septembre 28, 2020

Good Bye Lenin!

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De : Wolfgang Becker

Avec Daniel Brühl, Katrin Sass, Chulpan Khamatova, Maria Simon

Année : 2003

Pays : Allemagne

Genre : Drame

Résumé :

Alex, un jeune Berlinois de l’Est, apprend la chute du mur alors que sa mère est dans le coma à la suite d’un infarctus. Celle-ci a toujours été quelqu’un d’actif, participant avec enthousiasme à l’animation d’une chorale.
Les mois passent et le coma continue. La ville se transforme, les voitures occidentales sillonnent les rues, les publicités envahissent les murs. Au bout de huit mois, elle ouvre les yeux dans une ville qu’elle ne peut plus reconnaître. Alex veut absolument lui éviter un choc brutal que son coeur affaibli ne pourrait supporter.
Profitant de son alitement, avec l’aide de sa famille et de ses amis, il reconstruit autour d’elle son univers familier, convoque les jeunes chanteurs de la chorale, sollicite l’aide d’un ancien cosmonaute, reconverti en chauffeur de taxi, et s’efforce de faire revivre la RDA dans les 79 m² de l’appartement, remis aux normes socialistes.

Avis :

Septembre 2003, c’est entre les sorties de « Bruce tout puissant« , « Jeux d’enfants« , où « Braquage à l’italienne » et « Underworld« , qu’un petit film allemand va faire parler de lui. « Good Bye Lenin !  » est sorti discrètement, mais il va bénéficier d’un excellent bouche à oreille et va même finir sa course avec presque un million sept cent mille entrées en France. Ce sera donc LE succès surprise de cette rentrée 2003. Depuis, le film nous a révélé un immense acteur, Daniel Brühl, qui n’a cessé depuis d’étonner et alors que cette année, « Good Bye Lenin ! » fête ses douze ans, on peut dire que l’excellent bouche à oreille n’a jamais cessé et le film de Wolfgang Becker a même fini par devenir culte. Retour donc, sur ce grand film allemand !

Wolfgang Becker réalise très peu. En presque trente ans de carrière, le réalisateur allemand n’a fait que quatre films. Alors que je n’ai pas encore mis la main sur ses deux premiers, « Good Bye Lenin ! » reste sa dernière réalisation à ce jour. « Good Bye Lenin ! » fait partie de mes films préférés, à l’époque où je l’avais découvert, je me souviens d’une claque émotionnelle incroyable. C’est le genre de film dont je n’attendais pas grand-chose, et qui entre directement par la grande porte dans mon panthéon. Wolfgang Becker a réalisé-là un film que je qualifierais de magique, tant c’est un rayon d’amour et de simplicité. Sur une histoire d’amour incroyable, le réalisateur tisse avec talent un film sur le changement et nous emporte avec une superbe poésie vers un chef d’œuvre inoubliable !

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Allemagne 1989. Alex est un jeune qui vit à Berlin, dans l’Allemagne de la RDA. Rêvant d’autre chose, un soir, il se rend à une marche pour la liberté de voyager. La manifestation tourne à l’émeute et c’est là que par hasard il se trouve emporté par les forces de l’ordre sous les yeux ébahis de sa mère. Cette femme qui a tout donné à l’Allemagne de l’Est ne supporte pas cette vision et fait un AVC. Ainsi, elle tombe dans un coma profond dont personne n’est vraiment sûr qu’elle se réveillera un jour. Alors qu’Alex et sa sœur continuent à vivre et voient ainsi leur pays s’ouvrir au monde et changer après la chute du mur de Berlin, le miracle finit par arriver. Huit mois après son attaque, leur mère sort du coma. Affaiblie et alitée, leur mère doit éviter tout choc émotionnel, car il se pourrait bien qu’il lui soit fatal. Alex, profitant de l’alitement de sa mère, décide de lui cacher la chute du mur et la ramène chez lui. Il va alors s’efforcer de recréer dans leur appartement l’Allemagne socialiste que sa mère aimait tant. Une mission que le jeune homme s’emploie à accomplir en toute circonstance. Mais comment y arriver, alors même que le pays est en train de vivre le plus grand changement qu’il n’a jamais eu ? C’est à force de petites choses, de petits détails qu’Alex, sa sœur, mais aussi sa petite amie, vont tout faire pour protéger cette mère qu’ils aiment tant.

