octobre 26, 2020

La Promesse d’une Vie

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Titre Original : The Water Diviner

De : Russell Crowe

Avec Russell Crowe, Olga Kurylenko, Yilmaz Erdogan, Cem Yilmaz

Année: 2015

Pays: Australie Etats-Unis, Turquie

Genre : Drame

Résumé :

La Promesse d’une vie est une épopée d’aventures se déroulant en 1919, 4 ans après la terrible bataille des Dardanelles, dans la péninsule de Gallipoli. Un paysan australien, Joshua Connor se rend en Turquie à la recherche de ses trois fils portés disparus. Malgré les barrages de la bureaucratie militaire, sa détermination ne fléchit pas. Il est d’abord aidé par la belle Ayshe, la propriétaire de l’hôtel dans lequel il séjourne à Constantinople, puis par un officier turc ayant combattu contre ses fils. Pour découvrir la vérité et enfin trouver la paix intérieure, Joshua, accompagné du Commandant Hasan, est contraint de sillonner un pays ravagé par la guerre où la frontière entre le Bien et le Mal n’est plus si nette et l’ennemi si clairement identifiable.

Avis :

Dans le monde merveilleux du cinéma, on ne présente plus Russell Crowe, grand acteur australien qui a réussi à se faire sa place à Hollywood. Il a tourné avec et surtout pour les plus grands. À son tableau de chasse, il peut se vanter d’avoir tourné pour Ron Howard, Sam Raimi, Michael Mann, Peter Weir, et même d’être l’un des acteurs fétiches de Ridley Scott. Après avoir fait plus la une des tabloïds que d’être à l’affiche de grands films, Russell Crowe a décidé de franchir un nouveau cap et de passer à la réalisation. Pour cela, il est reparti chez lui, en Australie, pour nous raconter l’une des cicatrices de son pays.

Alors qu’il aurait pu réaliser un film commandé par un studio hollywoodien, pour son premier film, Russell Crowe a décidé de faire plus simple et de partir sur un film à petit budget. Un film qui lui tenait à cœur, et qui va nous dévoiler une nouvelle facette de la première guerre à travers le destin d’un homme tenu par une promesse sacrée. Russell Crowe livre alors un film sincère, touchant, humaniste, qui malgré ses faiblesses m’a beaucoup touché et intéressé.

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Cela fait quatre ans que l’armée australienne a capitulé face à l’armée turque. Cela fait maintenant quatre longues années que Joshua Connor, un paysan, a perdu ses fils, morts en héros, lors de la grande bataille de Gallipoli. La bataille fut terrible et les morts se sont comptés par dizaine de milliers dans les deux camps. Les corps ont été laissés à l’abandon. La femme de Joshua ne s’est jamais remisse de la perte de ses garçons, si bien qu’un matin, Joshua retrouve son corps noyé. Joshua fait alors une promesse à sa femme, il lui ramènera les corps de ses enfants pour qu’ils reposent aux côtés de leur mère. Mais cette quête va être difficile et seul l’espoir de retrouver les ossements de ses garçons guide cet homme de l’Australie sur les terres ravagées de Gallipoli.

Russell Crowe avait depuis un petit bout de temps l’envie de faire ce film. Le comédien affirme que lorsqu’il a découvert cette histoire, enfin, plutôt le point de vue de cette dernière, il a eu honte de son ignorance et a eu envie de porter cette histoire à l’écran, comme pour se déculpabiliser.

Si l’histoire est très classique dans son déroulement, le film ne le sera pourtant pas. La guerre, le cinéma en a parlé sous toutes les coutures, mais pourtant, avec cette « Promesse d’une vie« , Russell Crowe s’attaque à un sujet, et surtout un angle de vue, que le cinéma a peu exploré jusque-là, car son film, un peu comme Clint Eastwood l’a fait quelques années avant avec ses deux films, « Mémoire de nos pères » et « Lettres d’Iwo Jima« , il va, de façon subtile et brutale, nous raconter la bataille de Gallipoli et faire confronter les points de vue australiens à celui des turcs. C’est avec beaucoup d’espoir que le film aborde tout un tas de thèmes. Russell Crowe s’essaie aux chocs des cultures, il aborde la condition de la femme et les traditions. Il nous instruit (sans nous faire la leçon) sur cette bataille, cet endroit particulier, sur les faits, il laisse la parole aux turcs qui ont eux aussi perdu des proches. Il parle des conflits, ceux passés, ceux présents, mais aussi ceux futurs. J’ai franchement trouvé le récit passionnant à tous les niveaux, et en sortant de la salle, j’ai eu l’impression d’en savoir bien plus. Et je dirais même que le réalisateur m’a donné envie d’en savoir plus. Son film, même s’il est classique, peut-être sans surprise dans les événements et autres rebondissements qui se déroulent, reste quand même intéressant. J’ai été pris par le peu de suspens qu’il y a, j’ai été vraiment touché et ému par le destin de ces trois garçons partis pour ce qu’on leur a vendu comme une partie de plaisir. Puis J’ai apprécié la façon dont le réalisateur m’a raconté cette histoire, passant des recherches de son personnage à quelque chose de divertissant, qui frôle un peu le documentaire.

Si le classicisme du film n’est pas si dérangeant, là où le film prend un petit coup, c’est dans sa mise en scène et surtout dans les effets visuels. N’ayant pas un budget monstre, le film a quelques faiblesses de ce côté-là. À plusieurs moments, les décors et passages au second plan sentent le fond vert à plein nez. C’est dommage, car parfois, c’est flagrant et sans que ce soit grave, ça m’a sorti un peu de l’histoire. Puis il y a les scènes de bataille, là encore, on sent à l’image que le budget ne suivait pas. C’est très minimaliste, peu de figurants, et des explosions qui parfois sentent les effets spéciaux. Mais bon, comme l’histoire reste prenante, ce sont de petits détails.

Russell Crowe s’offre le premier rôle de son film et je dois dire que ça faisait un petit bout de temps que je ne l’avais pas vu aussi convaincant. Attendrissant, touchant, drôle aussi (oui, il y a un peu de comédie au milieu de tout ce drame et elle fait du bien), romantique, alors que le film évite les clichés de la banale histoire de romance, Russell Crowe a vraiment eu la bonne idée en se donnant le rôle. Le film fait la part belle à pas mal de bons rôles. Yılmaz Erdoğan, qui joue un commandant turc très ambigu dont on se méfie toujours un peu, est parfait dans ce jeu-là. Il communique tellement de mystère avec ce grand regard noir. Il fait un bon duo avec Cem Yılmaz, qui est un peu son bras droit. Puis bien sûr, il est impossible de passer à côté de la belle Olga Kurylenko, qui illumine de son sourire cette histoire tragique. Enfin, information plus que notable et dont Russell Crowe peut être fier, car avec ce film, c’est pour moi la première fois que je vois Jai Courtney (l’infâme fils de Bruce Willis dans « Die Hard 5″) bon à l’écran. Alors ce n’est pas un grand rôle, mais pour une fois, je lui trouve enfin quelque chose. Peut-être en fera-t-on un acteur un jour ?

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Je suis donc ravi d’avoir pu voir ce film, car Russell Crowe, malgré les maladresses, malgré le manque de financement, a quand même réussi à faire un film simple, intéressant, émouvant et efficace. C’est un film qui remet les choses à leur place et donne la parole à ceux qui ne l’avaient pas eu jusqu’à présent. C’est donc un film à voir quand celui-ci va sortir, car il mérite amplement le coup d’œil.

Note : 15/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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