décembre 5, 2020

Raz de Marée – Clive Cussler

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Auteur : Clive Cussler

Editeur : Le Livre de Poche

Genre : Thriller

Résumé :

Dans cette aventure, Dirk Pitt et la belle Julia Lee, agent des services de naturalisation, se lancent sur la piste de Qin Shang, un trafiquant chinois sans scrupule.
Des cadavres de Chinois sont découverts au fond d’un lac près de Seattle. Le rapport avec Qin Shang est direct car il a mis en place un vaste réseau d’immigration clandestine. Quand les émigrés arrivent sur place, s’ils ne sont pas en assez bonne condition physique, Qin Shang les fait abattre. Les hommes ne sont qu’un des trafics parmi tant d’autres de cet homme diabolique. Cette piste amène Julia et Dirk à découvrir l’existence d’un port maritime secret en Louisiane en construction pour faciliter les échanges de Qin Shang et qui, une fois terminé, risque de provoquer une catastrophe écologique sans précédent.
Le compte à rebours a commencé, Dirk et Julia doivent stopper Qin Shang. L’une des conditions pour mener à bien cette mission est de localiser au plus vite l’épave du navire que Tchang Kaï-Chek avait chargé de richesses en fuyant de Chine en 1949. Pour pimenter encore cette intrigue déjà complexe, Dirk doit louvoyer entre d’éminentes personnalités politiques chinoises et américaines, ayant participé à la machination de Qin Shang. Dirk et Julia ont du pain sur la planche.

Avis :

Figure emblématique du roman d’aventures, Clive Cussler a tissé au fil des décennies un travail prolifique pour offrir à ces lecteurs une œuvre riche (plus de 50 livres à son actif). Son nom est difficilement détachable de son personnage fétiche : Dirk Pitt. Un héros comme on en fait plus, un dur, un vrai, qui a affronté bon nombre de mégalomanes, de mystères en tout genre et d’éléments déchaînés pour traverser la deuxième moitié du XXe siècle sans faillir ou presque. Si ses histoires possèdent un potentiel distrayant et dépaysant au possible, il faut reconnaître qu’elles restent assez prévisibles, voire simplistes dans leurs aboutissants.

L’intrigue a beau tenter une rupture avec ses aînés (voir les événements d’Onde de choc, le précédent tome de la saga) en égratignant le mythe Dirk Pitt, il n’en demeure pas moins que le naturel revient aux galops. Ce 14e volet délaisse le côté aventureux pour se pencher vers l’espionnage et la géopolitique via un sujet universel qui, à l’époque (1997) peinait à être admis par les autorités : le trafic d’êtres humains. L’auteur tente de se renouveler avec une approche différente, mais se complaît finalement dans une succession de péripéties peu crédibles. Si l’action est au rendez-vous, elle se révèle échevelée avec des prises de risque maximal pour un désintéressement total.

On adhère ou pas à cette méthode, mais il en ressort une progression linéaire qui ne recèle aucune surprise. La faute à un suspense quasi absent et des rebondissements en pagailles cousus de fils blancs. On notera également une pléthore de détails inutiles qui étire le nombre de pages plus que de rigueurs en considérant les lecteurs pour des benêts. Est-il besoin de préciser les origines de Wyatt Earp ou de son interprétation par Kevin Costner ; que les camps de concentration nazis sont afférents à la Seconde Guerre mondiale ? L’on compte aussi des descriptions lourdes malgré un style d’écriture des plus simplistes, ainsi que des métaphores d’un autre temps (Don Juan, l’aigle avec des ailes de moineaux…).

Difficile de faire abstraction de tant de maladresses pour un auteur du gabarit de Clive Cussler. L’on note également des réparties peu vivantes et d’une platitude exaspérante. Du début à la fin, on a l’impression d’assister à des échanges vides de sens au lieu de donner le change pour dynamiser l’intrigue. Sans oublier que les différents environnements sont, au choix, surfaits, transparents (normal pour un plan d’eau, cela dit) ou écrasants de présence (encore une fois, à cause d’une profusion d’éléments superflus). Inutile de dire que ce traitement chaotique plombe l’atmosphère et le récit dont on se détache sensiblement.

Même les protagonistes peinent à convaincre. La perte tragique que Dirk Pitt a subie ne semble l’affecter que dans les premiers instants au vu de ses piètres tentatives de drague sur son homologue féminin lors de leur rencontre. Le développement ne dispose d’aucune ambiguïté, de doutes ou de remises en question. On demeure avec des milliardaires imbus de leur pouvoir et d’eux-mêmes avec une armée de sbires pas très malins. Les personnages sont répartis en deux camps bien distincts sans qu’on parvienne à flouer les frontières ; ce qui empêche un minimum de surprises propre à susciter de l’empathie pour eux.

Au final, Raz de marée ravage surtout l’idée que l’on se fait des aventures de Dirk Pitt. Linéaire, simpliste et prévisible, l’intrigue multiplie les longueurs et les lourdeurs sans jamais happer le lecteur dans son sillage. On a beau noyer le poisson dans un florilège de détails, parfois de jargons techniques ou dans une suite de péripéties invraisemblables, l’intérêt n’est jamais au rendez-vous, même au second degré ou dans un objectif purement distrayant. On a l’impression d’assister à un mélange maladroit et sans saveur de James Bond et Indiana Jones. Une considération qui vaut pour l’aura du personnage principal, car l’auteur tente de s’insinuer dans d’autres domaines que l’aventure, bien mal lui en a pris.

Note : 09/20

Par Dante

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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