La Forêt d’Emeraude

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Titre Original : The Emerald Forest

De : John Boorman

Avec Powers Boothe, Meg Foster, Charley Boorman, Dira Paes

Année: 1985

Pays: Angleterre

Genre: Aventure

Résumé:

Alors qu’il construit un immense barrage, un ingénieur perd son fils en pleine jungle amazonienne. Après dix ans de recherches, il apprend qu’un jeune Blanc vit au milieu d’une tribu d’Indiens, les « Invisibles ». Il part à sa rencontre.

Avis :

John Boorman, cinéaste britannique, a une carrière cinématographique des plus riches et importantes du cinéma contemporain. Mais à la différence d’un Spielberg ou un Scorsese, John Boorman est plus discret et presque oublié pour beaucoup de jeunes cinéphiles. Moi-même, c’est un réalisateur que je connais mal et c’est dommage, car ses films valent sacrément le détour. Alors aujourd’hui, j’ai envie de m’arrêter sur cette « Forêt d’émeraude« , immense film que Boorman a tourné au Brésil.

« La forêt d’émeraude« , un film de légende à la réputation en or. J’en gardais peu de souvenirs et j’ai décidé de me relancer dans ce que je vais redécouvrir avec mes yeux d’adulte comme un chef d’œuvre incroyable. Fable écologique, ce film est inspiré d’un fait réel et le moins que l’on puisse dire, hormis le fait que le film soit fait fabuleux, c’est que même avec les années qui passent, il reste toujours d’actualité et donne à réfléchir.

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Bill Markham a décroché le contrat de sa vie. Il doit construire un immense barrage en Amazonie. Alors qu’un matin, il se rend avec sa femme et son fils sur le chantier, son fils lui est enlevé et le seul indice qui est laissé derrière lui, c’est une flèche d’une tribu indienne appelée les invisibles. Bill ne va alors avoir de cesse de chercher son fils, mais rien n’y fait. Pendant dix ans, il va le chercher sans relâche, apprenant les langues indiennes, parcourant la forêt amazonienne dès qu’il a du temps de libre. Sa quête n’aura aucune fin tant qu’il n’aura pas retrouvé Tom.

Le film se base donc sur un scénario solide qui pousse à la réflexion, John Boorman nous livre avec « La forêt d’émeraude » une œuvre sublime, forte et surtout indémodable. John Boorman pose une juste réflexion sur la place des hommes dans la société, mais aussi la place de l’homme face à la nature. Sur une histoire aussi prenante qu’elle est bouleversante, le réalisateur va construire un film passionnant et superbement filmé.

Dans un premier temps, le réalisateur nous livre la quête d’un père prêt à tout pour retrouver son fils kidnappé par une tribu indienne réputée introuvable. L’enquête que mène cet homme est passionnante et m’a beaucoup touchée, surtout dans la deuxième partie où les événements se précipitent et il va devoir faire des choses assez difficiles pour le bien de son enfant. Car bien sûr, il va le trouver, mais comment déraciner un enfant qui n’est plus le sien ? Et c’est avec un regard triste, mélancolique même, mais sans haine, sans jugement que le réalisateur répond à cette question. Les relations père/fils sont alors très bien traitées. C’est « dur », mais juste.

Dans un autre temps, le film sera la confrontation de deux cultures. Celle de l’homme blanc, envieux, avide de pouvoir, qui se croit tout permis et celle des Indiens. Des gens simples, vivant reclus, abrités derrière la cime des arbres. Et c’est de l’intérieur que l’on va découvrir le quotidien, les coutumes et autres traditions des différents peuples. Un regard que j’ai trouvé magique. John Boorman a su capter quelque chose de très authentique chez ce peuple. Le film est particulièrement beau dans ces moments passés avec la tribu des invisibles. Le film est très immersif, et l’ambiance que Boorman installe est une petite perle à elle seule, surtout dans ces moments-là.

Enfin dans un troisième temps, John Boorman livre entre les lignes un message qui reste encore, trente ans après la sortie du film, malheureusement encore d’actualité. C’est à force de beauté, de subtilité et d’implication que le réalisateur aborde la nature et la considération de l’homme pour cette dernière. Sans vraiment juger les hommes, c’est un constat que fait ici John Boorman. Un constat qui évidemment révolte et fait réfléchir.

En plus d’être dans la réflexion, le film est aussi incroyable dans sa forme. « La forêt d’émeraude » est visuellement incroyable. Le réalisateur nous offre des plans et des scènes de toute beauté. J’ai adoré la façon qu’il a de filmer la nature, j’ai trouvé les scènes de fête ou de coutume passionnantes que ce soit dans leurs ambiances, dans leurs couleurs, mais aussi les décors, les costumes, le maquillage. Alors même qu’il ne se passe pas grand-chose, John Boorman et ses acteurs nous donnent envie d’en savoir toujours plus. Puis, le réalisateur a parfaitement su capter et rendre au plus juste ces instants magiques et le film aurait parfaitement pu durer des heures que le résultat aurait été le même. Et ce qui est encore plus génial, c’est que l’on va passer beaucoup de temps chez les indiens à les regarder vivre, et à aucun moment John Boorman ne tombe dans le piège du documentaire. Quand on suit le film, il y a toujours quelque chose d’intéressant à découvrir. C’est vraiment très bien scénarisé.

Et pour finir, j’aimerais parler des comédiens de ce film. Pas Powers Boothe ou Charley Boorman (qui est bien le fils de John Boorman) qui sont comme vous pouvez l’imaginer très, très bons dans leurs rôles respectifs. Non, j’aimerais mettre en lumière tous les comédiens qui jouent les indiens des différentes tribus. Chaque comédien est tout simplement possédé par leur rôle, même le moindre figurant a l’air parfaitement à sa place. Ils sont tous magiques, comme si le réalisateur avait filmé son film dans une véritable tribu. Un film qui malgré le temps qui défile n’a pas pris une seule ride.

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C’est donc un beau et grand chef d’œuvre que John Boorman réalisa en 1985. C’est un film intemporel, qui n’a pas fini de traverser les époques. Avec ce film, John Boorman a réussi tout ce qu’il a entrepris et à aucun moment on ne s’ennuie, et l’on ne peut douter de la sincérité du réalisateur et de son message. Bref, un film incontournable à voir ou découvrir d’urgence.

Note : 20/20

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Par Cinéted

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