janvier 19, 2021

Touche pas la Femme Blanche

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De : Marco Ferreri

Avec Catherine Deneuve, Marcello Mastroianni, Michel Piccoli, Philippe Noiret

Année : 1974

Pays : Italie, France

Genre : Comédie

Résumé :

La bataille de Little Big Horn et son célèbre général Custer. Une parodie de western ayant pour cadre le trou des Halles.

Avis :

Vous l’aurez compris, je pense, depuis ce début d’année, j’essaie de découvrir un maximum de films avec Catherine Deneuve. C’est une actrice que j’affectionne beaucoup, mais dont je connais mal la carrière quand je m’aventure en dessous des années 70. Alors j’ai décidé de corriger le tir et je me lance dans une sorte de mini-rétro.

Conseillé par un ami, je me suis lancé dans ce film parodique et comment dire… J’en ai vu des films délirants, qui expérimentent des choses, ou qui sont complètement décalés, dans l’ambiance ou le sujet, mais à ce point-là, je dois dire que c’est pratiquement de l’inédit pour moi, surtout en ce qui concerne le cinéma français. Cette farce, signée Marco Ferreri donnera donc lieu à des moments complètement délirants et absurdes, qu’on croirait improvisés et qui je dois dire m’ont pas mal fait sourire.

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1876, un régiment de l’armée américaine est conduit par le Général Custer. L’homme doit mener bataille contre les tribus indiennes Sioux. La bataille aura lieu près de la rivière de Little Big horn dans le Montana. Pendant les heures qui vont précéder la bataille, des responsables dans les deux camps vont se croiser et préparer leur avenir en vue d’une victoire.

« Touche pas la femme blanche« , c’est un western qui raconte de manière absurde la bataille de Little Big Horn et le génocide des Indiens d’Amérique…. Jusque-là tout va bien. Mais là où le film prend tout son délire, c’est qu’il a été tourné à Paris, dans un Paris très moderne, typiquement des années 70 avec les rues peuplées de voitures et autres passants, ainsi que dans le chantier du futur forum des halles, il fallait oser. Alors, quand on n’est pas au courant, il y a vraiment de quoi être… dérouté et très surpris. D’ailleurs, il m’aura fallu un temps d’adaptation pour accepter le concept et prendre plaisir à suivre le film. C’est tellement surprenant que je suis resté au départ à me demander si c’est ridicule ou génial, et peu à peu, le film a fini par s’imposer.

C’est donc un putain d’OVNI qu’a réalisé là Marco Ferreri, l’un de plus délirants que j’ai pu voir. Et avec ce concept génial en fin de compte, le réalisateur ne prend rien au sérieux et en même temps, prend tout au sérieux, car derrière le délire de refaire une bataille importante de l’histoire américaine, dans un chantier urbain qui donnera plus tard l’un des coins les plus « visités » de Paris, ce film sera avant tout une critique acerbe et cynique de la dite bataille, mais aussi de Paris elle-même. À plusieurs moments, le film sort de son contexte historique, pour venir critiquer la politique de ces années-là, ou encore le chantier lui-même du forum des halles. C’est intelligent, bien trouvé et surtout très subtil.

Film unique, « Touche pas la femme blanche » s’avère être d’une ambition redoutable (beaucoup de figurants, chevauchées en plein cœur de Paris, les costumes impeccables) et très très culottée. Le film est parcouru par des scènes qui peuvent devenir épiques. On ne boude pas notre plaisir. C’est drôle, c’est fun, c’est con parfois, mais qu’est-ce que c’est bien foutu. À plusieurs moments même, quand on se fait prendre dans l’histoire, Paris disparaît petit à petit pour laisser place à l’intrigue, mais c’est pour mieux réapparaître juste après et c’est ce qui donne au film un charme et un cachet unique en son genre. Puis c’est terrible, car derrière l’intrigue, derrière le film, c’est aussi un peu comme un documentaire sur la rénovation de Paris qu’on découvre, avec des images exceptionnelles du chantier des halles. Dans un sens, Marco Ferreri capture les dernières images de ce quartier avant sa transformation moderne. Je pense que je ne me baladerais plus aux halles comme avant et j’aurais souvent un petit sourire en pensant au Général Custer ou Buffalo Bill chevauchant à la place de la Fnac.

Ce film, c’est le cas aussi de donner une très grosse mention à l’ensemble du casting, qui, quand on voit le résultat, devait être complètement paumé sur le tournage. J’adorerais savoir si les acteurs savaient vraiment où ils mettaient les pieds. Quoi qu’il en soit, dans des rôles très caricaturaux, ils sont complètement possédés par leurs personnages et ça fonctionne très bien. Marcello Mastroianni en fait des caisses et il est très drôle. Michel Piccoli en mode Buffalo Bill. Serge Reggiani est complètement improbable et méconnaissable. Catherine Deneuve est la féminité incarnée et elle arrive à s’imposer au milieu de toute cette testostérone. On trouvera aussi Philippe Noiret, Darry Cowl, Ugo Tognazzi, et même le réalisateur Marco Ferreri, qui ponctue le film avec des apparitions journalistes surprenantes.

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Complètement fou et assumé, ce western spaghetti-urbain-cynique et pas si con que ça m’aura fait passer un moment très très spécial. « Touche pas la femme blanche » est donc un film qui me marquera pour un bon moment tant je ne m’attendais absolument pas à ça. Marco Ferreri est parti très très loin dans son délire, et le résultat est vraiment bon et fonctionne bien, même s’il faut quand même un temps d’adaptation, car au départ, on ne sait vraiment pas où on va.

Note : 15/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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