octobre 28, 2020

La Déchéance d’un Homme

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Titre Original : Aoi Bungaku Series – Ningen Shikkaku

De : Morio Asaka

Avec les Voix de Masato Sakai, Wataru Takaki, Romi Pak, Tomoko Kotani

Année : 2009

Pays : Japon

Genre : Animation

Résumé :

Un homme retrace les différentes étapes de sa vie et ses multiples souffrances.

Avis :

Je ne suis pas encore bien calé dans le domaine de l’animation japonaise et je crois bien que ce film est le premier que je vois en dehors des productions des studios Ghibli. Morio Asaka est un réalisateur dont je n’avais jamais entendu parler et pourtant, il exerce depuis des années maintenant et il a travaillé sur une foule de Mangas et de dessins animés comme « Galaxy Angel Z« , « Le roi Léo » (dessin animé que j’adorais quand j’étais petit), « Chihayafuru » ou « Gunslinger girl » pour les plus connaisseurs d’entre vous.

Alors que je traînais encore une fois dans l’une de mes boutiques préférées, une jaquette de DVD m’a tapé dans l’œil. Dans les tons marron, gris, un homme assis sur une chaise est titré « La déchéance d’un homme« . Titre accrocheur, je trouve, je me laisse tenter par la découverte du moment sans en savoir plus. J’aurais aimé trouver un film incroyable, une surprise affolante, mais à la place de ça, c’est un film simple, intéressant et à l’ambiance prenante que j’ai découvert. Pas de quoi affoler les foules, mais des moments magiques, qui se laissent regarder avec une certaine beauté fascinante.

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Yôzô est un jeune homme issu de la bourgeoisie japonaise. Passionné de peinture, il aspire à devenir peintre. Mais Yôzô est un trouillard, et il préfère éviter le plus possible les conflits. Camouflé derrière un sourire, il se définit lui-même comme un bouffon, « C’est son ultime demande adressée aux hommes ». Alors qu’il cherchait à vivre paisiblement, il va peu à peu se retrouver pris dans une incroyable descente en enfer, qui va l’obliger à se regarder en face, à faire le point sur sa vie passée, présente et future.

La peur, la crainte, le manque de confiance en soi, mais aussi envers les autres. Le renfermement, la solitude, en fait, « La déchéance d’un homme« , c’est un peu les confessions intimes d’un trouillard et le film porte vraiment bien son nom.

Sur une intrigue simple, le réalisateur qui adapte le roman de Dazaï Osamu, nous livre un portrait intime et mélancolique d’un homme abîmé par la vie et par lui-même. Le film est joli, et l’on se trouve vite pris dans son histoire. Le film dégage de la poésie, une poésie assez sombre que le réalisateur sublime par une esthétique recherchée. L’histoire se déroule sur plusieurs années. Plusieurs années où l’on assiste impuissant à « La déchéance » de cet homme qui se livre à nous grâce à l’aide d’une voix off, qui nous livre sans concession la moindre des pensées et des ressentiments de cet homme, parfois même de ses hallucinations avec un bonhomme noir. Le tout est prenant, mais j’y reviendrais.

Le film évolue dans une atmosphère assez sombre voire étouffante par moments. Les graphismes sont vraiment beaux, chaque plan regorge de belles idées, de petits détails qui font que le tout est solide. L’esthétisme, comme je le disais, est recherché, c’est beau, la photo est belle, les couleurs utilisées sont superbes et le côté brumeux du film m’a beaucoup plu. En particulier des scènes sur une falaise, où le rouge est tout juste incroyable. Ce que j’ai apprécié, c’est que l’esthétisme est ici au service de l’intrigue, le réalisateur donne pile ce qu’il faut et ne tombe pas dans la surenchère graphique pour donner de la gueule à son film. Ici, malgré la beauté évidente de certains passages, le tout demeure simple et va à l’essentiel.

Alors me direz-vous, pourquoi malgré toutes ces belles paroles, je ne suis pas plus emballé que ça par rapport à ce film ? Et bien la réponse est tristement simple. Alors que son parcours et la vie même de Yôzô auraient pu être fascisants de tristesse, de dureté, j’avoue ne pas avoir été touché par le personnage. À aucun moment, je l’ai trouvé touchant, attendrissant, ou même sympathique. Malgré la beauté du film, malgré l’histoire qui est prenante, le personnage m’a laissé de glace. Et c’est bien dommage, car hormis ce détail qui a toute son importance, le reste du film est bon. Ce détail fait donc basculer la balance dans l’ordinaire. Je ne peux pas dire que je me sois ennuyé ou que le film m’a agacé en le découvrant, je peux même dire que j’ai pris plaisir à découvrir ce film, mais sans pouvoir m’attacher à son personnage.

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« La déchéance d’un homme » est donc un beau film visuellement. C’est une belle histoire, bien racontée, bien réalisée, mais qui manque de sentiments, malgré tous les efforts faits pour que l’on s’attache au personnage. Un parcours tristement incroyable et une voix off évoquant souvenirs, frustrations et mal être, je suis resté tout le long en dehors de l’œuvre. Et c’est dommage, car avec une histoire comme celle-là, je m’attendais vraiment à être touché, peut-être même bouleversé. Après, je le redis ça reste un bon film.

Note : 11/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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