octobre 28, 2020

Into the Woods, Promenons-Nous dans les Bois

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Titre Original : Into the Woods

De : Rob Marshall

Avec Meryl Streep, Emily Blunt, James Corden, Chris Pine, Anna Kendrick

Année: 2015

Pays: Etats-Unis

Genre: Comédie Musicale

Résumé :

Les intrigues de plusieurs contes de fées bien connues se croisent afin d’explorer les désirs, les rêves et les quêtes de tous les personnages. Cendrillon, le Petit Chaperon rouge, Jack et le haricot magique et Raiponce, tous sont réunis dans un récit où interviennent également un boulanger et sa femme qui espèrent fonder une famille, mais à qui une sorcière a jeté un mauvais sort…

Avis :

Créé en 1923 par Walt Disney, The Walt Disney Company est devenu en 2012 la plus grande entreprise de divertissement au monde. C’est d’ailleurs pour cela que l’on retrouve le logo aux grandes oreilles un peu partout, que ce soit dans les médias, à la télé, au cinéma, en musique ou encore en littérature et dans le tourisme. Et qui n’a jamais vu un Disney ou est allé au parc d’attraction formaté pour pousser le pauvre hère à dépenser des sous sans compter ? Quoiqu’il en soit, la firme est en train de manger tout le monde tout cru notamment avec de gros rachats comme Pixar en 2006, Marvel en 2009 et Lucasfilms en 2012.

Dans ses débuts, la firme connait le succès avec Mickey Mouse dès 1928 et c’est en 1937 que sort Blanche-Neige et les Sept Nains, premier long-métrage de la firme qui aura un succès retentissant. Empruntant très souvent aux contes traditionnels que nous ont servis les frère Grimm ou encore Charles Perrault, Disney a su, au fil du temps, proposer des dessins animés de qualité, remettant au gout du jour certaines histoires devenues moins populaires, un peu comme Raiponce. Et le fond de commerce ne s’arrêtera pas là, puisque c’est cette année que Disney a décidé de sortir un film où tous les contes les plus connus se mélangent au sein d’une même forêt pour une comédie musicale prometteuse, mais relativement décevante.

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Le boulanger et sa femme rêve d’avoir un enfant. Mais ils apprennent qu’une sorcière a jeté un sort à la famille et que pour avoir un enfant, le boulanger devra réunir quatre ingrédients (une vache blanche, un chaperon rouge, un soulier d’or et des cheveux couleur maïs) avant trois nuits. Il part alors avec sa femme dans la forêt avec le fol espoir de trouver cela. Et cela tombe plutôt bien car Jack part dans la forêt vendre sa vache blanche, le Petit Chaperon Rouge doit amener des gâteaux à sa Mère-Grand et Cendrillon part aux festivités organisées par le Prince Charmant. Quant à Raiponce, elle s’emmerde sec dans sa tour, prisonnière de la sorcière.

Qui dit Disney, dit forcément chanson, et avec Into the Woods, on sera plus que gâtés, frôlant parfois l’overdose. Il s’agit d’une comédie musicale et d’entrée de jeu on nous impose une chanson d’une longueur incroyable où tous les personnages sont présentés. Bien entendu, on sait à quoi s’attendre, mais depuis l’explosion du film Les Misérables, la comédie musicale sur grand écran devient monnaie courante. Rob Marshall, réalisateur du film, est d’ailleurs un spécialiste du genre puisque c’est à lui que l’on doit Nine et Chicago. Seulement, pour faire une bonne comédie musicale, il faut trois choses.

