Mesrine l’Instinct de Mort

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De : Jean-François Richet

Avec Vincent Cassel, Cécile de France, Gérard Depardieu, Gilles Lellouche

Année : 2008

Pays : France, Canada, Italie

Genre : Biopic

Résumé :

Des années 60 à Paris au début des années 70 au Canada, le parcours criminel hors norme d’un petit voyou de Clichy nommé Jacques Mesrine.

Avis :

Des criminels, en France, comme partout ailleurs, il y en a toujours et il y en aura toujours. Leur vie, pour certains, est bien souvent dramatiquement incroyable et passionnante et bon nombre d’adaptations et autres biopics le prouvent. Dans notre pays, il y en a eu un qui pendant presque une vingtaine d’années a défrayé la chronique. Des évasions spectaculaires, des braquages de hauts vols, Jacques Mesrine a fait couler énormément d’encre si bien qu’il fût même considéré comme l’ennemi numéro 1 en France. Très vite, l’homme a construit une légende et un nom dans le crime français, si bien que les réalisateurs n’ont pas tardé à adapter sa vie, ses coups et ses cavales à travers le monde. Le premier datant de 1983, soit quatre ans après sa mort. Et c’est en 2008 que sort, « Mesrine, l’instinct de mort » de Jean-François Richet, premier film sur deux qui est consacré à celui que l’on a pu aussi appeler « Le Robin des bois français »….

Après une escale aux Etats-Unis, histoire de remaker « Assaut » de John Carpenter, le réalisateur Jean-François Richet est de retour chez nous pour un projet des plus ambitieux. Adapter une très grosse partie de la vie de Jacques Mesrine, de retour d’Algérie, à sa mort, exécuté par la police à la porte de Clignancourt . Un travail conséquent que le réalisateur montera en deux films de presque deux heures chacun. Un travail qui sera récompensé par le César du meilleur réalisateur en 2009 et Richet ne l’a pas volé puisque ce premier film comme le deuxième sont de belles réussites.

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De retour de la guerre d’Algérie, Jacques Mesrine est alors une petite frappe. Avec Paul, son pote de toujours, il commence à commettre de petits vols par-ci par-là. Mais celui qui aurait pu être qu’un petit loubard de quartier a de plus grandes ambitions et c’est peu à peu qu’il commence à se faire un nom. Du début des années 60 à celui des années 70, il ne va faire que gravir les échelons de la criminalité. Des braquages de banque aux règlements de comptes, de ses amours à sa cavale au Canada, des prisons aussi, desquelles, il arrivera toujours à s’évader, pendant une dizaine d’années, Mesrine va se bâtir une solide réputation qui va l’amener à être l’ennemi public numéro un sur le territoire français.

Depuis les années 2000, le biopic est un genre à la mode. Si parfois, on a pu se demander l’importance ou encore la pertinence de réaliser tel ou tel film, il y en a d’autres qui sonnent comme des évidences. Faire un film sur la vie haletante de Jacques Mesrine fait assurément partie de la deuxième catégorie. Mais encore faut-il bien l’adapter et ne pas tomber dans la caricature. Combien de films sont tombés dedans lamentablement, alors qu’ils avaient tous les ingrédients pour être terribles ? Je pense comme ça à « Grace de Monaco« , « Sans arme, ni haine, ni violence« , ou encore « Raspoutine » avec Gérard Depardieu, qui est simplement risible. Jean-Francois Richet, lui, a une vision de ce qu’il veut nous raconter de Mesrine et c’est avec plaisir et bonheur que l’on va découvrir un film qui évite avec brio, les lourdeurs, les clichés, la caricature, pour nous proposer un portrait fascinant, quelque part entre machiavélisme et sympathie.

Quand le cinéma français voit grand, cela donne des films réalistes, surprenants, et très souvent qui m’ont scotché à mon fauteuil et c’est le cas ici. Avec « Mesrine« , Jean-François Richet nous livre un premier très bon film de gangster, pile comme on adore en voir. La vie de Mesrine est incroyable, rocambolesque et c’est avec beaucoup de détails que le réalisateur livre un très très bon film qui sera tenir en haleine jusqu’à la fin de sa première partie et la seule envie que l’on aura, ce sera de voir la suite immédiatement.

Le scénario est impeccable, Jean-François Richet nous fait bien rentrer dans la psychologie du personnage. Un personnage fascisant, nuancé, capable du meilleur comme bien souvent du pire. C’est terrible, car malgré les actes affreux que Mesrine commet, le personnage a un très gros capital sympathie et on reste dans l’espoir qu’il s’en sorte, encore et encore pour arriver jusqu’à ce feu-rouge porte de Clignancourt à Paris.

Le film jouit d’une très grande reconstitution d’époque. La vie de Mesrine étant incroyable, Jean-François Richet s’est donné les moyens à la hauteur de la vie du célèbre bandit et c’est dans des époques fabuleuses refaites que le film avance. Tout est bien foutu, tout est beau et bon. Ce premier « Mesrine« , comme le suivant, sent le travail fourni en amont pour nous offrir du grand spectacle. Un spectacle aussi fourni par une belle réalisation. Chacune des périodes de la vie de Mesrine est bien traitée. Le film est fluide et l’on ne s’ennuie pas devant, enchaînant avec souplesse, fusillades, violences, drames, trahisons, évasions spectaculaires, mais aussi moment de bonheur, de joie, des moments simples et vrais qui sonnent justes, comme des vacances où le personnage fait preuve d’une très belle sensibilité et d’un charme fou.

Un fou qui doit tout, absolument tout à l’interprétation de Vincent Cassel, qui, à mes yeux, a trouvé le rôle de sa vie. Cassel est un grand acteur qui tourne assez peu, qui choisit bien ses projets et bien souvent les films dans lesquels il tourne sont de belles réussites, mais jamais je ne l’avais encore vu aussi possédé et imprégné de son personnage. Il est incroyable dans la peau de Mesrine. Il peut être parfaitement charmeur un moment et devenir effrayant, voir même terrifiant l’instant d’après. D’ailleurs, il fut lui aussi récompensé par un César du meilleur acteur pour sa performance et comme pour Richet, il n’a vraiment pas volé sur prix. Pour l’accompagner dans sa métamorphose, c’est une belle partie du gratin du cinéma français qui s’est réuni autour de lui. Le film réunira Gérard Depardieu et Gilles Lellouche dans le rôle des amis. Il offrira un rôle surprenant à Cécile de France, qui jouera la complice et amoureuse un temps de Mesrine. Une Cécile de France à contre-emploi qu’on n’avait encore jamais vu ainsi et elle assure et le couple, un peu comme Bonnie and Clyde, fonctionne très bien. On pourra être aussi touché par la détresse d’Elena Anaya, Florence Thomassin ou encore Michel Duchaussoy et Myriam Boyer, les parents de Mesrine. Jean-François Richet, a vraiment réuni des acteurs impeccables, jusqu’au moindre petit rôle. Chacun est aussi au service de l’histoire et l’ensemble est frémissant.

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Cette première partie sur « Mesrine » est une très belle réussite. Jean-François Richet nous assure un peu moins de deux heures de suspens et de découverte et ça faisait bien longtemps que je n’avais pas vu un aussi bon film de gangsters. Et cette coupure bien trop brutale à mon goût donne simplement envie de voir la suite, Richet a bien réussi son coup …

Note : 16/20

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Par Cinéted

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