septembre 24, 2020

Mr Oizo – The Church

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Avis :

Quentin Dupieux est un homme qui aime travailler et cela se voit. Entre deux films bien barrés pour lesquels il écrit, réalise et signe la bande-originale, Quentin Dupieux prend le temps de faire un nouvel album sous son pseudonyme Mr Oizo. Au tout début, il était un jeune élève dans l’école de réalisation de clips de Michel Gondry, réalisateur à l’univers bien marqué lui aussi. Il se fera un nom en 1999 suite à sa rencontre avec Laurent Garnier et il signera avec le label FCom/Pias pour faire de la musique électronique. Il sort alors des sentiers battus en proposant Flat Beat, un tube électro mettant en avant une marionnette jaune répondant au doux nom de Flat Eric. Cette charmante peluche deviendra par la suite l’égérie de la marque de jean Levi’s et Mr Oizo se fait un nom dans le milieu. Côté réalisation, il se fait connaître en 2006 avec Steak mettant en vedettes Eric & Ramzy, qui sortent de leur plus grand succès, La Tour Montparnasse Infernale. Le film fait état d’un univers complètement loufoque et bien barré. Et ce n’est pas son film Rubber, mettant en avant un pneu tueur en série qui va contredire ces faits. En termes musique, Quentin Dupieux arrive de temps à autres à sortir un skeud bien court mais qui fait toujours des adeptes. The Church est donc son cinquième album sans compter les bandes-originales de ses films. Mais est-ce intéressant d’écouter ce dernier skeud ?

Selon les propres dires de l’artiste, il laisse beaucoup de place au hasard. Pour faire sa musique, il aime à dire qu’il flâne sur des banques de données musicales, en choisissant certaines, les répétant parfois de manière inlassable. Et on ne peut pas totalement lui donner tort, car à l’écoute de ce nouveau skeud, on sent qu’il aime la répétition. Mais comme il le dit lui-même, il n’y a rien de plus beau dans l’art que de ne pas réfléchir. Faut-il le croire à l’image de cet album, rien n’est moins sûr. Il fut dire qu’il y a à boire et à manger dans The Church. Quasiment la totalité des dix morceaux égrenant l’album sont fait à partir de répétition de plusieurs sons qui s’accordent plus ou moins. Si Ham, Dry Run ou encore Mass Doom sont des titres réussis abordant des thèmes très différents, on ne peut pas en dire autant de morceaux comme Memorex, qui dure à peine une minute, iSoap malgré la présence de sonorités intéressantes ou encore de Bear Biscuit qui fait la part belle au dubstep. En fait, ce qui dérange le plus dans ces morceaux, ce ne sont pas les répétitions à grands renforts de basses lourdes, mais c’est qu’il y a vraiment une sorte de dissonance dans l’amas sonore. iSoap par exemple donne une migraine pas possible à cause de sons aigus inappropriés. Tout comme Memorex d’ailleurs qui manque d’envergure et qui fait plus office de bouche-trou.

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C’est d’ailleurs assez bizarre d’avoir un titre comme celui-ci puisque le skeud est très court, ne dépassant pas la demi-heure. Visiblement c’est l’adage du musicien, mais on peut se sentir se flouer et c’est bien dommage. Mais il ne faut pas pour autant bouder son plaisir sur certains titres relativement plaisant. Machyne en est l’exemple parfait puisque Mr Oizo arrive à faire un tube en puissance avec des sonorités de téléphone, faisant de ce titre le parfait morceau pour les boîtes de nuit. On écoutera aussi avec plaisir Mass Doom, à base de coupures et de ruptures et qui part ensuite vers des sons tirés de jeux vidéo, le tout dans une ambiance déjantée et grotesque. Il faut aussi citer Ham qui trouve ses références dans la musique que proposait Benassi Bros à l’époque avec des boîtes à rythmes très lourdes, scandant une répétition lourde permettant de rajouter des sons plus rapides et plus aigus par-dessus. C’est assez marrant de voir comme parfois le hasard fait bien les choses.

Au final, The Church, le dernier effort de Mr Oizo est assez plaisant mais il ne révolutionne pas le genre électro. Bien trop court pour combler toutes les attentes, ce petit album possède aussi des titres plus faibles et franchement dispensables tant ils semblent discordants. Fort heureusement, certains titres relèvent le niveau et montrent toute l’étendue de la contrée sauvage du cerveau de Quentin Dupieux, qui reste vraiment un artiste à part avec un univers bien marqué. Un album en demi-teinte donc, mais qui peut plaire aux fans d’électro.

  1. Bear Biscuit
  2. Ham
  3. Destop
  4. Dry Run
  5. Mass Doom
  6. Machyne
  7. iSoap
  8. Torero
  9. Memorex
  10. The Church

Note : 11/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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