décembre 2, 2020

Marilyn Manson – The Pale Emperor

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Avis :

Créé en 1989, Marylin Manson est un groupe qui va allier une musique allant du rock au métal tout en ayant un look gothique très prégnant. Mais au-delà de sa musique, c’est surtout son leader charismatique qui va faire tout l’attrait pour le groupe. Utilisant un pseudonyme qui mélange le prénom d’une actrice au nom d’un tueur en série, Marilyn Manson s’est imposé dans les années 2000 comme le phénomène sulfureux du moment. Entre un look et des paroles parfois douteuses, le groupe a tout de même montrer qu’il savait faire autre chose que poser et faire le buzz. Il faut dire que Marilyn Manson, leader incontesté du groupe, phagocyte un peu tout ça avec son image d’antéchrist ou d’extraterrestre androgyne. Mais alors que le groupe connait son apogée avec le skeud Holy Wood (in the Shadow of the Valley of Death), la suite sera moins rose, vendant toujours bien, mais ayant du mal à retrouver sa flamboyance d’antan. Après quelques déboires et des passages à la télévision comme au cinéma, Marilyn Manson semble devenir un gentil garçon convenable. Jusqu’à son rôle dans la série Sons of Anarchy, où il joue un chef de gang nazi. Plus sobre, plus posé, il fait montre d’un talent indéniable en tant qu’acteur. Et il faut croire que ce passage dans cette série lui a donné des idées, car The Pale Emperor, neuvième album du groupe, marque un retour en force.

Le skeud démarre avec Killing Strangers et dès le départ, au rythme, on sait que l’on écoute du Marilyn Manson. Mais à la grande différence de ses autres propositions musicales, la guitare semble plus claire, et même si l’ambiance demeure assez lourde grâce à une ligne de basse pesante. L’ensemble est très prenant avec ce premier titre envoutant de par sa rythmique lente, presque blues et la voix si particulière du chanteur. Il s’agit d’une parfaite entrée en matière. Mais il faut dire que tout l’album est d’une qualité exceptionnelle. S’éloignant grandement de tout ce que le groupe a pu faire jusqu’à présent, Marilyn Manson semble revenir sur des bases plus saines, plus simples, profitant pour jouer avec sa voix mais aussi proposer des morceaux lents, mais hypnotiques. Dans un même style mais plus électrique, Third Day of a Seven Day Binge s’impose comme l’un des incontournables de l’album, s’axant sur quelque chose de beaucoup plus rock avec une gratte omniprésente portée avec brio par Tyler Bates et un certain Johnny Depp. Le morceau est efficace, entre rapidement en tête et on se surprend à chanter en même temps que le titre défile. Enfin, dans un registre plus sombre, plus mélancolique, on retrouve The Mephistopheles of Los Angeles, avec sa sublime batterie scandant un rythme saccadé ultra agréable pour partir ensuite vers un refrain enivrant. Mais il sera difficile d’échapper aussi au titre Odds of Even, qui clôture la partie classique de l’album et qui dure plus de six minutes et qui est d’une maîtrise incroyable, montrant que le groupe est vraiment toujours là et plus en vie que jamais.

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Dans la partie de luxe, on retrouvera trois titres sous des appellations différentes, qui seront en fait des versions acoustiques, très réussies, de titres précédents. Et c’est là que l’on se demande si le passage dans la série Sons of Anarchy ne lui a pas fait du bien. En effet, ces trois titres acoustiques auraient parfaitement leur place dans un épisode et on sent une certaine influence, ce qui n’est pas pour déplaire à un certain public. Mais bien entendu, le groupe ne délaisse pas pour autant les morceaux plus pêchus, à l’instar du tube du moment, Deep Six, au clip si dérangeant. Le morceau montre un chanteur plus hargneux et plus généreux en passage crié pour un titre plus classique, très sombre, l’ambiance plus gothique que le reste de l’album, mais qui s’avère absolument redoutable. Dans le même genre, on peut citer Slave Only Dreams to be King, bien plus nerveuse que les autres chansons du skeud, et qui n’hésite pas à envoyer le pâté dans les refrains à grands renforts de grattes saturées. Enfin, d’un point de vue émotion, ce qui n’est pas forcément le point fort du groupe, on aura droit à un excellent titre Warship my Wreck. Devant beaucoup à la voix si particulière de l’antéchrist superstar, le titre s’avère poignant, notamment grâce à un refrain fort et à une symbiose parfaite entre guitare, basse et batterie. L’un des meilleurs morceaux du groupe, sans exception.

Au final, The Pale Emperor, le dernier effort de Marilyn Manson, risque fort d’en surprendre plus d’un à cause de sa direction artistique. Ecartant au maximum l’aspect visuel et sulfureux que le chanteur véhicule depuis des années, le groupe revient vers des fondamentaux excitants et puissants. On a alors droit à un album qui s’axe autour du rock pur et du blues, pour quelque chose de plus personnel, de plus propre, de plus sain et finalement de plus puissant. Un album voué à devenir culte.

  1. Killing Strangers
  2. Deep Six
  3. Third Day of a Seven Day Binge
  4. The Mephistopheles of Los Angeles
  5. Warship my Wreck
  6. Slave Only Dreams to be King
  7. The Devil Beneath my Feet
  8. Birds of Hell Awaiting
  9. Cupid Carries a Gun
  10. Odds of Even
  11. Day 3
  12. Fated, Faithful, Fatal
  13. Fall of the House of the Dead

Note: 19/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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