septembre 24, 2020

Velvet Goldmine

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De: Todd Haynes

Avec Ewan McGregor, Jonathan Rhys-Meyer, Toni Collette, Christian Bale

Année: 1998

Pays: Angleterre

Genre: Drame Musical

Résumé:

A travers l’enquête d’Arthur, un journaliste anglais expatrié à New York, sur une star du Glam Rock, Brian Slade, évocation des années soixante-dix en Angleterre. Arthur explore l’ascension et la chute de Brian Slade qui fut son idole quand il était adolescent à Manchester, son mariage avec Mandy et sa liaison avec Curt Wild, une star de la scène rock américaine. Cette enquête sera pour Arthur l’occasion de se pencher sur son passé, et de comprendre à quel point Brian Slade et Curt Wild ont bouleversé sa vie.

Avis:

Réalisateur américain plutôt discret, Todd Haynes tourne très peu, quatre films en vingt ans (« Safe« , Velvet Goldmine, « Loin du paradis » et « I’m Not There« ), ainsi qu’une série portée par une Kate Winslet bouleversante (« Mildred Pierce« ). Le réalisateur qui s’apprête à présenter son cinquième film cette année (« Carol« ) se fait donc rare, et chacun de ses films est un très bon moment. Préférant la rareté, le réalisateur prend le temps de peaufiner ses films et ce n’est pas plus mal !

« Velvet Goldmine« , c’est le deuxième film de Todd Haynes et avec ce film, le réalisateur va brosser le portrait d’une génération en plein bouleversement culturel et peindre le portrait énigmatique et éphémère d’une rock star, de ses débuts à son apogée, puis sa chute, lamentable et douloureuse. Strasses, paillettes, talons et travestissement seront donc au rendez-vous dans un film aussi raffiné que sauvagement dingue.

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Arthur est journaliste. Son rédacteur lui confie une enquête pour un futur article qui illustrera les ans du suicide artistique de Brian Slade, un chanteur rock des années 70. Depuis un certain concert, la star anglaise a totalement disparu des écrans, et Arthur devra essayer de savoir ce qu’il est devenu en interrogeant l’entourage du chanteur. Une enquête qui va replonger le journaliste dans son adolescence, où lui-même était fan du chanteur qui révolutionnait l’Angleterre et les façons de penser des jeunes. Une enquête qui va alors sonner comme un bilan de sa vie.

Une ambiance de malade, des costumes de dingues, des acteurs possédés, une mise en scène hallucinante, une ambiance des plus réussies, bref, une révolution parfaitement maîtrisée par son réalisateur qui nous plonge dans l’Angleterre des années 70.

Il y a plus d’une dizaine d’années alors que je venais de découvrir « Trainspotting » de Danny Boyle, j’ai eu l’énorme envie de partir à la découverte de la filmographie d’Ewan McGregor et j’étais logiquement tombé sur ce film et le choc avait été au rendez-vous. Le film m’avait beaucoup parlé, il m’avait passionné et bouleversé, puisque le personnage du journaliste dans sa jeunesse me parlait beaucoup et depuis rideau… Je ne m’étais jamais replongé dans ce film. Aujourd’hui, je me refais un voyage dans les seventies et la claque que je m’étais pris à l’époque est toujours intacte et c’est avec un putain de plaisir que le film m’a de nouveau fasciné et parlé.

