Le Soufflevent

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Auteurs : Andoryss et Xavier Collette

Editeur : Delcourt

Genre : Fantastique

Résumé :

Sacha, jeune pilote de la ligne d’Aéropostal New Pearl – Alexandrie, découvre deux passagers clandestins : une jeune fille nommée Coline accompagnée de Typhon, son chat ailé. Et comme une nouvelle ne vient jamais seule, les voici traqués par des dirigeables militaires. Pour les sauver, Coline utilise un étrange objet : Le Soufflevent.

Avis :

La littérature, quelque que soit sa forme, possède une force que le cinéma n’a pas, celle de produire des histoires qui n’ont pas de limites imaginatives. Dans le cinéma, il doit y avoir des exigences d’ordre techniques pour réaliser certains univers ou certains effets et, à la rigueur, on peut dire que le cinéma d’animation se rapproche de la littérature. Mais dans la littérature, la seule limite est la compréhension du cerveau du lecteur. En ce sens, on a droit à des univers bien barrés, parfois bien trash, quelques fois sublimes et parfois totalement novateurs. Le Soufflevent, sous ses aspects de littérature pour jeunesse, recèle une histoire qui s’annonce sympathique et qui pioche un peu à tous les râteliers, essayant d’esquisser les contours d’un univers intéressant. Sans être révolutionnaire, la série s’annonce relevée, plaisante et proposant un design qui colle parfaitement à l’environnement.

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Dès le départ, on entre dans le vif du sujet et on capte rapidement dans quel univers on se dirige. Un pilote de l’aéropostale arrive à un point de relais avec à son bord deux passagers clandestins, une jeune fille qui répond au joli nom de Colline et un chat ailé se nommant Typhon. Sacha, qui doit alors prendre le relais accepte de les aider à contrecœur. C’est alors que son avion est pris en chasse par les militaires. Colline explique alors que son père était un généticien de génie et qu’il a inventé un être capable de créer des tempêtes ou de dégager les nuages. Très puissant, seule Colline parvient à le maîtriser, mais l’armée veut mettre la main dessus pour l’utiliser comme arme. Elle doit alors se rendre à Nem Pearl pour déposer le brevet de l’invention et ainsi empêcher l’armée de faire main basse dessus.

La première chose qui frappe quand on ouvre Le Soufflevent, c’est le vent de liberté qui souffle au travers des pages. Les décors sont sublimes, on évolue surtout dans les airs et on comprend très vite que le monde se centre dans la conquête des airs. Entre les rochers qui volent et leurs formes, on a tendance à se croire dans Chasseurs de Dragons, mais la comparaison s’arrête là. Bien plus adulte et chatoyant, la BD se dirige plus vers quelque chose de lunaire et d’âpre au niveau de l’histoire. D’ailleurs, certains passages sont assez durs et quelques révélations vont faire tomber de haut certains personnages. En un sens, c’est plutôt bien pensé et bien vu, mais le seul problème, c’est que la nature de Colline se devine assez vite, notamment à cause d’une narration un peu maladroite concernant son chat et elle. Néanmoins, rien de bien méchant, car le tout se laisse lire avec plaisir.

Le problème va se situer aussi au niveau de certaines planches. Il y a un vrai effort apporté à Typhon, le chat volant (parce que les chats ça fait toujours vendre et que ça pète la classe), mais parfois, les autres personnages, comme Sacha ou Colline ne bénéficient pas du même traitement de faveur. Si certains plans sont sublimes, d’autres dessins sont assez limites et c’est bien dommage. Fort heureusement, les bâtiments volants sont magnifiques et on sent une réelle perspective de liberté dans les décors et c’est bien là l’essentiel. Mais du coup, entre des personnages parfois un peu enfantins (la gueule des pirates) et des décors enivrants, il y a une certaine dissemblance et cela peut-être assez gênant. Néanmoins, pour les amateurs de jeu de société (Seasons en tête), les graphismes de Xavier Collette ne vous seront pas inconnus et c’est tout de même du grand art.

Enfin, histoire de râler encore un peu, l’histoire est assez convenue pour l’instant. L’intrigue est cousue de fil blanc, mais comme il reste encore deux tomes à sortir, Andoryss a encore le temps de prévoir des retournements intéressants. Reste la love story téléphonée entre Sacha et Colline, qui est superflu et qui n’apporte pas forcément grand-chose au récit, se sentant comme dans un Disney, obligeant le bougonnant à se taper la belle pour devenir un prince charmant.

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Au final, Le Soufflevent est pour l’instant une série plaisante et bien amenée. Avec un récit rapide et bien ventilé, des dessins très beaux faisant la part belle aux grands espaces et à la liberté et une histoire qui a du potentiel, on est face à une série qui s’adresse tout d’abord aux jeunes adolescents mais qui peut convenir aux adultes fans de BD. Rien de révolutionnaire, mais une bonne lecture aux couleurs vives.

Note : 14/20

Par AqME

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