Les Maîtres de l’Ombre

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Titre Original : Fat Man and Little Boy

De: Roland Joffé

Avec Paul Newman, Dwight Schultz, Bonnie Bedelia, John Cusack

Année : 1989

Pays: Etats-Unis

Genre: Guerre

Résumé:

Au Nouveau Mexique, le très secret Manhattan Project vise à construire la première bombe atomique, sous la direction de Robert Oppenheimer.

Avis :

Roland Joffé est un réalisateur britannique qui s’est bâti une très belle réputation en seulement deux films. Un deuxième film d’ailleurs, qui rafla la palme d’or du festival de Cannes 1986. « Les maîtres de l’ombre » sera donc le troisième du réalisateur après « La déchirure » et « Mission« .

Roland Joffé a toujours su choisir des sujets grandioses, et ce, depuis le début de sa carrière. Pour son troisième film, il va alors s’attaquer à mettre en scène un projet qui changea la face du monde à jamais, la construction, par les Américains, de la bombe atomique. Le réalisateur va monter un film classique, (peut-être un trop), mais qui sera enrichissant pour la culture, passionnant dans son sujet et qui finalement ne dérogera pas à la règle Joffé, c’est-à-dire, de passer un bon moment de cinéma pendant un peu plus de deux heures.

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1941, le monde est en guerre. L’Allemagne nazie gagne du terrain de jour en jour. L’Amérique vient de rentrer dans le conflit après l’attaque subite de Pearl Habor par les Japonais. Au pentagone, tout le monde s’agite, c’est dans ce lieu que le projet Manhattan va voir le jour. Le général Leslie Richard Groves doit mener le projet à bien et à une date butoir, 1945. C’est à cette date qu’il devra livrer la première bombe atomique. Il engage alors Robert Oppenheimer, un scientifique, et constitue une équipe. Au cœur du Nouveau-Mexique, sur le site de Los Alamos, l’histoire va s’écrire pour que le monde puisse enfin retrouver la paix.

« Les maîtres de l’ombre« , peut être le film oublié dans la carrière du réalisateur et pourtant à tort, puisque Roland Joffé réalise ici un film très instructif sur une partie de l’histoire assez méconnue dans sa conception et qui pourtant à changer le monde à tout jamais.

C’est parce que j’ai revu « Mission« , le précédent film de Joffé, que j’ai voulu découvrir un film du réalisateur anglais que je ne connaissais pas. Le film traînait chez moi depuis un petit bout de temps, alors je me suis enfin décidé à me lancer dans ces « Maîtres de l’ombre » et je suis ravi de mon choix. Même s’il n’est pas aussi trépidant que je me l’avais imaginé, il m’a beaucoup surpris de par son côté instructif. Ce film, c’est les coulisses d’un changement aussi bien pour le monde que pour les hommes qui y ont participé. C’est un film que j’ai trouvé assez majestueux dans son sujet, qui prend bien son temps pour nous expliquer avec détail et sens le pourquoi du comment. La paranoïa autour de ce projet, l’envie de ces personnes de le mener à terme. J’ai été pris dans le traitement que Joffé livre à ce film, le côté humain, car le film, en trois personnages, traite avec intelligence de ce projet. Il s’accorde trois visions du monde, trois regards différents, (l’un qui veut à tout prix gagner cette guerre, un autre empêtré dans un conflit moral envers lui-même et le dernier plein d’espoir et d’envie) et qui pourtant ont tous le même objectif. C’est à travers ces trois portraits qui s’entraident, se confrontent, que le réalisateur va nous instruire et c’est très intéressant, car on ressent chaque état d’âme des personnages. Même si le film n’est pas aussi touchant que « Mission » ou « La cité de la joie« , il n’en est pas moins intéressant, car nous entraîne sur le terrain de l’urgence de gagner la guerre. Et c’est là tout l’intérêt, car, que le projet soit bien ou mal, qu’importe, qu’il apporte la mort pour des millions d’innocents et la terreur sur le monde, ce n’est pas grave, qu’il réveille des consciences, comme certains personnages vont être confrontés au dernier moment à cet état de fait, « La plus grande création de néant qui existe au monde », l’important est avant tout de livrer le projet à temps et gagner cette guerre, car l’ennemi peut lui aussi construire cette bombe, s’il en découvre les moyens. Et c’est bien cela qui m’a vraiment pris dans ce film. D’ailleurs, la fin est très bien et nous fait nous poser pas mal de questions. Elle pourrait même livrer à débat sur la nécessité ou non que les américains avaient de lancer les bombes.

La seule petite remarque que je pourrais faire sur ce film, c’est au niveau de sa réalisation et son rythme. Si tout est bien maîtrisé, qu’il est beau à regarder, je trouve qu’il reste, en somme, très classique, comme si le sujet était si brûlant que le réalisateur n’avait pas voulu prendre plus de risques. On a donc une réalisation simple et belle, mais qui manque de caractère et c’est peut-être pour cela que le film est assez méconnu. Malgré ce sujet incroyable, il ne ressort pas du lot et c’est vraiment dommage.

Autre surprise et de taille, c’est par l’un des acteurs du film. Si « Les maîtres de l’ombre » est tenu avec charisme par le tant regretté Paul Newman qui incarne avec froideur, le général Groves, c’est Dwight Schultz, alias Looping, de la série culte « L’agence tous risques« , qui rafle tous les honneurs. L’acteur, qui joue le scientifique Robert Oppenheimer, qui est en charge de créer la bombe, est tout simplement bluffant. Alors que je ne le connais que dans la série, il m’a énormément surpris. Il m’a vraiment fait ressentir tous ses tourments, et ce raisonnement qui se bouscule en lui. Je suis ravi d’avoir pu découvrir une nouvelle facette de cet acteur que je connais mal en fait. Pour les autres membres de l’équipe, on retrouve une belle brochette d’espoirs, comme John Cusack, Laura Dern, la regrettée Natasha Richardson, John C. McGinley (le docteur Cox de la série « Scrubs« ), et même le réalisateur Todd Field. C’est un casting très surprenant.

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« Les maîtres de l’ombre » est un film qui mérite justement de sortir de l’ombre. C’est un film qui, malgré une réalisation un peu plate, mérite carrément le coup d’œil rien que pour son sujet, fabuleux, incroyable et nécessaire. C’est un film qui une fois le générique commencé, m’a fait me sentir plus instruit sur ce moment où le monde bascula dans l’ère nucléaire. Roland Joffé m’a encore une fois captivé par son sujet, c’est donc un film que je conseille fortement. Ah oui, et si jamais vous n’étiez pas encore convaincu, sachez que la BO signée par maître Ennio Morricone est un petit bijou pour les oreilles.

Note : 15/20

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Par Cinéted

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