octobre 29, 2020

Combien tu m’Aimes?

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De : Bertrand Blier

Avec Monica Bellucci, Gérard Depardieu, Bernard Campan, Jean-Pierre Darroussin

Année : 2005

Pays : France

Genre : Comédie

Résumé :

Dans le Pigalle des boîtes de nuit, la Beauté professionnelle, c’est Daniela. Quand le client la voit, il a le souffle coupé.
Le client vient de gagner gros au loto. C’est François. Il demande à Daniela « Combien tu prends ? » et lui propose immédiatement de devenir sa femme. Elle accepte…
Mais on ne quitte pas comme ça Charly et le monde de la nuit…

Avis :

Bertrand Blier, avec Jean-Pierre Mocky, est peut-être le réalisateur français qui manie l’humour noir à la perfection. Cela fait presque quarante ans maintenant que ses œuvres bousculent le cinéma français avec un ton résolument décalé, jouant avec l’absurde, et ses films sont autant d’ovnis hilarants. A force d’un style qui lui est propre, Bertrand Blier s’impose comme l’un des incontournables et immanquables de notre culture et des œuvres comme « Les valseuses« , « Calmos » ou encore « Buffet froid » font partie du panthéon du cinéma français.

Dans sa belle filmographie, en 2005, le cinéaste est venu nous présenter un conte sur l’amour. Une belle histoire, drôle et étrange à la fois, qui sans être sa meilleure œuvre, a le goût sympa d’un Blier et c’est avec curiosité, délicatesse et sourire que j’ai découvert ce film assez différent de tout ce que j’ai pu voir pour l’instant du réalisateur. Un film simple et qui pourtant s’inscrit bien dans la filmographie de cet homme hors-norme.

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 » – Bonsoir.

– Combien tu prends ?

– 150 euros. »

Ça, ce sont les premiers mots qu’ont échangé Daniela et François. Une nuit, à Pigalle, dans une bar à « professionnelle », François vient de gagner au loto et il en a marre d’être seul. Alors il est venu chercher une femme, belle, pulpeuse, qui pourrait le combler physiquement et peut être l’aimer. Quand son regard se pose sur Daniela, il en a le souffle coupé. Elle est tout ce qu’il désire. Alors il lui propose cent mille euros par mois, jusqu’à ce qu’il n’ait plus rien pour vivre avec lui. Daniela accepte bien sûr. Aucun d’eux ne sait que leur vie est sur le point de prendre une nouvelle direction.

Quand Bertrand Blier décide de filmer une histoire d’amour, bien sûr, il ne peut pas faire comme tout le monde et il arrive en cette année 2005, avec « Combien tu m’aimes ? « , un film pour le moins étrange, déroutant même, mais qui n’est pas dénué de charme.

« Combien tu m’aimes ?  » est une comédie quelque peu irréelle qui a de faux airs de pièce de théâtre. L’histoire que nous a écrite Bertrand Blier est excellente et change de ce qu’on a l’habitude de voir. Ici, on a affaire à un pauvre type, genre monsieur tout le monde qui va essayer de séduire l’une des plus belles femmes qui soit. Si le film commence avec l’appât du gain, l’écriture hors-pair de M. Blier fera tout le reste et le film basculera de plus en plus dans la remise en question. J’aime beaucoup comment le réalisateur fait rebondir les sentiments de ce couple. C’est drôle, fin, et puis les dialogues qu’on aime tant de Blier font mouche. C’est souvent cru, parfois complément absurde, mais ça fonctionne tout le temps, même avec le côté théâtral de l’œuvre. J’ai retrouvé avec ce film le côté assez misogyne qui m’avait fait rire dans « Calmos« . Inutile de dire que c’est de l’humour et que bien entendu, il faut prendre ce côté-là au deuxième, voire même troisième degré pour s’amuser devant. Le personnage de Daniela étant une caricature avec laquelle le réalisateur s’amuse. Je précise cela, car beaucoup de gens n’aime pas ce film à cause de ça. Donc je préfère prévenir pour les plus « sensibles » on va dire. Surtout qu’entre les lignes, « Combien tu m’aimes ? » est un film plus sensible qu’il n’en a l’air qui traite de la solitude et du désespoir. Un homme solitaire qui est prêt à payer très cher en espérant trouver l’amour. Une femme lassée de la vie, va réapprendre à vivre « normalement » auprès de cet homme. Le couple dans son plaisir, dans sa folie, dans sa manière de se tourner autour, dans ce problème posé par l’argent, est assez touchant en fait et le final sera vraiment bien vu.

La grande force de ce film, hormis les dialogues géniaux, c’est la façon dont Bertrand Blier filme Monica Bellucci. Femme fatale, il la sublime à chaque plan, incroyable de beauté, rarement même elle n’aura été aussi bien filmée dans un film. C’est sans vulgarité et avec une certaine pudeur qu’il lui confie le rôle d’une pute devant laquelle les hommes fondent. Monica Bellucci prouve ici qu’elle n’est pas seulement un physique. Elle est assez surprenante dans ce rôle et démontre qu’elle a du talent, qu’elle est capable de faire rire, surtout quand elle fait des caprices, et est même capable de toucher, quand elle ouvre les yeux sur ce monsieur tout le monde dont elle est en train de se laisser séduire. Un monsieur tout le monde bien campé par Bernard Campan. On comptera aussi sur les participations de Farida Rahouadj qui se lance dans un numéro orgasmique hilarant. Et aussi entre autres, Jean-Pierre Darroussin, Gérard Depardieu, Michel Vuillermoz ou Edouard Baer qui s’en donne à cœur joie avec les dialogues de maître Blier.

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« Combien tu m’aimes ? » n’est donc pas le meilleur que j’ai pu voir du réalisateur et malgré tout le bien que j’en dis, il a quand même quelques faiblesses. Je trouve par exemple qu’après la scène d’ouverture, qui est un petit chef d’œuvre à elle seule, le film mettra du temps à se mettre en place et trouver son rythme. Même si Jean-Pierre Darroussin est très beau, son « histoire » m’ennuie un peu, mais le reste du film est bon et c’est avec délice que je trouve ce film drôle et tendre en même temps. Un film qui ressemble à un joli conte « miso » d’amour. Un film qui reste tout de même à découvrir pour ses dialogues, la séquence de Farida Rahouadj, ainsi que pour Monica Bellucci qui est étonnante.

Note : 14/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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