Archive – Restriction

20874

Avis :

Le changement de style dans un groupe est finalement monnaie courante. Si certains groupes se contentent de faire les mêmes recettes du début à la fin de leur carrière, il arrive que d’autres formations soient plus hybrides et s’essayent à différents styles. On peut parler de Papa Roach qui est passé du Nu Métal au Rock Alternatif ou encore de Linkin Park qui est passé d’un métal industriel à de l’électro bas de gamme. Pour Archive, le cas est assez différent. Cela fait maintenant plus de vingt ans que le groupe fonctionne comme un atome avec un noyau dur et des électrons qui gravitent au fil des albums. D’abord reconnu comme groupe de rap et de trip-hop avec leur premier album Londinium, puis comme pop/trip-hop avec le deuxième, le groupe va partir par la suite dans un rock progressif qui va déstabiliser les fans de la première heure. Et Archive ne cesse de changer de style au grès des chanteurs qu’il recrute ou qu’il renvoie alternant avec de jolies voix féminines et des rappeurs. C’est début 2015 que sort Restriction, un album hybride, difficile d’accès et qui n’est surement pas le meilleur album par lequel commencer, car au final, peu de choses sont à retenir sur ce skeud assez décevant.

Le skeud commence avec Feel It et de suite on sent que l’on n’écoute pas un album comme les autres. Entre une guitare discrète qui ne demande qu’à partir, une batterie timide et une voix très particulière au chant, le début est assez surprenant et curieux. Par la suite, ça part un peu en couilles en criant un Feel It et avec une guitare presque pénible dans un rythme endiablé. Bizarre est le mot qui conviendrait le mieux à ce titre qui entame un album hybride des plus surprenants, surement trop. Au rayon des titres pénibles et louches, on retrouve Restriction, où le chanteur s’amuse à répéter de manière inlassable des phrases et c’est relativement chiant. Hésitant entre l’électro et le pseudo rock, le groupe ne parviendra jamais à trouver le bon équilibre. Et ce sera pareil pour Kid Corner, titre quasiment exclusivement électro avec, heureusement, une chanteuse qui possède une jolie voix. Néanmoins, l’impression de vide intersidéral au sein de la sonorité du titre se fait sentir et le titre en devient inutile et très chiant (mais moins que Restriction, le morceau précédent). Mais le pire dans tout ça, c’est que l’on sent un gros potentiel au sein du groupe, et ils l’ont déjà prouvé auparavant, se faisant une solide réputation, mais certains titres sont juste imbuvables, à l’image de Third Quarter Storm, qui démarre comme une petite mélodie anglaise pour partir vers un électro dégueulasse et sans âme, le tout en plus de cinq minutes, histoire de bien foutre les boules à celui qui écoute. Alors certes, il y a une petite ambiance froide qui se dégage de la musique, un peu comme l’annonce la jaquette, mais rien de bien transcendant. On pourrait allonger la liste des titres pénibles et inutiles à l’image de Riding in Squares qui dépasse les six minutes, devenant alors un chemin de croix ou encore Ruination qui est un poil plus dynamique que le reste du skeud mais qui reste anecdotique.

Unknown-51

Néanmoins, il faudrait sourd pour ne pas trouver de bons morceaux dans cet album. Ils sont au nombre de deux, ce qui est assez faible, mais ils sont touchants, d’une grande beauté et d’une grande pureté. Ce sera d’ailleurs les deux seuls morceaux du skeud à avoir un semblant de sentiment et à entrer dans le thème de la glace et du froid. End of Our Days est un morceau magnifique, porté par une voix angélique. C’est doux, l’ajout de chœurs féminins derrière rajoute un sentiment de pureté et l’ensemble est vraiment très fort et prenant. D’ailleurs, en fermant les yeux, on peut partir très loin et ne pas se rendre compte du temps qu’il passe. L’autre morceau vraiment très bon du skeud est Half Built Houses, avec la même chanteuse. Délaissant un peu l’électro pour quelques lignes de guitare juste parfaites, on atteint des sommets de douceur et encore une fois, le titre nous fait partir très loin juste avec la pureté de la voix de cette chanteuse et e petit piano qui vient mettre sa pierre à l’édifice pour un grand morceau. Enfin, dans une moindre mesure, on peut parler de Black and Blue qui pourrait se retrouver sans problème dans une BO de James Bond et qui est fortement sympathique sans pour autant atteindre les pics de douceur des titres précédemment cités.

Au final, Restriction, le dernier album d’Archive, n’est franchement pas terrible et se contente d’un minimum syndical. A force de mélanger les genres, le groupe a fini par se perdre dans un conglomérat de styles, n’arrivant jamais à imposer une marque précise et accrocheuse. Un skeud obscur mais qui vaut le détour pour ces deux/trois titres calmes aux voix féminines et qui sont d’un très bel effet.

  1. Feel It
  2. Restriction
  3. Kid Corner
  4. End of Our Days
  5. Third Quarter Storm
  6. Half Built Houses
  7. Riding in Squares
  8. Ruination
  9. Crushed
  10. Black and Blue
  11. Greater Goodbye
  12. Ladders

Note : 08/20

Image de prévisualisation YouTube

Par AqME

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Facebook : Lavisqteam.fr – Contact: lavisqteam@laposte.net