Politiquement très incorrect, jouissant d’une ouverture d’esprit incroyable, c’est une révolution culturelle, sexuelle et érotique à laquelle on assiste-là. Le film est génial et va au bout de lui-même assumant avec dignité et assurance tous les thèmes, les envies et les angles qu’il aborde. Le scénario est génial, du début à la fin, monté en flash-back, on va revivre la jeunesse de ce journaliste, pendant qu’il enquête sur la disparition de LA STAR GLAM de ces années-là. On suit donc deux destins qui ne vont cesser de s’entrecroiser. J’adore les remises en question de ce journaliste et le regard nostalgique et mélancolique qu’il porte sur cette époque. Le film est triste, le film est drôle, le film est fou, et toujours maîtrisé par Todd Haynes qui sait parfaitement où il va. À l’image de sa star, le film est totalement fou et imprévisible, ce qui fait qu’il nous tient en haleine, car on ne sait pas ce qu’il peut se passer et il peut se passer n’importer quoi, n’importe quand. J’ai adoré ce mélange de trash et de pudeur avec lequel « Velvet Goldmine » aborde la musique, son évolution, les différents courants du rock, c’est intéressant, instructif et jamais ennuyant. Puis il va plus loin et ne parle pas que de ça, puisqu’il aborde aussi et d’une belle manière la culture, la liberté de penser, la liberté artistique, le personnage qu’on se crée, et celui qui se cache derrière une fois le rideau tombé. Il aborde aussi l’adolescence, l’influence, la liberté sexuelle, l’homosexualité est ici abordée de manière très différente qu’à l’accoutumée. Elle est « normale » dans le sens où tout le monde s’aime. Le film a un côté hippie terrible où tout le monde couche avec tout le monde et chacun se fait ses propres expériences et personne ne se juge. Le propos est intelligent, et malgré le côté trash, tape à l’œil, à aucun moment, on peut se dire qu’il est là pour faire parler du film. Ici, il sert tout le temps le film et s’inscrit de façon naturelle dans l’ambiance. D’ailleurs, le film ne pourrait pas en être autrement, c’est vachement bien pensé.

Le choix de la mise en scène de Todd Haynes est terrible et son film est de toute beauté. Il navigue dans tant d’ambiances différentes et elles sont toutes géniales. C’est tour à tour glamour, trash, intense, ou encore déluré, sexuellement débridé, malsain aussi, bref, c’est terrible. Les flashbacks sont bien pensés et montés, les scènes de concerts sont terribles, on croit voir des rushs de vrais concerts d’époque. Le film a un côté très « clippé », qui rend le tout encore plus crédible. D’ailleurs, en y pensant, il pourrait presque avoir un côté documentaire, tant c’est maîtrisé, tant le réalisateur a saisi et s’est emparé de son concept. Il y a plusieurs scènes fabuleuses dans le film. Des moments dramatiques intenses, surtout quand les différents personnages ouvrent les yeux sur leur vie, sur le regard qu’ils portent sur celle-ci, ou celui des autres aussi. D’ailleurs, le film joue énormément sur le regard des autres et ce que l’on peut penser de celui-ci.

Pour les amoureux de musique rock de ces années-là, vous devriez être servis, car le film est un best of magique de ces années-là. Entre les artistes de l’époque comme Lou Reed, Roxy Music, Iggy Pop et tellement d’autres, mais aussi les morceaux composés pour le film et chantés par les artistes fictifs de l’histoire Brian Slade, Curt Wild ou encore Placebo qui incarne un groupe de l’époque, c’est un vrai bonheur pour les oreilles.

Les personnages du film sont terribles et diablement incarnés par des acteurs possédés qui rappellent des artistes que l’époque. C’est Jonathan Rhys Meyers qui tient le rôle principal et personnellement, je trouve que pour l’instant, c’est le rôle de sa carrière ! Jamais je ne l’ai vu aussi investi. Son personnage rappelle David Bowie en pleine époque  » Ziggy Stardust » et cela lui va comme un gant. Ensuite, on trouve dans un rôle qui rappelle Iggy Pop, Ewan McGregor. L’acteur démontre encore une fois tout l’étendue de son talent se muant dans la peau de « l’iguane » avec tant de rage et d’amour qu’on se demande même comment il peut se mettre dans un tel état sans user de substances interdites. Le reste du casting très britannique est tout aussi excitant. Christian Bale est dans un rôle inhabituel. Un rôle qu’il ne tiendrait surement plus aujourd’hui. Toni Collette est géniale et émouvante dans le rôle de la femme délaissée de Brian Slade. Eddie Izzard en producteur ne passe pas inaperçu non plus.

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Franchement, j’en gardais de très très bons souvenirs et en me relançant dedans, j’avais un peu peur que le film ait perdu de sa folie, de sa rage, de son élégance incorrecte ou encore de sa pertinence. Bien souvent, on a tendance à idéaliser un souvenir marquant, mais c’est un putain de plaisir que je redécouvre ce film et il n’a pas pris une ride et reste exactement comme dans mon souvenir. Sexe en tous genres, rock et tellement glamour, libéré, fou, délirant, et puis ces acteurs incroyables…. Bref, j’adore ce film, et je ne pense pas mettre plus d’une dizaine d’années pour le revoir (j’ai déjà, envie de m’y replonger) !

Note : 18/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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