Björk – Vulnicura

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Avis :

De l’Islande, on ne connait pas grand-chose, hormis des noms imprononçables, un volcan qui a cassé les couilles à beaucoup de monde, donnant en plus un putain de sale film français, et bien évidemment des pêcheurs qui accompagnent parfois leurs potes des îles Féroé pour une petite tuerie de dauphins. Bref, un pays qui semble tout de même bien accueillant et qui possède une star mondiale, la chanteuse Bjork. Je ne vais pas m’amuser à donner son nom au complet, car c’est trop long et il me faudrait trois plombes pour l’écrire, néanmoins, il semble important de revenir rapidement sur son vécu. Elle commence très tôt la musique et sa mère, qui vit à la mode hippie, décide de l’inscrire dans une école de musique de Reykjavik. Dès ses onze ans, elle sort son premier album avec l’aide de son oncle. Autant dire qu’elle est très précoce et son succès sera tel qu’elle gagnera un disque d’or dans son pays. Elle forme alors deux groupes, un de jazz et de punk mais son plus grand succès à ce jour reste It’s Oh So Quiet, une reprise de Betty Hutton sur l’album Post. Par la suite, elle deviendra actrice pour Lars Von Trier et continuera son petit bonhomme de chemin dans la musique. Facilement identifiable mais impossible à ranger dans un genre, le style de Bjork reste énigmatique, mélangeant plein de genres, parfois antinomique, mais arrivant à dégager une atmosphère particulière. Vulnicura est son neuvième album et il reste vraiment très difficile d’accès.

Le skeud se compose de seulement neuf chansons, mais cela n’empêche pas l’album d’être très long avec des pistes dépassant les huit minutes et parfois même les dix minutes. Encore une fois, la chanteuse mélange plein de genre, allant du classique à l’électro tout en gardant cette façon très particulière de hacher les syllabes. L’album commence plutôt avec Stonemilker qui est très calme, très sombre et qui reste dans le style un peu déjanté de la chanteuse. On retrouve cette façon de scander les syllabes, s’inspirant des chants médiévaux islandais, le Rimur, et cela reste plutôt agréable malgré la longueur du titre. C’est par la suite que cela va se gâter. Lionsong part dans un trip très complexe avec un mélange de violons et d’électro qui surprend fortement. D’autant plus que la voix de la chanteuse ne va pas forcément avec le faux rythme imposé. La fin, quant à elle, dure trois plombes avec les violons et ne sert pa forcément à grand-chose hormis rallonger le morceau, ce qui n’était pas nécessaire. Et quasiment tout le reste de l’album sera comme cela. History of Touches est très déroutant et peut sembler faux par moments, avec une instrumentalisation très expérimentale. Par moments, on a l’impression d’être dans la quatrième dimension ou d’écouter un titre venu d’ailleurs. Alors certes c’est du jamais entendu, mais c’est très spécial et on en perd presque l’aspect musical. On peut aussi parler de Family, titre complètement barré et spatial qui déroute plus qu’autre chose et qui ne laisse plus que circonspect, malgré une rupture à grands coups de violons discordants. Ou encore Atom Dance, moment venant d’une autre galaxie et pour lequel l’oreille humaine ne semble pas encore adaptée.

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Alors que reste-t-il de cet album ? On pourra se rattraper sur Black Lake, le morceau le plus long du skeud. Dépassant allègrement les dix minutes, le titre est plaisant, mais très sombre et reste tout de même très planant. On appréciera néanmoins l’utilisation d’instruments plus classiques et une montée crescendo pour un titre assez beau et assez efficace finalement, même s’il ne bouge pas beaucoup. Notget est aussi un morceau très spécial avec des mélanges parfois surprenants, mais il est plus nerveux que les autres chansons et surtout, il a quelques références, notamment à la musique asiatique, semble-t-il, et cela surprend et demeure plus accrocheur que le reste. Enfin, Quicksand, qui clôt l’album est aussi un titre un peu fou fou, mais l’aspect électro reste plus plaisant que dans le reste du skeud et surtout, il apporte quelque chose par rapport aux autres instruments, rajoutant une certaine lourdeur, que l’on ne sentait pas forcément dans les autres titres.

Au final, le dernier album de Bjork, Vulnicura, est un objet musical non identifié. Complètement barge, à la limite de la folie auditive, l’album propose des choses intéressantes, mais perdues dans un mélange irritant et souvent malvenu tant tout semble embrouillé. Alors certes, cela reste fidèle à la démarche créative de la chanteuse, mais tout cela demeure bien déroutant et il vaut mieux être préparé avant l’écoute. A titre personnel, je suis passé un peu à côté et cela malgré plusieurs écoutes. Vous voilà prévenus !

  1. Stonemilker
  2. Lionsong
  3. History of Touches
  4. Black Lake
  5. Family
  6. Notget
  7. Atom Dance
  8. Mouth Mantra
  9. Quicksand

Note : 08/20

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Par AqME

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