La Légende des Templiers – Tome 1 L’Epée – Paul Christopher

9782749130835

Auteur : Paul Christopher

Editeur : Cherche-Midi

Genre : Thriller

Résumé :

À la mort de son oncle, Peter Holliday, professeur d’histoire à l’académie militaire de West Point, hérite d’une épée médiévale, retrouvée après la guerre à Berchtesgaden, dans le fameux  » nid d’aigle  » d’Adolf Hitler. Forgée à Damas et ayant appartenu aux Templiers, cette épée recèle bien des mystères et excite beaucoup de convoitises. Peter, après avoir échappé à une tentative d’assassinat, décide d’enquêter sur les origines nébuleuses de ce curieux héritage. C’est le début d’une quête marquée par de multiples révélations qui va le mener en Allemagne, à Jérusalem, puis en France, à La Rochelle, siège de la flotte templière au XII e siècle.

Avis :

Choisir l’histoire pour le moins controversée des templiers pour un thriller ésotérique, c’est un peu comme s’attaquer aux zombies pour le cinéma d’horreur. Le sujet a tellement été surexploité qu’il semble vain de tenter l’aventure sans un minimum d’innovation ou d’originalité à offrir. Pourtant, cet obstacle de taille (du moins, pour des auteurs consciencieux) ne décourage pas quelques téméraires qui, non satisfaits de l’excellent travail en la matière, compulsent des récits dont on s’interroge encore sur leur pertinence. Cinq ans après sa publication outre-Atlantique, le premier tome de La légende des templiers arrive dans l’hexagone. Une conquête difficile ou une croisade qui vaut le détour ?

Derrière le pseudonyme Paul Christopher se cache Christopher Hyde, écrivain méconnu dans nos contrées qui verse principalement dans le roman d’espionnage depuis la fin des années 1970. Pour ce changement de registre, l’auteur tente de couper court à tous les fantasmes inhérents au pauvre soldat du Christ. « Da Vinci code, Indiana Jones et la dernière croisade, Benjamin Gates… Balivernes ! » pour paraphraser le premier chapitre. Apparemment, il s’agissait de voyous et de racketteurs. Ce concept à contre-courant des idées reçues peut donner lieu à une approche anticonformiste, voire plus pragmatique sur les énigmes entourant les templiers.

Pourtant, l’écrivain a beau essayer de s’éloigner de ce qui a pu être fait auparavant, il va néanmoins y plonger la tête la première dès que l’occasion se présente. Il suffit d’un décès inopiné (ils le sont toujours), d’une mystérieuse relique en guise d’héritage et d’idiots du village préférant la force à la subtilité pour engager les hostilités. En cela, ce premier tome offre un récit énergique avec son lot d’aventures à travers le globe. Toutefois, la dynamique se fait au détriment du réalisme. L’intégralité de l’intrigue fait se succéder des investigations sommaires, une poignée d’indices dissimulée au bon endroit et une série de péripéties confuses.

Malgré une ligne directrice évidente et des chapitres courts, l’histoire se montre tantôt brouillonne, tantôt longue. En cause, les descriptions s’étalent sur des pages et des pages pour dépeindre un lieu dans ces moindres recoins. Puis on enchaîne sur un retournement de dernières minutes téléphoné et on passe à la suite. À cela, l’on sent une certaine redondance dans les confrontations, en particulier dans les dialogues. À n’importe quel moment, les protagonistes se retrouvent autour d’une table pour boire, manger ou s’empiffrer. Là encore, la profusion de détails qui ne servent pas le nœud du problème est légion.

L’on pourrait faire l’impasse qui, dans une moindre mesure, n’empêche pas d’apprécier le thème principal du roman. L’aura qui émane des templiers et de leurs mystères reste intacte. Seulement, Paul Christopher maîtrise mal son sujet et emprunte des raccourcis faciles qui entraînent à leur tour des incohérences grossières. Tant de la part de l’auteur que de l’éditeur, on ne peut permettre de laisser passer de telles absurdités. Depuis quand le pape Innocent III a ordonné l’arrestation des templiers en lieu et place de Clément V ? Cela finit d’achever le semblant de crédibilité que l’on aurait pu trouver. Ne faisons même pas état des innombrables fautes d’orthographe et oubli de lettres au fil des paragraphes.

Malheureusement, les protagonistes ne rattraperont pas le niveau. Au mieux transparent, au pire inutile. On évite de justesse les caricatures tant pour les premiers rôles que pour les secondaires avec des comportements et des réactions discutables pour ne pas dire contradictoires. On a vraiment l’impression que les personnages sont portés par l’histoire au lieu d’influer dessus. Très vite, l’on comprend qu’il n’y aura aucune subtilité dans leurs agissements. Leur caractère étriqué s’exprime uniquement en cas de force majeure. En somme, un panel de sombres individus pas du tout attachants, encore moins marquants.

Au final, ce premier volet de La légende des templiers ne convainc guère. Malgré la thématique principale toujours aussi attrayante, Paul Christopher patauge plus qu’il ne maîtrise son sujet. Incohérences, anachronismes et amalgames douteux s’enchaînent sur un rythme effréné. Énergique et néanmoins peu réaliste dans sa progression, L’épée propose une histoire en dent de scie où se succède péripéties et longueurs via des descriptions beaucoup trop longues pour un thriller. Peu surprenant et respectueux du genre quand on énumère le nombre de tares présentes au fil du roman. Il demeure également des questions en suspens qui, on l’espère, seront éclairées d’une bien meilleure manière dans la suite…

Note : 08/20

Par Dante

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