Le Chat à 9 Queues

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Titre Original: Il Gatto a Nove Code

De : Dario Argento

Avec James Franciscus, Karl Malden, Catherine Spaak, Rada Rassimov

Année: 1971

Pays: Italie

Genre: Thriller, Policier, Giallo

Résumé :

Un journaliste et un vieil aveugle enquêtent sur le meurtre d’un scientifique qui a découvert le code génétique des personnes enclines à la violence.

Avis :

Seulement un an après son Oiseau au Plumage de Cristal, Dario Argento se lance dans un nouveau giallo, figure de style aux relents policier, dans lequel il débute pour délaisser le genre quelques années après pour l’horreur. Le Chat à 9 Queues est le deuxième film d’une trilogie animalière qui sera complétée la même année par Quatre Mouches de Velours Gris. Après le succès retentissant aux Etats-Unis du premier film du maestro, Le Chat à 9 Queues fait figure de film de commande, avec, pour combler une attente pressante aux States, un acteur connu pour l’époque, histoire d’attirer encore plus de monde dans les salles obscures. Comme quoi, le business dans le cinoche, ça ne date pas que d’aujourd’hui. Maintenant, est-ce que ce film est aussi agréable que le premier ? S’agissant d’un film de commande, est-il toujours dans l’esprit d’Argento ? Qu’est-ce que le chat à 9 queues ? Pour savoir tout cela, il va falloir prendre rendez-vous avec le maître de l’horreur made in Italia !

On pourra dire que le scénario a pris un certain coup de vieux, et c’est malheureusement le cas pour tous les anciens films qui touchent de près ou de loin à la génétique ou à la technologie. D’ailleurs, il n’est pas nécessaire que le film soit très vieux, puisque certains films n’ont que 10 ans et sont déjà dépassés. Dans Le Chat à 9 Queues, on va avoir une affaire de meurtres, qui va enclencher une série de crimes. En gros, un vol a été commis dans un hôpital italien qui fait aussi centre de recherche génétique. Parmi les recherches les plus secrètes, il y en a une sur le syndrome XYY qui serait le gène de la violence. Malheureusement, quelques temps après, le médecin en charge de ces recherches se retrouvent poussé sous un train. C’est alors qu’un journaliste, Carlo Giordani, va mener l’enquête avec un ancien journaliste aveugle qui a été plus ou moins témoin de la scène. Si le pitch semble assez classique et simple, le déroulement est bien plus complexe. En effet, Dario Argento va brouiller les pistes, nous menant à 9 itinéraires différents, d’où le titre, et il suffirait de remonter le long d’une de ces queues pour dénouer le problème. Du coup, le spectateur se retrouve avec différents éléments, différents suspects et il va se faire sa propre opinion, jusqu’à se rendre compte qu’il s’est planté en beauté. En ce sens, le film est bien plus intéressant dans son intrigue que L’Oiseau au Plumage de Cristal. Mais le dénouement du problème est surement moins intéressant, la faute à une fin un peu trop improbable et qui n’entre pas dans le sérieux du film. Bien entendu, l’aspect génétique et recherche est très peu développé et c’est bien mieux ainsi. Argento va plutôt s’attarder sur les personnages et sur les relations humaines entre eux. Ainsi on se prendra d’affection pour cet aveugle qui essaye de vivre comme quelqu’un de normal et qui élève sa nièce avec amour. On aimera aussi le journaliste beau gosse, possédant un vrai bon fond et qui sera vraiment sympathique à nos yeux. Par contre, on se méfiera bien plus de la jeune femme énigmatique et de son père bourgeois et inhumain. On retrouve donc un aspect actuel des choses, où les riches ne veulent que du profit et de la renommée et les pauvres subissent. Si l’ambiance du métrage demeure peut-être un poil moins sombre que pour L’Oiseau au Plumage de Cristal, il reste que les meurtres sont bien plus violents. Mais la vraie violence d’Argento viendra dans ses prochains, s’adaptant surement à l’attitude de l’être humain dans la société et son évolution illogique.

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Tu crois qu’ils vont la faire en braille cette critique ?

Le fait que le film soit aussi passionnant aujourd’hui encore vient probablement du jeu des acteurs et de la direction que prennent ces derniers. Afin de faciliter les entrées dans les cinémas américains, l’acteur principal est donc un américain qui vient juste de sortir du film, Les Evadés de la Planète des Singes. James Franciscus assure le rôle de Carlo Giordani, journaliste beau gosse qui est très gentil et très agréable, malgré un côté macho assez léger. Il tient bien son rôle et demeure vraiment sympathique. A ses côtés, on retrouve Karl Malden, second couteau confirmé à Hollywood qui joue le rôle le plus important, celui de l’aveugle qui a assisté au premier meurtre. Tenant admirablement son rôle, il joue à merveille un aveugle attendrissant et profondément gentil. Le duo d’acteur demeure le véritable point fort du film. On pourra aussi applaudir la prestation de Catherine Spaak en belle femme vénéneuse, qui sera un personnage ambigu, intéressant et pour lequel on aura des suspicions du début à la fin du métrage. Bien entendu, le reste du casting est aux petits oignons, de la petite fille aux autres personnages et médecins et on ne s’ennuiera pas une seule minute au milieu de tous ces acteurs. Je disais tout à l’heure que les meurtres étaient plus violents que dans le précédent film, et c’est plutôt vrai. Ce n’est pas tant sur le côté gore, qui est plutôt occulté, mais sur la longueur des meurtres et l’appesantissement que met en avant Argento. Ainsi, on étouffera vraiment avec la pauvre femme ou encore on aura mal lors du dénouement final pour le grand méchant. Tout cela contrebalance le côté gentil des personnages avec des meurtres longs et suffocants. Bien sûr, la mise en scène y est pour quelque chose, ajoutant un côté mystérieux et effrayant, ne montrant que les yeux du tueur lors d’un crime ou encore le visage des personnages en train de mourir, effet que l’on retrouve dans L’Oiseau au Plumage de Cristal (la femme blessée dans la galerie.).

Au final, Le Chat à 9 Queues est une réelle réussite. Avec une mise en scène exemplaire qui fera le succès de Dario Argento et surtout avec un duo de personnages attachants et profondément humains, le cinéaste signe un giallo intéressant, parfois doux et parfois barbare (suffit de voir la scène du train pour comprendre !) qui explore les liens familiaux mais aussi le secret de la génétique. Un film dans la même veine que L’Oiseau au Plumage de Cristal, mais en mieux travaillé.

Note : 17/20

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