Magique, ça je l’ai écrit, mais « Good Bye Lenin! » c’est aussi un film surprenant, intelligent, sensible, à fleur de peau et drôle. Wolfgang Becker réussit à nous faire sourire et rire, autant qu’il nous fait pleurer avec cette histoire simple et très complexe en même temps. « Good Bye Lenin !« , c’est deux films en un. Le scénario est une perle rare, comme il y en a peu. Au premier plan, c’est avec beaucoup de tendresses et d’humour qu’on découvre cette histoire de famille. L’histoire de ce fils qui fera tout pour protéger et prendre soin de sa mère. Qui va inventer des tas de choses, des mensonges et faire des recherches incroyables pour refaire vivre la RDA socialiste dans une petite chambre. On ne peut qu’être touché par cette histoire, surtout que c’est avec beaucoup d’intelligence que le réalisateur évite le pathos et réinvente en permanence son idée. À plusieurs reprises, on peut croire que l’idée de ce jeune homme est en train de lui échapper, mais ce n’est pas le cas, car l’intrigue a toujours quelque chose dans son sac pour rebondir. C’est beau, c’est profond, très touchant, c’est bouleversant d’amour, de simplicité et d’humanisme. Et comme en prime, le réalisateur y intègre de très belles touches d’humour, il est capable de nous faire passer du rire aux larmes de scènes en scènes. Et derrière cette histoire de famille, au second plan, « Good Bye Lenin ! » porte parfaitement son nom, puisque c’est aussi un film sur le changement, sur la fin d’une époque, sur la découverte, pour un peuple, d’une nouvelle façon de vivre. C’est aussi le choc des générations, le choc des sentiments, entre les jeunes qui accueillent la chute du mur avec joie, curiosité, et la génération de leurs parents et grands-parents qui pour certains se sont lancés corps et âmes dans leur république socialiste. En fait « Good Bye Lenin !« , à plus d’un titre, est un film bien plus complexe et intelligent qu’il ne le laisse paraître et c’est avec toute la subtilité nécessaire et tout le talent dont il fait preuve que le réalisateur fait parfaitement se mélanger les deux faces de son film pour ne faire plus qu’un seul et unique portrait. Un portrait qui pourrait être l’espoir, l’espoir d’un changement, d’une réunification, d’un amour, d’une survie.

En plus d’être sublime dans ce qu’il nous raconte, « Good Bye Lenin ! » c’est aussi une reconstitution d’une époque où tout se mélange et se réinvente. Ce sont des scènes incroyables de sens, l’arrivée de Coca-Cola, l’envolée de la statue de Staline. Wolfgang Becker, derrière sa , nous montre ce changement au travers du regard d’un jeune homme qui évolue en essayant de rester dans le passé. La réalisation est teintée d’une douce folie mélancolique. Les images, le ton et le rythme qu’a choisi Wolfgang Becker donne une belle dimension au film et la réalisation fait la part belle à l’émotion. Une émotion soulignée avec grâce par les notes de musique de Yann Tiersen.

Ce film aura été pour moi, comme pour beaucoup, l’occasion de découvrir l’un des acteurs les plus doués qu’on a pu découvrir dans les années 2000. Cet acteur, c’est Daniel Brühl, qui tient là l’un des plus beaux rôles de sa carrière. Dans la peau d’Alex, ce jeune homme prêt à tout pour sauver sa mère, va nous toucher au plus haut point. Sincère, très simple, il pose un regard bourré de tendresse, d’amour, d’idéal (comme il le dit lui-même), et de vie sur ce film. Il nous bouleverse avec ses confessions, ses joies et ses peines. D’ailleurs, le film ne peut se faire et marcher sans lui, il est l’un des murs porteurs de l’histoire. Bien sûr, dans sa quête, il est aidé et soutenu par d’excellents acteurs comme Katrin Sass, qui joue sa mère et qui à son tour sera aussi nous bouleverser par le regard aimant qu’elle porte à son pays, son parti, et bien entendu, son fils. D’autres comédiens talentueux renforcent l’histoire, Chulpan Khamatova, qui joue la petite amie d’Alex, Maria Simon qui joue la sœur d’Alex, ou Florian Lukas, le meilleur pote, qui rêve de réalisation et qui devrait vous faire rire avec ses apparitions improbables.

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Peu de films m’auront autant procuré d’amour, de joie, et d’émotion. « Good Bye Lenin ! » fait partie de cela. Wolfgang Becker réalise peut-être le meilleur film de sa carrière, et il sera difficile de faire mieux la prochaine fois que le réalisateur allemand repassera derrière la caméra. « Good Bye Lenin !« , c’est une leçon impériale d’amour, de courage, d’espoir, et tout simplement de vie. Il fait partie de ces films qu’il faut avoir vu ! Bref, il est indispensable.

Note : 20/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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