Mimesis – La Nuit des Morts-Vivants – L’Ennui des Morts-Vivants

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Titre Original : Mimesis

De : Douglas Schulze

Avec Sid Haig, Allen Maldonado, Gavin Grazer, Lauren Mae Shafer

Année: 2011

Pays: Etats-Unis

Genre: Horreur

Résumé:

Sept étudiants dont le point commun est seulement un amour pour les films d’horreur de l’époque classique, sont invités à assister à une fête exclusive « fan d’horreur » dans une ferme isolée. Mais au coucher du soleil, ces étrangers vont se retrouver dans une version réelle du film culte La nuit des morts-vivants !

Avis:

Quand on est un réalisateur, c’est forcément que l’on est un fan de cinéma. D’ailleurs, il serait étonnant de voir un cinéaste, ou quelqu’un travaillant dans le milieu du cinéma, détester son métier, que ce soit les scénaristes, les monteurs, les acteurs, etc. Du coup, chaque personne a ses préférences, ses références, ses gouts en matière de films. Il est donc assez logique que parfois des réalisateurs aient envie de rendre un hommage à leur film préféré. C’est ce que propose Douglas Schulze, inconnu au bataillon, avec son premier et unique film, Mimesis – la Nuit des Morts-Vivants. Arpentant le chemin sinueux du vibrant hommage au film de zombie, le cinéaste va proposer un film d’horreur au pitch sympathique et presque novateur, mais sur le papier seulement.

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Deux jeunes étudiants sont fans de film d’horreur. Ils se rendent dans une convention où un réalisateur très connu raconte pourquoi il aime faire des films de genre. Les deux jeunes se font alors inviter à une soirée organisée pour clôturer le festival. Ils commencent à boire et tombent dans les vapes. Ils se réveillent quelques temps plus tard dans d’autres vêtements et avec d’autres personnes. Ils se rendent compte qu’ils sont dans une version réelle du film La Nuit des Morts-Vivants. Le petit groupe va donc devoir se battre pour survivre.

A la lecture du pitch, il y a de quoi être étonné. Entre film hommage et idée presque lumineuse prônant le jeu de rôle grandeur nature, on avait presque envie de croire en ce projet. Malheureusement, le film ne sera que longueurs et débandades. Il faut dire que si l’on n’a pas les moyens de faire un film gore, il vaut mieux s’abstenir ou faire des efforts. Dans le film, on sent une volonté de faire du sanglant avec des passages gores, mais le budget fut trop court. Les séquences de morsure sont risibles et les différentes blessures prêtes à sourire. Mais il faut tout de même reconnaître le parti pris du film d’essayer d’en mettre plein la vue avec certains moments intéressants, comme ce clown qui se prend une fourche dans les yeux. Mais cela aurait pu être encore meilleur avec une réalisation plus propre et intelligente. C’est bien simple, chaque moment sanglant ne marche pas parce que la caméra gigote dans tous les sens. On remarquera que le réalisateur aura un mal de chien à donner du rythme à son film, étant obligé de mettre des ralentis et des accélérations ridicules pour susciter un quelconque effet sur le spectateur. Les scènes en deviennent risibles et ne servent à rien, à part apporter une notion nanardesque à l’ensemble.

Comme hommage, on a vu mieux, d’autant plus que la morale du film demeure assez obscure et ambiguë. Il faut dire que le film accuse plus ou moins les méchants du film de faire cela à cause des films d’horreur qui nourrissent leur imaginaire morbide, à l’image des jeux violents qui incitent les jeunes à la violence. Fort heureusement, l’un des personnages contrebalance cette notion en disant que ce n’est pas la faute aux films d’horreur, mais simplement parce qu’ils sont tarés. Quel est le parti pris du réalisateur? Ne remettons pas en cause sa bonne volonté (et puis il n’aurait pas fait un film d’horreur pour montrer ensuite les effets néfastes de ce genre de métrage), mais force est de constater que tout cela est très maladroit et ne fait pas étalage d’une intelligence à toute épreuve.

Enfin, le film ne peut pas fonctionner à cause des maquillages que l’on devine tout de suite. Le principal attrait du film provient de cette jonction entre réalité et fiction, mais dès l’apparition du premier zombie, il n’y aura plus de doute, surtout face à la tronche du maquillage et son attitude. Alors qu’un zombie boufferait en entier sa proie, celui-ci se contente de mordiller dedans et de se barrer. Du coup, on comprend rapidement le pourquoi du comment et tous les aspects moteurs du film ne fonctionnent plus. Le spectateur sort complètement, ayant déjà tous les éléments de réponse, et le film rame lamentablement pour interpeller le spectateur, allant jusqu’à essayer de tuer la petite fille. Le film ne recèle aucune tension, et surtout, on ne ressent aucune empathie pour les différents personnages, ce qui fait que l’on s’en fout de leur sort.

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Au final, Mimesis – La Nuit des Morts-Vivants est une belle déception. Il s’agit d’un film d’horreur lambda, fauché, provenant du cinéma indépendant américain mais qui n’a aucune force ni aucune ambition. Se voulant une référence au film de Romero, celui-ci a dû tenter de se suicider après le visionnage de son film, dégouté de l’héritage qu’il risque de laisser. D’autant plus que le film ne détient aucun critique de quoi que ce soit. Bref, un film à oublier malgré une idée saugrenue et qui aurait pu être intéressante.

Note: 04/20

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Par AqME

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