octobre 29, 2020

Lovelace

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De : Rob Epstein et Jeffrey Friedman

Avec Amanda Seyfried, Peter Sarsgaard, Sharon Stone, Robert Patrick

Année: 2013

Pays: Etats-Unis

Genre: Biopic

Résumé:

A la fin des années 60, Linda étouffe au sein de sa famille que sa mère, aussi rigide que ses principes religieux, dirige d’une main de fer. C’est une belle fille de 20 ans, prête à embrasser la vie avec enthousiasme malgré sa timidité et sa naïveté.
Quand elle rencontre Chuck Traynor, elle ne résiste pas à son charisme viril, quitte le domicile familial pour l’épouser et fait auprès de lui l’apprentissage d’une liberté qu’elle soupçonnait à peine.
Chuck la persuade de ses multiples talents et l’incite à se laisser filmer lors de leurs ébats. Amoureuse et soumise, elle accepte de jouer quelques scènes d’un film pornographique.
Quelques mois plus tard, en juin 1972, la sortie sur les écrans de GORGE PROFONDE fait d’elle du jour au lendemain une star unique.
Vivement encouragée par Chuck, Linda saisit à bras-le-corps sa nouvelle identité de reine de la liberté sexuelle.

Avis:

Rob Epstein et Jeffrey Friedman, c’est un duo de réalisateurs pas vraiment très connu, mais pourtant qui officie depuis les années 80. Et après cinq documentaires, et seize années, le duo est enfin passé à la fiction avec « Howl« , un film passé totalement inaperçu sur le poète américain Allen Ginsberg au moment où celui-ci avait été poursuivi en justice pour l’un de ses textes jugés obscène. Moins de deux ans après, ils sont alors de retour pour nous raconter ce qui se cache dernière la cultissime Linda Lovelace.

Linda Lovelace, ça ne vous dit rien ? Pour les jeunes générations, la mienne incluse, c’est normal, et pourtant, cette femme a fait un énorme boom au début des années 70 et elle a eu une vie dramatiquement incroyable. Mais si vous ne connaissez pas l’actrice, presque tout le monde connaît le film dans lequel elle a tourné et dont elle avait le rôle principal. Car aujourd’hui, on va parler de « Gorge Profonde » !

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Californie, fin des années 60, Linda est une jeune fille de vingt et un an, bien sous tous rapports. Elle pourrait être parfaitement heureuse, mais elle étouffe dans sa famille. Sa mère est dure avec elle, froide, peu attendrissante et Linda rêve secrètement de partir. Sa rencontre avec Chuck Traynor va alors changer beaucoup de choses pour elle. Amoureuse, très vite, elle quitte le foyer familial pour lui et ils se marient. L’histoire parait belle, il est beau, tendre et lui apprend beaucoup de choses. Mais ce n’est qu’une face cachée, car des soucis d’argent arrivent. Pour pallier à cela, Chuck a une solution, Linda va faire un petit porno, elle a un talent que beaucoup de monde aimerait voir. C’est ainsi que Linda Susan Boreman, va devenir Linda Lovelace, LA STAR de « Gorge Profonde« , qui sera au fil des années le porno le plus culte de l’histoire de la pornographie.

Autant être clair d’emblée, Linda Lovelace ne me disait absolument rien, bizarrement, alors que je connais le nom de son film (que je n’ai pas encore vu, mais je vais me débrouiller pour le voir du coup), je ne connaissais pas du tout le nom de l’actrice, ni même le parcours de celle-ci. Et c’est donc avec une curiosité à son comble que j’ai découvert ce destin tragique. Adulée comme une star, élevée au rang de culte, Linda Lovelace a connu un parcours exceptionnellement triste et le film sera on ne peut plus intéressant de par l’œil qu’il porte sur la jeune femme, qui trouva la mort en 2002, dans un accident de voiture.

Le film de Rob Epstein et Jeffrey Friedman n’est pas un biopic au sens traditionnel du style puisqu’il ne racontera pas la vie entière de Linda Lovelace. Les deux réalisateurs vont s’attarder sur une tranche de vie, de sa rencontre avec celui qui fera d’elle une star, jusqu’à sa reconstruction avec la parution de son livre, qui a ouvert les yeux de beaucoup sur le calvaire qu’elle a vécu dans cet univers particulier.

