My Beautiful Laundrette

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De : Stephen Frears

Avec Gordon Gordon, Daniel Day-Lewis, Roshan Seth, Saeed Jaffrey

Année: 1985

Pays: Angleterre

Genre: Romance

Résumé:

Omar, jeune pakistanais de la banlieue Sud de Londres, prend la gérance d’une vieille laverie automatique appartenant à son oncle. Il est aidé de Johnny, qui devient son amant. Quand son cousin Salim blesse un membre de l’ancien gang de Johnny, une bagarre éclate…

Avis :

Je commence à en avoir vu pas mal des films de Stephen Frears, surtout dans ses récents. C’est un réalisateur que j’aime beaucoup, mais dont je connais assez mal, voire même pas du tout, sa carrière en dessous des années 90. En fait, en dessous de cette époque, je ne connais que les cultissimes « Liaisons dangereuses« . J’ai donc décidé de partir à la découverte de cette carrière qui m’est inconnue et je me suis arrêté sur « My Beautiful Laundrette« , avec un Daniel Day-Lewis abordant une magnifique blondeur.

Avec ce film, Stephen Frears s’attaque à un sujet difficile et surtout très casse-gueule dans l’Angleterre des années 80. Film social et engagé, le réalisateur aborde aussi bien la lutte des classes que l’homosexualité, le tout dans une ambiance sombre, asphyxiante et peu rassurante. « My Beautiful Laundrette » est bon film, que j’ai pris plaisir à découvrir et qui me fait découvrir une nouvelle facette du cinéma de Stephen Frears. Une facette que je trouve étonnante et bien maîtrisée par son réalisateur.

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Londres, les années 80. Omar est un jeune pakistanais. Son oncle, qui entrevoit un bel avenir pour lui, lui propose la gérance d’une vieille laverie. Omar accepte et le jeune homme à plein d’idées pour lancer son commerce. Un soir par hasard, il rencontre un camarade de classe qu’il n’a pas vu depuis des années. Un camarade dont il était amoureux. Il propose donc à Johnny, qui est devenu SDF, un travail. Il doit l’aider à rénover la fameuse laverie. Johnny accepte. Les sentiments que les deux garçons éprouvaient l’un envers l’autre refont surface. Mais les amis de Johnny voient d’un très mauvais œil que le garçon travaille pour un pakistanais et une tension commence alors à se créer.

Quand je découvre « My Beautiful Laundrette« , l’une des premières choses qui me vient en tête, c’est que Stephen Frears n’a vraiment pas choisi la facilité avec ce film. Alors que l’époque et son pays sont en totale évolution, en bien ou en mal avec Margaret Thatcher au pouvoir, le réalisateur anglais décide de nous parler de racisme, de patriotisme, de la lutte des classes, de l’évolution et le tout emballé dans une histoire romantique et ouvertement homosexuelle. D’ailleurs, on ne pourra que saluer l’audace de son réalisateur dans ce domaine. J’ai été très surpris que Stephen Frears parte aussi loin dans son histoire d’amour. Moi qui pensais trouver un film où beaucoup de choses seraient suggérées, j’ai trouvé à la place un film romantique, assez torturé dans cette relation et surtout un film qui ne tourne pas autour du pot, allant même jusqu’à entrer « dans la chambre à coucher » des personnages, chose que je trouve très audacieuse quand on replace le film dans son époque. Il est sorti en 1987, une époque où il y avait peu d’homosexualité dans ce style de cinéma, et même dans le cinéma en général. La plupart du temps, si on trouvait un personnage homosexuel, il ressemblait plus à une caricature qu’autre chose et c’est là que je trouve le film de Stephen Frears très culotté, car non seulement le réalisateur présente ses personnages de façon « normale », mais en plus, son film voit se mettre en couple un jeune anglais avec un jeune pakistanais, ce qui permet aussi au film d’aborder d’une très belle façon le choc des cultures, le poids de la différence, et le racisme. Le scénario est très beau, aussi simple que profond. Le réalisateur n’appuie pas sur les événements et ne fait que relater une histoire d’amour et de réussite.

Le film reste subtil et l’on se fait prendre par cette histoire. Chaque sujet que le réalisateur aborde, famille, finance, ambition, la haine ou l’amour est réfléchi et pertinent. D’ailleurs, le scénario fut nommé à l’Oscar cette année-là. Ce que j’ai beaucoup apprécié aussi, c’est que l’histoire évolue dans un univers réaliste et sombre, accompagné par une mise en scène discrète mais efficace. Même si l’intrigue dans l’amour est belle, je trouve le film assez dur, voire même dérangeant dans sa tension. Il y a un certain suspens que Frears installe. Les deux personnages se cachant pour vivre leur histoire, on se demande quand est-ce qu’ils vont se faire surprendre, comment l’histoire va-t-elle finir, quelles seront les réactions, on peut même imaginer le pire. Et c’était très bien, car du coup, cette histoire reste imprévisible jusqu’au bout. Et, j’ai été très surpris par la fin. Comme une tranche de vie que Frears a filmée, on laissera nos deux personnages de façon très simple, un peu comme quand on est entré dans le film.

Les personnages sont très touchants, car comme pour l’intrigue, ils sonnent vrais et simples. Stephen Frears a choisi un casting étonnant offrant même le rôle principal à un inconnu, Gordon Warnecke, qui a la difficile mission de tenir le film sur ses épaules en décrochant le rôle d’Omar et il s’en sort bien. Très tendre et plein de vie, le comédien donne vraiment envie de suivre son histoire et l’on a envie qu’il y arrive aussi bien dans son commerce que dans son histoire d’amour. Son amant est joué par l’immense Daniel Day-Lewis. L’acteur joue un jeune marginal, très attachant. Il fait déjà preuve d’un très beau charisme et c’est génial de le voir déjà tout jeune, il promettait beaucoup. L’alchimie entre les deux acteurs fonctionne bien, logée quelque part entre le romantisme absolu et une tension palpable, dérangeante, qui par moments peut même faire stresser.

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« My Beautiful Laundrette » est donc un film captivant, dangereux, loin de tous clichés, c’est un film très casse-gueule de par les différents sujets qu’il aborde. Et malgré les difficultés et les dangers, c’est un film qui est emporté avec tension et subtilité par la caméra de Stephen Frears, qui évite haut la main les pièges, le misérabilisme et le pathos, pour nous présenter un film profondément humaniste, dans une époque difficile, intolérante et peut-être pas si éloignée de la nôtre. Bref, ce n’est pas mon préféré du réalisateur, mais il reste à voir indiscutablement.

Note : 16/20

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Par Cinéted

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