Le Bateau

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Titre Original : Das Boot

De : Wolfgang Petersen

Avec Jurgen Prochnow, Erwin Leder, Herbert Gronemeyer, Klaus Wennemann

Année: 1981

Pays: Allemagne de l’Ouest

Genre: Guerre

Résumé:

Pendant la deuxième Guerre Mondiale, 40 000 sous-mariniers allemands envoyés par Hitler embarquent pour une mission de routine dans l’Atlantique Nord. L’insouciance règne à bord. Ce qu’ils ne savent pas, c’est que seuls 10 000 hommes retourneront chez eux vivants.

Avis:

La guerre de 39/45 aura inspiré tant de cinéastes, et les toiles auront vu tant de films passer. On peut même dire que toutes les parties, toutes les batailles, tous les fronts et les moyens ont été filmés. De la montée du nazisme au suicide d’Hitler, des plages de Normandie au fin fond des campagnes, rien n’aura été oublié, pas même les bas-fonds des océans. D’ailleurs, le fond des océans est peut être la partie dont on parle le moins dans ce conflit. A ma connaissance, je vois peu de films qui relatent cette partie-là. Bien sûr, le cinéma compte pas mal de huis-clos sous-mariniers, mais aucun n’est basé sur cette période, le plus étant sur la guerre froide. C’est donc une belle surprise que de voir un film, et quel film, s’aventurer de ce côté et c’est avec un immense plaisir que je découvre ce chef d’œuvre oppressant, qui m’aura tenu en haleine de bout en bout !

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1941, le monde est à feu et à sang. La guerre fait rage. Un soir, une bande d’officiers fait la fête à la Rochelle. Ces hommes fêtent leur départ, car le lendemain matin, ils embarquent pour une mission en mer à bord du sous-marin U96, l’un des quarante-milles navires de la flotte allemande. Une mission à haut risque, puisque même en mer, la guerre n’épargne personne. Sous les quarante-milles navires que l’armée Hitlérienne comporte, seul dix-milles d’entre eux seront de retour. Ce film est le récit de l’un d’eux et de son équipage…

Wolfgang Petersen est un réalisateur que je ne connais pas bien. Mis à part qu’il m’a fait beaucoup rêver quand j’étais petit avec « L’histoire sans fin« , il demeurait le réalisateur de quelques films américains plaisants mais sans grands intérêts, « Air force One« , « Poséidon » ou « En Pleine Tempête« , seuls « Dans la ligne de mire » et  » Troie » m’avait bien pris. Mais voilà, en cherchant un peu plus et sur les conseils d’un ami, je me suis aventuré plus loin dans sa carrière, allant avant « L’histoire sans fin » quand le réalisateur officiait en son pays et c’est ainsi que je découvre « Le bateau », plus connu sous le nom « Das Boot » et je dois dire que je me suis pris une putain de claque à laquelle je n’étais pas du tout préparé !

