octobre 24, 2020

Hellboy en Enfer

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Auteur : Mike Mignola

Editeur : Delcourt

Genre : Fantastique

Résumé :

Après avoir sauvé l’Humanité, au risque de sacrifier la Grande-Bretagne et au péril de sa vie, Hellboy est mort. Condamné à rester en Enfer, il retrouve un certain nombre de visages connus, des âmes damnées, des fantômes du passé, et un trône qui n’attend que lui. Mais Hellboy est-il prêt à monter sur celui-ci pour régner sur les Enfers ?

Avis :

Il n’a pas fallu longtemps à Mike Mignola pour devenir ultra célèbre. En une saga, il a su apporter un vent de fraîcheur aux comics, grâce notamment à un héros original et à un univers bien marqué et bien maîtrisé. Hellboy possède tous les archétypes du super-héros bourru, mais il a aussi un background ultra développé avec une histoire qui tient vraiment la route, grignotant dans tous les folklores existants. Grand adulateur d’écrivains du XIXème siècle, Mike Mignola a su imposer da patte pleine de H.P. Lovecraft, d’Egdar Allan Poe ou encore de Sheridan Le Fanu pour fournir un comics qui ne ressemble à aucun autre. Si la saga originelle se termine au tome 13 avec la mort du héros, Mignola n’en a pas fini pour autant avec sa muse. Hellboy était déjà revenu dans des Histoires Bizarres fort peu recommandables, mais là, il revient pour apporter une suite aux treize premiers tomes avec Hellboy en Enfer.

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Après son combat contre le dragon, Hellboy meurt et se transforme en poussière. Mais ce n’est pas la fin pour lui, puisqu’il regagne ses pénates. Accompagné par Sir Edward et trois autres fantômes, Hellboy va faire le tour des enfers et régler quelques conflits qui se déroulent dans le monde du bas. Il va aussi tout faire pour refuser son héritage et retourner dans le monde des humains, son véritable chez lui.

Avoir des références, c’est bien. Rendre hommage à des écrivains que l’on adule, c’est forcément une bonne intention. Mike Mignola a fait plus que cela avec Hellboy. Il a fait revivre ces auteurs au travers d’un récit riche et ultra fidèle. Bien évidemment, avec Hellboy en Enfer, on s’attend un petit peu à ce que l’on va lire. On espère y retrouver toutes les références que l’on avait appréciées dans la première saison et surtout, on espère trouver quelques nouveautés, quelques nouveaux mythes et légendes. Mais à force de vouloir trop en faire, Mike Mignola ne s’est pas fourvoyé ? C’est la question que l’on peut se poser à la lecture de ce premier tome qui laisse le lecteur sur sa faim. Alors effectivement, on retrouve tout ce qui a fait le charme de la saga avec des fantômes, des monstres, des combats violents, mais il manque quelque chose de très important, le fond.

En effet, la principale déception provient du scénario en lui-même. On retrouve encore Hellboy qui refuse son avenir, son destin et qui va tout faire pour retourner parmi les hommes. Pire que cela, Mignola se répète dans les processus de surprise, en incluant des passages éthérés, rêvés, montrant un geste que le héros aurait fait en se faisant manipuler. On a déjà eu ça avant et on sent un peu de facilité, de répétition dans la façon de faire. Alors bien évidemment, ce n’est rien de bien méchant, la lecture est toujours fluide et agréable et le rythme est parfait, mais on sent une légère lassitude. D’autant plus que les références littéraires sont moins présentes, ou tout du moins, moins prégnante.

Au niveau du dessin, on retrouvera Mike Mignola, qui reprend le projet de A à Z. Il avait laissé sa place à Duncan Fregredo qui avait su suivre l’auteur avec fidélité. On retrouve donc de grands aplats de noir et des créatures insectoïdes géantes dont raffolait tant Lovecraft dans ses récits. On retrouve aussi des décors assez intéressants malgré le dessin carré de l’auteur, avec un Pandémonium assez grand et un trône encore plus imposant. Reste certaines phases un peu légères et quelques dessins qui auraient mérité un meilleur approfondissement, à l’image de Sir Edward qui aide grandement Hellboy. Par contre, le carnet de croquis à la fin est toujours agréable et intéressant afin de voir les recherches de design de l’auteur.

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Au final, Hellboy en Enfer sonne un peu comme une déception. Sans être mauvais, loin de là, il garde toujours cet aspect iconoclaste et référentiel, ce premier tome ne laisse pas un grand souvenir. On a la sensation que Mignola veut faire quelque chose de grand mais qu’il n’a pas toutes les cartes en main pour fournir quelque chose de dantesque. A défaut d’avoir une nouvelle série qui démarre sur les chapeaux de roue, on aura droit à un premier tome intriguant, sous forme de balade dans le purgatoire.

Note : 14/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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