Sacco et Vanzetti

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Titre Original : Sacco e Vanzetti

De : Giuliano Montaldo

Avec Gian Maria Volonte, Riccardo Cucciola, Cyril Cusack, Rosanna Fratello

Année : 1971

Pays : Italie, France

Genre : Drame

Résumé :

New York, 1920. Deux Italiens, Nicolas Sacco, cordonnier, et Bartolomeo Vanzetti, marchand de poissons anarchiste, sont arrêtés et accusés du meurtre de deux hommes commis au cours d’un hold-up. Fred Moore, leur avocat, démontre leur innocence mais le procureur et le juge développent une argumentation imprégnée de xénophobie et de paranoïa antibolchevique. Le jury condamne à mort les deux Italiens.

Avis :

Les faits divers, les histoires vraies, la vie de personnages célèbres ou encore de serial killers, autant d’histoires qui sont du pain béni pour les scénaristes de cinéma. Au même titre que les adaptations de romans ou de comics, la vie réelle inspire et donne parfois des films intéressants. L’affaire Sacco et Vanzetti a fait grand bruit aux Etats-Unis dans les années 20. Relativement méconnu de nos jours, surtout pour les personnes assez jeunes et ne s’intéressant pas forcément à cette époque, cette affaire est l’une des plus injustes du monde, donnant lieu à la mort de deux innocents pour des principes raciaux et racistes. Comme l’affaire concernait des italiens, c’est forcément un réalisateur italien qui s’est attaché à la réalisation de ce pamphlet pour la tolérance et qui montre toute l’injustice de la justice américaine.

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Nous sommes donc en 1920 à New-York. Les Etats-Unis subissent une grande vague d’immigration venant de l’Europe et notamment de l’Italie. Un Hold-Up a lieu et deux personnes, Nicola Sacco et Bartolomeo Vanzetti sont arrêtés par hasard dans un train. Les deux hommes étant immigrés et anarchistes, la justice américaine voit en eux un exemple qu’il faut montrer au monde entier, car les anarchistes, au même titre que les bolchéviques sont dangereux pour la nation et il faut les éradiquer. Le film invite donc à suivre dans un premier temps le jugement de ses deux personnages, le plaidoyer aberrant de la victime et des jurés, puis dans un deuxième temps, l’enquête visant à demander appel et montrant que toute cette affaire est une vaste fumisterie.

Pourvu d’un sujet fort, Giuliano Montaldo va faire un film très intéressant et qui met en lumière une période sombre et méconnue des States. Un peu à la manière de la chasse aux sorcières à l’époque de McCarthy, Sacco et Vanzetti montre les faiblesses de la grosse machine qu’est la justice américaine. Alors totalement raciste, on va voir la montée en puissance d’une idéologie horrible et qui n’hésite pas à détruire des hommes à cause de leur mode de pensée. Le film, dans sa longueur arrive parfaitement à montrer cela et va révolter le spectateur à plus d’un titre. Le plus intéressant reste la différence entre les deux personnages. On a un Vanzetti très courageux, prolixe et pertinent, se battant pour ses idées, alors que Sacco est apeuré, hagard, et qu’il ne veut qu’une chose, rester en vie. Du coup, leur évolution est différente et on sent vraiment une relation de dominé à dominant. Mais le point le plus important reste surtout l’évolution de l’opinion publique. Plusieurs fois nous aurons droit à des images d’archives montrant la population manifestant dans les rues. Et c’est la phrase de fin qui conclura magnifiquement ce film : vous pouvez tuer l’homme, mais vous ne tuerez pas le symbole.

D’un point de vue de la réalisation, il n’y a pas grand-chose à dire, car elle reste standard et ne cherche pas à faire dans le sensationnelle ou dans le mordant. En ce sens, les images ne seront pas forcément fortes et tout cela manque un peu de punch et de hargne pour vraiment montrer la corruption de cette justice. Mais ce ne sera pas le seul point faible du film. Même si le métrage reste sympathique, il est bien trop long. Coupé en deux parties de une heure chacune, la première partie concernant le tribunal est interminable. Si la confrontation des deux parties reste agréable, certains passages sont inutiles et fatigants. On appréciera par contre la corrélation avec le Ku Klux Klan, partie raciste s’attaquant aux noirs. Heureusement, la deuxième partie est plus intéressant, plus nerveuse avec une enquête passionnante et montrant les méthodes policières de l’époque, dont une reconstitution grandeur nature avec des acteurs. Et d’ailleurs, les acteurs du film sont impressionnants, notamment Gian Maria Volonte qui live une prestation toute en force et d’une incroyable véracité.

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Au final Sacco et Vanzetti est un film très intéressant sur un pan de l’histoire américaine trop méconnu. Heureusement, Carlotta ressort le film dans une version bluray sublime avec, encore une fois, une palanquée de bonus donnant des éclaircissements sur l’affaire. Un bon film donc, qui pêche par une longueur un peu gênante sur la première partie et sur une réalisation un peu trop anecdotique. Il n’empêche que le final reste très fort, révoltant, un peu à l’image d’un film qui n’a rien à voir, La Ligne Verte, mais c’est dire la puissance de ce final.

Note : 14/20

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Par AqME

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