Long de cinq heures, « Le bateau » est un film sur l’attente et l’angoisse. Avec ce film, Wolfgang Petersen va alors nous offrir un huis-clos redoutable, claustrophobe et asphyxiant. C’est un film qui a mis mes repaires à mal et m’a beaucoup bousculé dans ma culture, et c’est ce que j’ai adoré dans le film. Le scénario est énorme, terriblement bien ficelé, et il tient jusqu’au bout, jusqu’à la dernière scène avec un suspens et une angoisse palpable. « Le bateau« , c’est un bouleversement dans mes repères, car jusqu’à ce jour, et même encore là, quand je pense à l’Allemagne et aux soldats nazis, je pense au mal qu’ils ont fait et j’ai une image un peu caricaturée du soldat nazi sans âme, ni expression. La plupart des films que j’ai vus offrant de bon côté aux allemands étaient très radicaux et montraient des gens toujours en rébellion envers le système nazi. Ici, Wolfgang Petersen nous offre un autre regard sur ces soldats. Il nous invite à entrer dans leur quotidien, sans les diaboliser et change complétement le regard que le cinéma ou l’histoire peut porter sur eux, car derrière le nazisme et sa folie, « Le bateau » c’est avant tout un film sur des hommes et leur survie. Ce que j’aime, ce qui m’a surpris et j’avoue avec lequel j’ai eu un peu de mal, c’est que le réalisateur qui ne juge pas ses personnes, nous demande de nous attacher à une bande de nazis qui part semer la mort en mer. Difficile au départ de l’accepter, mais plus le film avance et plus il fonctionne et c’est avec un enchantement indescriptible que l’on suit non pas des nazis, mais des hommes dans leur travail. Et ça, c’est un nouveau regard sur la guerre. et c’est avec beaucoup de génie que le réalisateur démontre la connerie monumentale du conflit. Le film m’a totalement scotché à mon fauteuil. J’avoue avoir frémi pour eux, angoissé avec eux, voulu qu’ils s’en sortent indemnes, et ça c’est un coup de maître. Donc sur le plan psychologique le film fonctionne à 200% et l’on s’attache parfaitement aux personnages et à leur quête, mais il n’y a pas que sur ce point-là que le film marche, car Wolfgang Petersen réussi aussi à faire un huis-clos terrible, avec des rebondissements tous plus bluffants les uns que les autres.

Le film jouit d’un suspens interminable et c’est avec brio que le réalisateur nous fait sentir toute la tension de l’attente à l’intérieur du navire. Les scènes de bataille et de recherche sont impressionnantes et il y a une immesne tension. L’attente de savoir si oui ou non, l’heure est venue, les bombardements, les bruits, le silence, les regards apeurés, le stress, l’espoir, tout se mélange et la sauce est parfaite. La vie ou la mort ne tient qu’à un fil et le film peut basculer à tout instant. J’ai si bien accroché que je peux dire que les autres films se passant dans un sous-marin font désormais pale figure à côté de celui-là.

« Le bateau« , c’est aussi une leçon de cinéma que nous offre Wolfgang Petersen. Comme je le disais, son film se déroule sur plus de cinq heures et hormi, le début que j’ai trouvé un poil trop long, je n’ai pas vu le reste du film passer. Je serais presque incapable de dire où et quand le réalisateur a réussi à placer ses cinq heures de film. « Le bateau« , c’est une mise en scène des plus grandioses, avec des scènes incroyables, maîtrisées avec génie. C’est une ambiance torturée qui s’amuse à nous torturer avec suspens. Ces scènes maritimes à nous donner le mal de mer, tant elles sont bien menées. Les effets spéciaux, la photo, les plans, les cadres, les séquences, tout est audacieux, original et prenant. À croire que le réalisateur a une idée à la minute. De plus, le film a beau avoir plus de trente ans maintenant, il n’a pas beaucoup vieilli et reste admirablement saisissant. C’est vrai qu’il y a quelques plans qui sentent le faux fond, mais ça lui donne un charme dingue qu’on apprécie encore plus aujourd’hui.

Et puis enfin, on ne peut qu’être impressionné par la performance des acteurs qui sont tous bluffants. C’est avec une énorme tension que chacun des comédiens arrive à nous faire vivre ses angoisses, ses ressentis, ses peurs et son espoir d’un jour revoir la terre ferme et fouler le sol en un seul morceau.

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Ce film sonne comme une révélation en son genre. « Le bateau » est un œuvre qui m’aura passionné sur tout son long, et ce, malgré le départ un peu long. C’est un film qui m’a tenu en haleine jusqu’à sa fin et mon dieu quelle fin !

Wolfgang Petersen a réalisé à mes yeux l’un des meilleurs films de guerre que j’ai pu voir. Un film brillant donc, à placer aux côtés de « Le jour le plus long« , « Il faut sauver le soldat Ryan« , « La ligne rouge » et « Full Metal Jacket« . Bref, ce film est un très très gros chef d’œuvre qui change définitivement mon regard sur la guerre.

Note : 20/20

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Par Cinéted

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