octobre 25, 2021

Le Chat Noir

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Titre Original: The Black Cat

De : Lucio Fulci

Avec Patrick Magee, Mimsy Farmer, David Warbeck, Al Cliver

Année: 1981

Pays: Italie, Etats-Unis

Genre: Horreur

Résumé:

Dans un village de Grande-Bretagne, la photographe Jill Travers rencontre un inquiétant individu précédé d’une réputation sulfureuse, Robert Miles. Passionné de sciences occultes, Miles hante les cimetières et les lieux de sépulture, communiquant avec l’au-delà par l’intermédiaire d’un chat noir dont les apparitions constituent autant de rencontres mortelles. Alertés par une cascade de morts violentes, Jill Travers et l’inspecteur Gorley mènent l’enquête sur les activités réelles de Miles et de son sinistre animal de compagnie…

Avis:

Le cinéma horrifique italien a connu son heure de gloire durant les années 70/80 mettant en avant un nouveau genre, le giallo. Terme utilisé pour parler des films mettant en avant un tueur mystérieux et de jeunes demoiselles en détresse avec une pointe d’érotisme, le genre s’est très rapidement démocratisé et des noms très connus sont apparus comme Dario Argento, Mario Bava ou encore Lucio Fulci. Ce dernier a fait un grand nombre de films, surtout dans l’horreur et c’est donc avec Le Chat Noir que nous allons aborder le sujet délicat de l’adaptation littéraire sur grand écran. Datant de 1981, ce film s’inspire de la nouvelle du grand romancier Edgar Allan Poe montrant une pointe de folie et un certain mysticisme, montrant les palpitations débutantes de l’ésotérisme. Mais le film vaut-il le coup ? N’a-t-il pas pris un trop gros coup de vieux ? Si vous n’êtes pas superstitieux, vous pouvez lire la suite !

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Va falloir faire quelque chose pour ces sourcils !

L’histoire du film est assez complexe à comprendre, et je dois dire que même à la fin du film, je suis resté assez perplexe. Le film commence avec un chat noir qui poursuit un homme. On comprend rapidement que le chat va créer un accident, tuant de manière violente le pauvre bougre. On a ensuite un plan sur un vieux monsieur, écoutant des voix dans son bureau. Entre temps, une jeune reporter trouve une tombe profanée et un enquêteur arrive de Londres pour mener une enquête sur une disparition et quelques meurtres sordides. Tout amène vers un certain Robert Miles, homme mystérieux qui aime l’ésotérisme. Tout pousse à croire que c’est lui qui commet les meurtres. Hors, la reporter a une autre idée, ayant repéré des traces de griffes sur toutes les victimes et pensant que le chat y est pour quelque chose. Il s’agit là du postulat de départ, assez mystérieux et arpentant les chemins tortueux de la vie après la mort, mais aussi de la superstition. Malheureusement, si l’histoire peut sembler sympathique, elle va trainer en longueur et accumuler quelques passages assez difficiles à comprendre, mettant en avant une rivalité entre un chat possédé et un homme taciturne baignant dans le mysticisme. Le résultat est assez décevant, profitant de certains passages pour étirer au maximum le métrage, laissant le spectateur assez perplexe.

Alternant une ambiance plutôt policière/enquête avec une ambiance plus horrifique en mettant de la possession dans le film, on peut dire que Fulci ne trouve pas le bon ton pour son film. Parfois gothique, mais parfois simple policier, le film s’enlise dans quelque chose d’indécis et de profondément mou du genou. C’est assez dommage, car le film possède un certain charme et on peut voir le talent de Fulci sur certains plans. Seulement, le film a pris un sacré coup de vieux si l’on doit le comparer à des productions récentes. Certains passages sont très mal découpés et on remarquera de gros défauts enlevant la crédibilité à ces scènes, comme par exemple lorsque le chat ouvre la porte, et où on le voit très bien manger un truc sur la poignée pour l’ouvrir. L’impact musical est aussi assez important, mais plutôt incongru par moment, comme les grognements du chat qui ressemble plus à un lion ou encore sur certains moments aigus assez pénibles. Bref, on peut dire que malgré la volonté de bien faire et un certain hommage au cinéma gothique britannique, avec la fameuse scène brumeuse dans le cimetière, le film manque son coup, en proposant un mélange des genres assez bizarre et un village qui fait presque pitié. Néanmoins, l’entrée en matière est intéressante, avec un silence durant presque 10 minutes, montrant une ambiance assez lourde.

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Catwoman n’a qu’à bien se tenir !

Si on put critiquer le film en fonction de sa lenteur et de son scénario un peu brouillon et s’étirant beaucoup trop sur 1h30 (je pense qu’un téléfilm de 45 minutes aurait suffi), il faut reconnaître que les acteurs sont relativement bons. On pense bien entendu en premier lieu à Mimsy Farmer, jouant la reporter et qui tient bien son rôle. Interprétant une femme au caractère bien trempé et à la pugnacité presque pénible, elle joue en douceur un personnage important qui détient la clé de la vérité. Pour l’accompagner dans cette enquête, on aura droit à la présence de David Warbeck, qui joue le rôle de l’inspecteur de Scotland Yard. Pour le coup, s’il joue assez bien son rôle, il reste assez caricatural, avec sa venue en moto, et son sourire narquois, genre beau gosse et qui arrive à se taper la plus belle nana. En retiendra surtout la prestation de Patrick Magee, le Robert Miles du film, le vieux monsieur bizarre. De par son physique un peu bourru et son visage fermé, il incarne à la perfection le vieil homme louche dont tout le monde se méfie. Il le joue relativement bien, laissant planer un mystère autour de lui et surtout, ne sachant pas vraiment s’il est gentil ou méchant. C’est cette ambiguïté qui va sauver le film de l’ennui.

La marque de fabrique de Lucio Fulci, c’est de mettre des fulgurances dans ses films, notamment lors des scènes de meurtres ou de morts. Quand on repense à Aenigma, on revoit très bien cette scène avec la mort d’étouffement avec les escargots. Dans Le Chat Noir les scènes de meurtres sont tout aussi violentes et sauvent un peu le film de la nullité complète. En effet, on peut voir un homme se faire empaler, ou encore un accident de voiture relativement dur. Mais, encore une fois, le film a pris un gros coup de vieux, et on peut le voir sur la scène de la voiture, au découpage plus que limite avec un accident à deux à l’heure et un mannequin qui passe par le pare-brise au moins trois secondes après l’impact. Néanmoins, on ne peut que saluer la volonté de Fulci à mettre en avant un peu de gore dans tout ça. Les attaques du chat demeurent assez ridicules, à l’image de l’attaque à répétition sur le pauvre enquêteur et certains passages marquants, comme le couple qui meurt étouffé, sont assez improbables. La fin du film reste assez conventionnelle, un poil bizarre, comme le ton du film, mais cela a son charme.

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Boire ou choisir, il faut conduire !

Au final, Le Chat Noir est un film d’horreur assez honnête, mais qui s’étire vraiment trop en longueur et qui reste assez mou. S’articulant autour de meurtres perpétré par un chat et de son maître plus ou moins louche, le film peine à trouver le bon ton, entre giallo et film mystique. D’autant plus que le film a pris un gros coup de vieux et que parfois, certaines morts semblent désuètes et mal fichues, à l’image du premier meurtre dans la voiture. Bref, un film assez sympa mais trop long.

Note : 10/20

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AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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