décembre 1, 2020

Un Homme Idéal

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De : Yann Gozlan

Avec Pierre Niney, Ana Girardot, André Marcon, Valeria Cavalli

Année : 2015

Pays : France

Genre : Thriller

Résumé :

Mathieu, 25 ans, aspire depuis toujours à devenir un auteur reconnu. Un rêve qui lui semble inaccessible car malgré tous ses efforts, il n’a jamais réussi à être édité. En attendant, il gagne sa vie en travaillant chez son oncle qui dirige une société de déménagement…
Son destin bascule le jour où il tombe par hasard sur le manuscrit d’un vieil homme solitaire qui vient de décéder. Mathieu hésite avant finalement de s’en emparer, et de signer le texte de son nom…
Devenu le nouvel espoir le plus en vue de la littérature française, et alors que l’attente autour de son second roman devient chaque jour plus pressante, Mathieu va plonger dans une spirale mensongère et criminelle pour préserver à tout prix son secret…

Avis :

Yann Gozlan est arrivé dans le paysage cinématographique français il y a cinq ans avec un film plutôt oppressant nommé « Captifs » qui voyait Zoé Félix dans la peau d’une jeune femme kidnappée pour de sombres raisons. Le film a connu un tout petit succès, ce qui amena Yann Gozlan sur les routes pour un deuxième long métrage. Un cap pour le réalisateur.

Et pour son deuxième film, le jeune réalisateur s’offre plus grand et livre un thriller tendu et manipulateur qui, même s’il est très conventionnel, s’avère être efficace. Emporté par le fraîchement Césarisé Pierre Niney, « Un homme idéal » devrait vous faire passer un bon moment sur l’instant, partagé entre le doute et l’envie que le personnage principal arrive à s’en sortir, malgré les faits qui lui sont reprochés.

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Mathieu, c’est un jeune d’un peu plus d’une vingtaine d’années qui vit de petits boulots. Il aspire à devenir écrivain, il est d’ailleurs bourré d’idées et a même fini l’écriture de son premier manuscrit. Malheureusement, il n’y a que lui qui croit en son talent et son roman se fait refuser dans les maisons d’édition. Un jour, alors qu’il déménage la maison d’un vieil homme, mort tout seul, il trouve un journal intime. Une rude confession sur le vécu de ce vieil homme sur la guerre d’Algérie. Un récit passionnant dont Mathieu sent de suite le potentiel. Il décide alors de recopier les phrases de cet homme et l’envoie à une maison d’édition sous son propre nom. Le succès est immédiat, dithyrambique et Mathieu passe de l’anonymat au jeune auteur le plus prometteur de France. Mais trois ans plus tard, Mathieu n’a toujours pas écrit « son deuxième roman » et l’angoisse de la page branche est présente. Une angoisse qui va être renforcée par un maître chanteur, qui connaît le secret honteux de Mathieu. Violer la mémoire d’un mort aura donc un prix !

Ce deuxième film signé Yann Gozlan est donc un film plutôt agréable à suivre. Partant d’une histoire intéressante, le réalisateur va monter un petit thriller, qui a défaut d’être irréprochable, sera assez prenant et son intrigue aiguisera notre curiosité jusqu’à son final.

C’est dans une ambiance ambiguë que Yann Gozlan va faire évoluer son histoire. L’intrigue tient la route, malgré quelques incohérences. Le réalisateur arrive à nous surprendre avec un scénario bien foutu, dont les rebondissements, même s’ils sont parfois un peu limites, restent quand même les bienvenus. Ce film est une descente en enfer pour son jeune personnage principal. Yann Gozlan prend bien son temps pour nous présenter son personnage, ses aspirations et va faire monter la pression peu à peu. Le doute s’installe, en même temps que l’impuissance face aux événements qui se sont mis en route. Ce que j’ai beaucoup apprécié, c’est que le personnage principal est très attachant et j’avais envie qu’il s’en sorte. C’est terrible malgré le fait que le personnage se soit approprié l’œuvre d’un mort et s’est fait du fric dessus. Yann Gozlan joue bien avec cette fausse ou vraie culpabilité qui hante le personnage. D’ailleurs, le personnage principal est bien écrit et le portrait qu’en fait le film n’est pas lisse, loin de là, j’ai vraiment apprécié le « geste ». Par contre, comme je le disais, le film est loin d’être parfait et on notera quelques incohérences, et une dernière scène inutile et bien trop clichée. Alors que Yann Gozlan avait évité de tomber dans la sensiblerie, cette dernière scène sera une grosse séance de rattrapage, qui aurait vraiment été dispensable. La mise en scène, quant à elle, est élégante, le film a son ambiance et elle fonctionne bien dans l’ensemble. C’est un peu déjà vu, c’est vrai, un peu cliché aussi, mais ça reste bien fait, le rythme est bon, l’esthétisme est pas mal, on ne s’ennuie pas, c’est l’essentiel. En fait, il lui manque simplement un peu de caractère et d’ambition avec un côté beaucoup plus sombre pour qu’il soit génial. Car même si tout est bien fait, même trop bien fait, je trouve que le film reste quand même très propre sur lui et c’est dommage, car avec une histoire comme celle-là, on aurait pu avoir quelque chose de vraiment terrible.

Le film est tenu par Pierre Niney. Le jeune acteur qui a décidément le vent en poupe ces dernières années, prouve encore une fois qu’il peut facilement changer de style et de rôle et être crédible. Ici, dans la peau d’un jeune écrivain mal dans ses baskets, l’acteur s’en sort parfaitement et tire le film vers le haut. Mais voilà, même s’il est bon, et on ne retient que lui et les autres rôles paraissent assez creux et décoratifs, surtout dans ceux de ces beaux-parents, qui en fin de compte ne servent pas à grand-chose. Les autres personnages ayant de l’idée, mais je les ai trouvés très survolés.

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« Un Homme idéal » est donc un film que j’ai apprécié dans l’ensemble. J’ai passé un bon moment devant, malgré que ce ne soit pas extraordinaire. Yann Gozlan a mis la barre plus haute pour ce second essai et le résultat est prenant et divertissant. Le film comporte des défauts notables, mais j’ai passé un bon moment devant, alors que demander de plus ?

Note : 13/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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