Le scénario est très bon, car construit en deux angles de vues. D’abord, les deux réalisateurs nous présentent cette histoire de façon idyllique, amour, bons sentiments, joies et succès sont au rendez-vous. Puis en milieu du film, les réalisateurs changent l’angle de vue et refont le film de manière rapide, avec ce doute permanent que le monde porte sur elle (même ses éditeurs avant de l’écouter l’ont passée au détecteur de mensonges, car la parole d’une pornstar est difficilement acceptable) . D’un coup, on découvre l’envers du décor, alors qu’on était mis à la place d’un spectateur, d’un admirateur, d’un fan, on va découvrir le calvaire de Linda Lovelace et l’enfer, l’arnaque et les atrocités que son mari l’oblige à lui faire faire. Le film prend d’un coup une toute autre dimension et comme je ne savais rien de la vie de cette star du X, j’en ai été d’autant plus touché, outré, mais aussi fasciné. J’ai adoré ce revirement de situation, même si je m’en doutais un peu, le scénario distille quelques indices quand même. Mais le fait de le savoir et le voir m’a changé tout ce que je pensais du film et d’un coup, alors que je passais un bon moment devant, le film est devenu passionnant et j’ai franchement adoré découvrir l’histoire de ce qui sera comme un monument dans l’histoire du X et l’envers de son décor. Puis le film traite de ce qui arrive à cette femme de façon très pudique, il n’en rajoute jamais, il ne fait pas dans le tape à l’œil, alors qu’il était vraiment facile de tomber dedans. D’ailleurs, le film parle d’un tournage de film X, sans jamais tomber dans le voyeurisme. Il en montre pile-poil assez, il s’amuse de certaines situations et quand il devient sombre, il le fait d’une très belle manière et j’ai été surpris de cette qualité.

En plus d’un très bon scénario et de nous en apprendre beaucoup, le film est aussi un joli plaisir à regarder. J’ai trouvé qu’il avait de l’énergie, que son ambiance seventies était génialement reconstituée. Que ce soit dans le quotidien des personnages ou sur ce tournage, ou encore le milieu du X, tout sonne vrai et colle très bien à l’image que je me fais de ces années-là. Le film contient aussi une BO géniale, les amateurs de pop, de rock ou de soul de ces années-là devraient être ravis.

Pour leur second film, Rob Epstein et Jeffrey Friedman se sont faits plaisir pour attribuer les différents rôles. Mais il y aura quand même quelques erreurs. Par exemple Amanda Seyfried est carrément incroyable dans le rôle de Linda Lovelace et dans un sens, je pense que c’est son meilleur rôle, le plus complexe qu’elle ait joué. L’actrice s’est impliquée et a pris des risques pour incarner cette star du X. Dans un petit rôle, on trouve Sharon Stone, qui joue la mère de Linda et je peux vous dire que l’actrice, qui se fait bien rare ces dernières années, n’a pas été aussi bien depuis « Broken Flowers » de Jim Jarmush. On aura aussi un petit rôle drôle pour Adam Brody, qui est un peu le cliché ambulant de l’acteur porno vintage et l’acteur assume jusqu’au bout ses scènes. Puis enfin Peter Sarsgaard est encore une fois terrible dans le rôle de l’enfoiré de service. Un rôle qu’il connaît bien et qui lui convient très bien. Mais là où le film pêche un peu, c’est par exemple pour James Franco, qui joue Hugh Hefner et bizarrement, il ne me convient pas une seconde dans ce rôle. Idem, Chris Noth qui joue un producteur est très caricatural et m’a même fait sourire devant le peu de crédibilité et de charisme qu’il dégage et c’est dommage, car c’est un acteur que j’aime bien. Puis Juno Temple, je ne peux pas dire qu’elle soit mauvaise, mais elle est insignifiante et c’est franchement décevant, car au vu du talent de cette actrice, j’aurais aimé la voir plus. Comme Robert Patrick qui apparaît tellement peu. Après le film n’est pas basé sur eux, mais c’est dommage d’avoir de beaux noms comme ça au générique de son film et de si peu les exploiter.

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Je suis donc content d’avoir découvert l’envers du décor de ce film tellement culte et de son actrice qui l’est tout autant. Une actrice à l’histoire exceptionnelle, qui lutta contre la pornographie et qui est morte, sans le sou, oubliée de tous. Même si le film n’est pas parfait, je dois dire que les deux réalisateurs, avec le regard qu’ils portent sur la vie de Linda Lovelace, lui rendent un bel hommage douze ans après sa mort.

Note : 15/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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