décembre 2, 2020

Assassin’s Creed Revelations

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Résumé :

Le joueur y incarne alternativement Ezio da Firenze au début du XVIe siècle – ainsi qu’Altaïr Ibn La-Ahad au XIIIe siècle par l’intermédiaire de ses souvenirs – dans la lutte que l’Assassin florentin livre aux Templiers et dans sa quête pour découvrir les secrets de son ancêtre Altaïr. Le jeu contient également une partie jouable se déroulant au XXIe siècle en Amérique, où le protagoniste de la série, Desmond Miles tente de libérer son esprit prisonnier de l’Animus et de prévenir la fin du monde de 2012.

Avis :

La quête d’Ezio Auditore touche à son terme. En l’espace de trois épisodes, l’assassin est parvenu à succéder à Altaïr de fort belle manière. Le passage de relais était délicat, mais la franchise a réussi à corriger ses erreurs de débutants pour proposer des jeux incontournables même si, au fil des années, le renouvellement n’est pas vraiment de rigueur en ce qui concerne les mécanismes du gameplay. Un cycle qui se termine amène bon nombre d’interrogations qui entraînent à leur tour des craintes plus ou moins fondées. Avons-nous droit à une conclusion en apothéose ou un épisode bis dispensable ? L’heure des comptes est venue…

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Avec son sous-titre prometteur, Revelations laisse à penser qu’il fera la lumière sur bien des zones d’ombre de l’intrigue qui, depuis le premier volet, multiplie les questionnements, les pistes, les faux-semblants et les retournements de situation plus ou moins crédibles (surtout en ce qui concerne Desmond et notre époque). Or, le scénario s’avère décevant et avare en réponses sur bien des aspects. Au vu de son statut d’épisode transitionnel, il propose de faire s’entrecroiser Altaïr, Ezio et Desmond. Le choix est honorable et a le mérite de créer un lien cohérent entre chaque jeu, mais le résultat, lui, l’est beaucoup moins.

On comprend rapidement que Desmond sera relégué au rang de figurant. Bloqué sur l’île de l’Animus, il ressemble à un entracte pour téléchargement afin de patienter à la séquence suivante. Peu de dialogues et des intentions parfois obscures (en ce qui concerne le sujet 16) côtoieront ses brèves incursions. Pour Altaïr, sa place est légèrement plus étoffée. Malheureusement, l’on ne disposera pas d’une grande marge de liberté (tant dans la narration que dans le gameplay), mais les souvenirs coincés dans les clefs de Masyaf (au nombre de cinq) offrent un épilogue de luxe pour son protagoniste.

Quant à Ezio, sa quête semée d’embûches se montre assez linéaire, voire prévisible, dans sa progression. Rivalités, querelles de pouvoirs et reliques perdues évoquent une recette déjà vue auparavant dans la franchise. Certes, l’accent est mis sur un personnage plus étoffé qu’à ses débuts fougueux, mais il manque clairement une interaction avec les différents intervenants. L’on notera quelques touches émotionnelles et romancées (appuyer par une bande-son immersive au possible) qui apporteront difficilement une consistance au digne dénouement tant attendu. Les intrigues morcelées recèlent donc leur lot de déceptions et de frustrations.

Comme à son habitude, le contexte historique se montre irréprochable avec une reconstitution sublime de Constantinople au XVIe siècle. L’architecture byzantine est magnifique en évoquant autant l’Orient et l’Occident dans une ville à la croisée des civilisations. La présence de figures connues (Piri Reis, par exemple) peut se résumer à un détail pour les puristes, mais crédibilise l’atmosphère. La possibilité de consulter leurs profils, l’histoire des bâtiments ou quelques anecdotes sympathiques reste de la partie grâce à l’inventaire qui les répertorie à l’approche d’un centre d’intérêt.

Pour soutenir pareille entreprise, la technique demeure toujours aussi convaincante. Les temps de chargement sont quasiment inexistants, la profondeur de champ laisse pantois avec des panoramas somptueux, ainsi qu’une ville dynamique où se croise une population nombreuse et éclectique. Ajoutons à cela des incursions en Cappadoce ou dans des donjons à l’atmosphère radicalement différente et l’on parvient à entretenir l’illusion d’un microcosme vivant derrière notre écran. Sur ce dernier point, l’exploration pour retrouver les clefs de Masyaf évoque, dans une moindre mesure, les tombeaux oubliés de Tomb Raider au vu de leurs agencements et des séquences de varappes qu’ils exigent.

Les habitués de la franchise ne seront pas dépaysés par les mécanismes du gameplay qui ont peu évolué depuis le premier épisode. Les acrobaties sont faciles à enchaîner et démontrent, une fois de plus, une certaine fluidité et agilité dans les mouvements. Constat identique pour les combats avec des contre-attaques indispensables et des techniques de défense équilibrées pour contenter tous les types de joueurs, qu’ils soient d’émérites assassins ou des débutants qui préfèrent tuer à tout-va. Auquel cas et avec un minimum de maîtrise, les affrontements peuvent se succéder presque indéfiniment à cause d’une intelligence artificielle pas très futée.

En dépit d’un unique niveau de difficulté assez aisé, il reste une durée de vie conséquente si l’on souhaite arpenter Constantinople dans ses moindres recoins. Missions secondaires, débloquer bâtiments et commerces pour générer des profits ou obtenir de nouvelles armes et armures, recherche des cent fragments de l’Animus… La variété est au rendez-vous et promet de longues heures de fouilles pour venir à bout des ultimes secrets du titre. L’on a droit à une sorte de Tower-defense pour contrer les assauts récurrents des Templiers, même si cette phase se montre assez capricieuse et requiert davantage de chance que de stratégie.

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Ne nous y trompons pas, Assassin’s creed Revelations est un bon jeu. Il propose un divertissement de premier ordre pour qui serait tenté par l’aventure. Seulement, ce quatrième épisode accuse le coup devant un manque de nouveautés évident, surtout au niveau du gameplay. On retrouve rapidement ses marques, mais les faiblesses deviennent de plus en plus flagrantes au fil des années (intelligence artificielle déficiente, impossibilité de s’accroupir ou s’agenouiller…). Malgré une réalisation sublime, l’intrigue se révèle le gros point noir. Bâclé et prévisible, elle n’apporte que peu de réponses. Un épisode charnière qui laisse un sentiment partagé. Entre l’émerveillement et le bonheur de poursuivre l’aventure et celui de voir le tableau se ternir au fil du temps à cause de maladresses pourtant facilement effaçables.

Note : 13,5/20

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Par Dante

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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