octobre 29, 2020

Skip the Use – Little Armageddon

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Avis :

Le rock en France a connu des années difficiles. Entre les frasques de Bertrand Cantat tuant du même coup Noir Désir ou encore l’avènement des BB Brunes asséchant le genre rock pour produire ce qui ne sera qu’un sédiment verdâtre de ce que peut être le rock dans notre beau pays, on peut aisément dire que la guitare a connu des années plus glorieuses en compagnie de Trust ou des beaux jours d’Indochine. Quoi qu’il en soit et quoi qu’on en pense, les années 2010 furent bénéfiques pour le rock français avec deux groupes qui se détachent principalement et qui font cause commune dans le succès et un accès mainstream dans le genre. Bien évidemment, il s’agit de Shaka Ponk et de Skip the Use, deux groupes similaires mais aux influences totalement différentes. Originaire du nord, Skip the Use connait un succès fulgurant dès sa formation en 2008, enchaînant les concerts et les premières parties de luxe (Rage Against the Machine, ce n’est pas n’importe qui !). Après un excellent Can be Late en 2012, montrant que le groupe peut aller du rock en passant par le punk ou le ska, c’est deux ans plus tard que sort Little Armageddon, un album tout aussi réussi !

Le skeud débute avec Second to None et c’est plutôt une bonne réussite. Arpentant le chemin du pur rock n’roll avec une voix un peu plus punk, le groupe entame son album de fort bonne manière, toute guitare dehors, mais en gardant un aspect assez calme, qui ne fait pas forcément honneur aux prestations scéniques du groupe. Néanmoins, le titre est maîtrisé, le refrain est assez puissant et surtout, on sent une réelle progression dans la technicité et le groupe part un peu moins dans tous les sens. 30 Years continue dans la lancée du premier titre avec de l’énergie mais en allant chercher vers quelque chose de plus punk. Les chœurs féminins rajoutent de l’énergie tout en mettant un peu de fraîcheur dans un titre assez sombre. Les guitares sont bien présentes, moins travaillées que dans le premier titre, mais Skip the Use propose tout de même un son pur et très intéressant, en dehors du carcan commercial. Dans le même registre, on peut aussi évoquer Birds are Born to Fly, un titre purement rock, faisant écho aux Smashing Pumpkins ou encore à des groupes plus rock, comme Pixies par exemple. C’est bien foutu et assez accrocheur. Little Armageddon est aussi un excellent morceau, plus décousu, mais terriblement bien foutu et avec d’excellents riffs bien accrocheurs. Le refrain rentre d’ailleurs très vite en tête et on se surprendra plus d’une fois à chanter ce moment. Enfin, difficile de passer à côté de l’excellent Gone Away, qui est certainement le meilleur titre du skeud allant chercher des riffs vers le hard rock et même le métal, montrant que Matt Bastard possède une voix qui peut aussi partir vers l’éraillé, voire le quasi growl (mais il ne faut pas être difficile).

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Mais tout n’est pas rose dans cet album et certains morceaux sont plus faiblards que d’autres. Le plus drôle, c’est que parmi les titres les moins réussis, on retrouve toujours les morceaux les plus longs. Ainsi, Nameless World, le titre choisi pour vendre le disque est l’un de ceux qui semble être le moins prenant. Entre une électro pop et quelques moments de ska, on ne peut pas dire que le morceau soit enivrant, nerveux ou énergique. C’est assez dommage d’ailleurs car cela permet tout de même de voir que le groupe peut aller chercher ailleurs que le rock ou le punk. Ce titre-ci est mignon, mais il n’est pas très convaincant en termes de technicité. On peut aussi citer The Taste, un titre peu convaincant et très long, qui essaye de faire dans le sentiment, mais le groupe propose quelque chose de fade et très vte oubliable. On peut aussi évoquer des morceaux assez transparents comme Lust for You, The Story of Gods and Men ou encore No Hero, disponible dans la version collector. Enfin, difficile de ne pas parler du titre Etre Heureux, car c’est le seul titre en français du skeud. Voulant encore une fois faire dans les sentiments et le touchant, le groupe y parvient bien mieux que sur le morceau The Taste. Le côté acoustique est efficace et les paroles ont un vrai sens qui touche.

Au final, Little Armageddon, le troisième opus de Skip the Use, est un très bon album qui allie efficacement rock, punk et parfois ska. Si certains titres sont bien moins mémorisables que d’autres ou tout du moins, moins efficaces, l’album, dans son entièreté, est plutôt bon et montre que le groupe français peut aussi bien faire du rock que des morceaux encore plus pêchus. Il est juste dommage que seuls les titres courts soient les plus intéressants.

  1. Second to None
  2. 30 Years
  3. Nameless World
  4. The Taste
  5. Birds are Born to Fly
  6. The Wrong Man
  7. The Story of Gods and Men
  8. Little Armageddon
  9. Gone Away
  10. Etre Heureux
  11. Lust for You
  12. We Are Bastards
  13. Hollywood
  14. No Hero
  15. In for the Kill

Note: 15/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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