The Prodigy – The Day is my Enemy

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Avis :

Officiant depuis le début des années 1990, The Prodigy est devenu petit à petit le plus gros vendeur de skeud électro. Et pourtant, ils sont loin de faire la une des radios et leur son est à des kilomètres de ce que l’on nous vend par milliers dans les bacs de musique électro. Il faut dire qu’ils sont à l’extrême d’une musique qui se repose sur ses lauriers et qui ne pense qu’à faire du pognon afin de se la couler douce. The Prodigy, ce n’est pas David Guetta, ce n’est Avicii et encore moins Daft Punk. The Prodigy, c’est une électro qui tabasse, qui va vite, qui n’a pas peur de déranger quitte à ne pas être commerciale, mais surtout, The Prodigy, c’est une réinvention perpétuelle d’un son qui s’embobine. Complètement transversale, leur musique se situe aux confluents de la rave, du breakbeat, du métal industriel et parfois du big beat. Il faut dire aussi que le groupe a une attitude punk, qui dénote complètement des looks lissés des djs d’aujourd’hui. The Day is my Enemy est leur sixième album studio et il s’inscrit comme une réponse à la musique électro d’aujourd’hui, et quelle réponse !

Comme le dit si bien le leader du groupe, Liam Howlett, cet album est présent pour dire que l’électro, ce n’est pas seulement un mec derrière une platine qui lève les bras. Comme tous les genres, il y a des extrêmes, et The Prodigy fait partie de l’une d’entre elles. Lancé comme un coup de poing dans la gueule, The Day is my Enemy est un excellent album, dense, qui envoie chier les trois quarts des productions actuelles. L’album commence d’ailleurs avec le titre éponyme de l’album, et le moins que l’on puisse dire, c’est que c’est une entrée en matière percutante. Une batterie bien lourde, un rythme scandé à la perfection, une voix féminine dérangeante puis un son électro qui envoie le pâté. Pas de doute possible, The Prodigy est bien de retour et en grande forme. Le groupe continue sur cette lancée énergique avec Nasty et sa guitare bien redondante et violente. Le groupe propose aussi un beat d’une grande densité avec des sons plus souples, mettant en avant leur diversité et des choix judicieux pour proposer quelque chose d’extrême mais de toute à fait écoutable. En restant toujours dans les guitares, le groupe propose Destroy, un morceau qui est très lourd, lorgnant vers le côté métal indus dans la première partie avant de partir vers un hardcore électro d’une grande variété et finalement bien plus riche que n’importe quel titre dance du moment. D’ailleurs, le groupe ne se trompe pas de cible et propose ainsi deux titres bien acerbes sur la radio, avec Rebel Radio, qui envoie des beats de folie et qui sent vraiment le côté punk du groupe, proposant un morceau riche mais qui ne passera jamais à la radio, et Ibiza, qui est bien loin des titres que l’on peut entendre maintenant sur cette île avec une guitare ultra rapide et sons de fou, faisant de ce titre quelque chose d’hardcore, de court mais de dense. Dans le même genre, on peut évoquer Rok-Weiler, Get Your Fight On ou encore Medicine qui va chercher des sonorités arabisantes pour proposer un vrai morceau original tout en restant dans l’électro punk.

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Mais le plus surprenant va venir de deux pièces absolument inattendues. Si le groupe est connu pour ses aspects hardcores, il l’est beaucoup pour ses pistes calmes et presque poétiques. Beyond the Deathray est LE titre le plus aérien du skeud, ne décollant jamais vraiment pour rester sur quelque chose de léger, de doux, mais qui laisse un grand sentiment de mélancolie, chose très difficile à faire en musique électro. Le groupe relève le défi avec brio, proposant alors un titre surprenant, mais bienvenu, comme une sorte de pause régénératrice. Le deuxième morceau est Invisible Sun, un titre tout aussi calme mais plus dark et qui fait laisse un gout de noirceur dans les oreilles. La guitare est juste parfaite avec un riff lourd, lent mais relativement puissant. L’ensemble forme un morceau très métal industriel mais aussi très sombre mais qui reste une parfaite réussite, changeant du tout au tout par rapport au reste de l’album. On pourra tout de même trouver une faille dans le skeud avec Rhythm Bomb, un titre bien trop électro pop et qui malgré son beat rapide, reste un peu trop populaire.

Au final, The Day is my Enemy est un excellent album, qui signe le grand retour de The Prodigy vers un son plus pur et toujours aussi nerveux. Faisant un gros doigt d’honneur à la musique électro qui nous casse les oreilles à la radio, le groupe offre une réponse violente mais nécessaire, afin de bien montrer que même dans l’électro, il est possible de faire autre chose que du commercial et de l’aseptisé. Un disque réponse justifié et d’une grande qualité et il faut encore que ce soient des vieux pour remettre un peu les pendules à l’heure !

  1. The Day is my Enemy
  2. Nasty
  3. Rebel Radio
  4. Ibiza feat Sleaford Mods
  5. Destroy
  6. Wild Frontier
  7. Rok-Weiler
  8. Beyond the Deathray
  9. Rhythm Bomb feat Flux Pavilion
  10. Roadblox
  11. Get Your Fight On
  12. Medicine
  13. Invisible Sun
  14. Wall of Death

Note : 17/20

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Par AqME

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