octobre 26, 2020

Pride!

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De : Matthew Warchus

Avec Bill Nighy, Imelda Staunton, Paddy Considine, Dominic West

Année: 2014

Pays: Angleterre

Genre: Comédie

Résumé:

Eté 1984 – Alors que Margaret Thatcher est au pouvoir, le Syndicat National des Mineurs vote la grève. Lors de leur marche à Londres, un groupe d’activistes gay et lesbien décide de récolter de l’argent pour venir en aide aux familles des mineurs. Mais l’Union Nationale des Mineurs semble embarrassée de recevoir leur aide. Le groupe d’activistes ne se décourage pas. Après avoir repéré un village minier au fin fond du pays de Galles, ils embarquent à bord d’un minibus pour aller remettre l’argent aux ouvriers en mains propres. Ainsi débute l’histoire extraordinaire de deux communautés que tout oppose qui s’unissent pour défendre la même cause.

Avis :

Matthew Warchus est un réalisateur anglais presque inconnu. Je dis presque inconnu, car « Pride » n’est pas son premier film. Sa première œuvre date de 1999 et s’appelle « Simpatico« , film on ne peut plus oubliable qui mettait pourtant en vedette un trio qui promettait beaucoup, Sharon Stone, Nick Nolte et Jeff Bridges. Il faudrait que je le revoie car j’en garde un assez mauvais souvenir. Bref, le réalisateur aura donc mis une quinzaine d’années avant de nous revenir. Et quel retour puisqu’il nous revient avec « Pride« , La belle surprise de la rentrée 2014.

Y-a-t-il mieux que le cinéma britannique ? Je finis par me poser la question, tant nos amis anglais sont capables de surprendre, de m’émerveiller et me bouleverser avec des films aux histoires aussi simples qu’elles sonnent juste. Comédie sociale à l’histoire pratiquement incroyable, « Pride » est un vent de folie, d’émotion et surtout une superbe leçon de tolérance. On rit, on pleure, on est ému et même bouleversé tout en profitant un maximum. En fait, « Pride« , c’est une comédie sociale qui fait du bien !

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1984, L’Angleterre s’apprête à vivre l’un des mouvements les plus engagés et longs de son histoire. Les employés des mines trouvant leurs conditions de travail injustes entrent dans un mouvement de grève. Une grève qui va se prolonger sur une année complète. Mais une grève si longue nécessite de l’aide et c’est avec la plus grande des surprises qu’ils vont recevoir l’aide d’une communauté à laquelle ils n’auraient jamais pensé, les homosexuels. Marc, un jeune homme gay, voit dans le combat des mineurs et la façon dont ils sont traités par la police, le même combat que le sien. Avec des potes, il crée l’association des gays et lesbiennes en soutien aux mineurs. Cette petite association va alors soulever des montagnes pour sa cause, tout en essayant de se faire accepter des mineurs qui voient bien souvent en eux, que des folles tordues et des pervers, et c’est à force de persévérance et de courage qu’au final, ils vont changer bien des regards.

Pile dans la tradition des films Britishs que j’aime tant, on peut même dire que hormis, la Reine, The Who, le thé et « Doctor Who« , on ne trouve rien de plus anglais que « Pride« . Cette comédie sociale va s’avérer être la touche de fraîcheur de votre soirée. Entre rire et émotion, c’est un excellent moment de cinéma que vous devriez passer, rythmé aux sons des années 80. La BO, c’est un peu la culture pop anglaise à elle seule avec au programme Les Pet Shop Boys, Culture Club, Queen, Bananarama, Heaven 17, Joy Division et j’en passe tant la bande-son du film est riche en très bons titres. Une BO qui donne bien le ton du film d’ailleurs.

Avec son scénario d’une très belle richesse, c’est avec humour et sérieux à la fois que « Pride » va vous faire découvrir un fait improbable d’entraide qui a vraiment eu lieu. Ce qui donne au film un côté très historique et instructif sur les mœurs, les valeurs et l’état d’esprit à cette époque pas si éloignée de nous. Le réalisateur traite avec intelligence et sans cliché, ce moment crucial dans cette lutte. Le film mélangera d’ailleurs les deux luttes, pour mieux les confondre et nous montrer le même combat au quotidien de gens qui ne sont pas si différents que ça. Mais le scénario ne s’arrête pas là, puisqu’il va plus loin en développant beaucoup d’autres choses. De l’apparition du Sida aux mentalités, de l’amour à la famille, de l’acceptation de soi-même, mais aussi le regard des autres, le film traite avec humour et respect tout un tas de thèmes et sera vous faire rire, puis d’un coup vous bouleverser. Le film possède une multitude de personnages et prend le temps en deux heures de tous les creuser un peu. Chacun d’eux aura plus ou moins sa petite histoire, son petit défi, son petit combat et tous sans exception sont passionnants, même si bien sûr, on aura nos préférés. Personnellement, j’ai trouvé l’histoire d’Andrew Scott bouleversante. Elle m’a beaucoup touchée et m’a renvoyée à moi-même et à la chance que j’ai, mais bon là ça devient un peu plus perso.

Vous l’aurez compris, j’ai adoré ce film. « Pride« , c’est un film engagé qui a le mérite d’aller au bout de son propos en peignant le portrait de plusieurs communautés différentes qui vont apprendre à se connaître et s’accepter. Mais, malgré le sujet lourd et sensible, le réalisateur n’a pas voulu faire un drame, et c’est donc avec bonheur que l’on découvre une comédie irrésistible très bien dosée en humour, comme seuls les britanniques ont le secret. Quand on regarde « Pride« , on sent un élan de liberté. En plus d’être touchant, « Pride » saura nous faire rire avec des gags, des scènes et des dialogues pointus, bien trouvés et toujours justes. Les rebondissements et autres coups de théâtre sont géniaux. C’est excellent, et comme le film est bourré d’énergie positive, il est passé à une sacrée vitesse, que c’en est même frustrant. « Pride« , c’est tout à fait le genre de film que je n’avais pas envie de voir se finir, tant c’était trop bon.

En plus de ça, l’histoire est servie par une flambée de comédiens tous plus talentueux les uns que les autres. Que ce soit les confirmés comme Imelda Staunton qui est hilarante, Bill Nighy très sympathique, Andrew Scott qui est franchement bouleversant , Paddy Considine drôle et décomplexé, Russell Tovey touchant en une seule scène, ou encore Dominic West qui est tout simplement parfait en gay un peu folle, qui d’ailleurs se lance dans un sacré numéro de danse, ou encore la jeune génération, qui sont presque tous de petites découvertes (Ben Schnetzer, George Mackay, Faye Marsay, Freddie Fox, Jessie Cave). Le cinéma anglais est bourré de surprises et de talents.

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Matthew Warchus a réalisé une petite perle bourrée d’humour et d’irrévérence. C’est un film qui passe par-dessus les préjugés pour viser la solidarité. Il nous raconte une histoire touchante et amusante. Une histoire emportée et soutenue par des personnages attachants, qu’on va aimer, même les plus cons. J’ai passé un trop bon moment devant ce film et c’est avec un grand plaisir, que je le conseille à tous ! « Pride« , c’est un rayon de bonheur ! Des films comme celui-ci, j’en veux plus et j’espère ne pas attendre quinze ans pour revoir un autre film signé Matthew Warchus.

Note : 18/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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