Premièrement, il faut des personnages intéressants ainsi qu’une ambiance forte. Avec ses affiches et la tronche de Meryl Streep ainsi que son titre, on aurait pu croire que le film fasse peur, ou tout du moins qu’il possède une ambiance brumeuse et parfois angoissante. De ce côté-là, c’est la douche froide car le film ne dégagera aucune aura. Les bois ne sont pas bien filmés, on ne ressentira pas vraiment d’ambiance, ou tout du moins, le ton des chansons est presque contradictoire avec l’ambiance recherchée. Du coup, on est dans quelque chose d’aseptisé, mais qui en plus n’a pas vraiment de personnalité et c’est dommage, car il y avait matière à faire. Surtout que les contes utilisés, dans leur version originale, possèdent tous des moments flippants voire gores. Au niveau des personnages, c’est un peu pareil. Ils sont tellement nombreux qu’ils sont à peine esquissés ou ne possèdent pas un background suffisamment développé comme le Boulanger, fade au possible. Et on ne peut pas blâmer les acteurs qui font de leur mieux, notamment la sublime Emily Blunt qui tire son épingle du jeu, mais les personnages restent anecdotiques. Et puis faut voir le rôle de Raiponce qui ne sert à rien !

Ensuite pour faire une bonne comédie musicale, il faut des chansons qui marquent, qui restent en tête. Et c’est souvent le cas avec les Disney. Qui ne connait pas Hakuna Matata, ou la chanson des nains dans Blanche-Neige ou encore ce putain de Délivré/Libéré de la Reine des Neiges qui semble capable de péter toutes les fenêtres d’une maison. Avec Into the Woods, aucune chanson n’est marquante ou reste en tête. Pour preuve, j’ai vu le film dans l’après-midi et je n’ai retenu strictement aucun titre. Alors certes, parfois ça sert le propos, mais très souvent c’est anecdotique et ça ne sert à rien, hormis définir les sentiments des personnages ou leurs choix, choses que l’on peut deviner sans peine sans chanson. Surtout qu’à la longue, ça en devient carrément pénible.

Enfin, pour parfaire une bonne comédie musicale, il faut une histoire qui tienne la route et des évènements intéressants. Et là, le film pêche énormément. Avec la pléthore de personnages, il était difficile de faire une histoire solide. Non seulement la forêt semble toute riquiqui puisque tous les personnages se retrouvent tout le temps au même endroit, mais en plus de cela certaines situations sont totalement ubuesques, à l’image du Prince Charmant qui embrasse la femme du boulanger alors qu’il vient de se marier avec Cendrillon. La scène ne sert à rien et ajoute de la longueur. Et le film n’avait pas besoin de cela, puisqu’il est déjà long et assez mal rythmé avec des péripéties revues à la baisse au profit des chansons et d’une mise en scène peu inspirée.

Alors bien évidemment, tout n’est pas mauvais, dans le film, et il n’est pas détestable, mais il y a aussi un problème dans le public visé. Il s’adresse principalement aux enfants, mais toutes les chansons sont en anglais sous-titré français et certains gosses auront du mal à lire. Du coup, vu le niveau de certaines vannes et l’absence d’ambiance, c’est le cul entre deux chaises que le film se positionne sur son public. Enfin, il vaut mieux avoir le cul entre deux chaises que deux chaises dans le cul.

Au niveau des points positifs, on peut noter que certains acteurs se donnent à fond dans leur personnage à l’image de Chris Pine, qui joue un Prince Charmant tout en second degré. Très drôle, il possède d’ailleurs le meilleur morceau du film, où il prend la pose avec son frère dans une rivière. On peut aussi parler des effets spéciaux qui sont convaincants et bien foutus.

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Au final, Into the Woods est un film assez décevant, surtout quand on regarde le casting et le potentiel de l’histoire. Essayant de mélanger divers contes, le film ne parvient pas à capter le spectateur, notamment à cause de musiques trop fades et se ressemblant toutes mais aussi à cause d’une histoire trop facile et peu complexe et de personnages bien trop fades. D’ailleurs je n’ai pas parlé de Johnny Depp dans le rôle du Grand Méchant Loup, que l’on doit voir environ cinq minutes dans le film mais qui est crédité dans la bande-annonce ! Bref, une déception.

Note: 09/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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