourd, les riffs sont à la fois bluesy et pourtant assez agressifs, ce qui le différencie grandement des autres titres de blues que l’on peut entendre à droite ou à gauche. On pourra surtout lui reprocher cependant son absence de solos percutants, partant un peu dans le n’importe quoi en milieu de morceau. Le plus drôle, c’est que si tous les titres blues rock sont plutôt sympathiques, ils contiennent tous le même défaut, l’absence de véritable solo. Le chanteur et guitariste trouve un rythme, il le tient jusqu’au bout, mais ne marque pas vraiment de variations au sein du même morceau, ce qui est assez dommage. On peut citer Bring It On qui est dans ce genre-là, avec une gratte redondante et une autre qui va plus vers les aigus sans être vraiment marquante. On peut aussi évoquer Summertime Boy, qui s’avère fort sympathique mais qui reste dans le même rythme sans jamais trop prendre de risque et n’ajoutant comme plus-value qu’un instrument qui fait des bruits bizarres et évoquant un petit peu les compositions iliennes. Enfin, dans le même genre, on peut parler rapidement de Barracuda ’68, qui reste du blues classique et qui se repose sur ses lauriers avec un rythme similaire du début à la fin du morceau. Un morceau plaisant mais rapidement oubliable. On pourrait croire comme cela que ces titres sont plutôt mauvais, mais ce n’est absolument pas le cas. Ils sont techniques, mais ne révolutionnent pas le genre et il semblerait qu’ils soient de vrais morceaux pour la scène.

Seasick Steve photoshoot at the BrokenSpoke in Austin, Texas on March 18th, 2011.

Fort heureusement, Seasick Steve n’est pas un nouveau dans la musique et il sait comment faire de bons albums. En effet, deux morceaux blues rock sortent du lot. Tout d’abord Dog Gonna Play, qui est un titre on ne peut plus blues. Sauf qu’à la différence des autres pièces, il reste varié, avec un refrain prenant et surtout un rythme qui monte crescendo avec une rupture calme qui annonce un beau final. D’autant plus que le morceau reste touchant. Ensuite, il y a Sonic Soul Boogie, un véritable moment de blues rock pur et dur avec ce qu’il faut de rythme endiablé et de grattes qui s’agitent. Mais le plus surprenant dans ce skeud vient des ballades. Elles sont assez nombreuses mais surtout, elles s’intercalent parfaitement avec d’autres morceaux plus pêchus. Ainsi, on aura droit au surprenant In Peaceful Dreams, un titre rétro mais d’une rare honnêteté et beauté. On pourra aussi se délecter du ténébreux Swamp Dog, d’une belle lenteur, mais réellement passionnant grâce à un riff accrocheur et à une montée en puissance efficace. Enfin, on pourra aussi profiter des trois derniers morceaux, relativement doux et montrant que le blues peut aussi être très touchant, surtout dans Heart Full of Scars, d’une grande beauté.

Au final, Sonic Soul Surfer, le septième album de Seasick Steve, est un album de blues fort plaisant mais qui ne réserve pas de grosses surprises. On notera surtout que le bluesman se contente du minimum sur les titres purement blues et qu’il donnera plus de lui-même sur des ballades d’une grande beauté. Un album donc sans surprise, mais bien produit, et qui se révèle finalement efficace. On aurait juste aimé un peu plus de solos techniques, ce qui manque cruellement.

  1. Roy’s Gang
  2. Bring It On
  3. Dog Gonna Play
  4. In Peaceful Dreams
  5. Summertime Boy
  6. Swamp Dog
  7. Sonic Soul Boogie
  8. Right on Time
  9. Barracuda ‘68
  10. We Be Moving
  11. Your Name
  12. Heart Full of Scars

Note : 13/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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