AqME – Dévisager Dieu

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Avis :

Le métal français est un genre un peu boudé dans son propre pays. Là où des pays comme la Finlande vénèrent presque leur groupe de rock et de hard rock, la France se contente du commerce et des pseudos chanteuses à voix. Et c’est bien dommage car notre beau pays est un véritable vivier de groupes à fort potentiel. Et cette années, les sorties furent assez nombreuses, et de qualité, avec le dernier Tagada Jones (Dissident), le dernier Lofofora (L’Epreuve du Contraire) ou encore le dernier AqME avec Dévisager Dieu. Et concernant ce dernier groupe, le pari de ressortir un nouveau skeud n’était pas gagné. En effet, en 2012 sortait un ultime album, Epithète Dominion Epitaphe, qui annonçait le départ de Thomas, le charismatique chanteur du groupe, qui a préféré partir se perfectionner dans une autre forme d’art, le tatouage. Mais le groupe a su trouver un remplaçant en la présence de Vincent, ancien du groupe Noswad. Alors on peut se demander quel virage va prendre le groupe, car lorsque l’on change un chanteur, les fans attendent au tournant et la voix risque fort d’être différente. Et justement, la force en question est d’avoir trouvé un chanteur qui possède une voix presque similaire à celle de l’ancien leader, permettant ainsi au groupe de rester sur ce qu’ils savent faire. La preuve en est que Dévisager Dieu est un excellent album, dans la veine de ce que propose le groupe depuis 2008.

Le skeud démarre fort avec le tube de l’album, Avant le Jour. D’entrée de jeu le groupe annonce la couleur avec un morceau violent, rapide, mais redoutablement efficace. L’alternance entre screamo et chant clair est bien présente, Vincent laisse éclater sa puissance vocale tout en assurant dans les refrains qui rentrent très rapidement en tête. Niveau musical, c’est technique, varié et apporte vraiment des riffs intéressants que l’on a toujours tendance à entendre dans des groupes américains On retrouvera cela dans Au-Delà de l’Ombre, qui se base sur la même structure que le premier titre, c’est-à-dire un refrain efficace et des riffs qui donnent une furieuse envie de headbanger. Mais on peut aussi compter sur Entre Louanges et Regrets, un autre morceau violent mais possédant un schéma simple et un refrain chanté fort agréable. Mais qui dit AqME, dit aussi moments proche du hardcore, surtout depuis le virage serré adopté avec Hérésie en 2008. Du coup, on aura aussi notre part de morceau qui envoie du lourd, comme Enfants de Dieu, qui n’est quasiment qu’en chant crié et qui pourtant assure, notamment grâce un refrain bien marqué et des riffs qui sont vraiment très bon, jusqu’à une sympathique rupture en milieu de morceau, allant chercher une ambiance malsaine et mélancolique. On peut aussi compter sur L’Homme et le Sablier, qui montre la puissance vocale du chanteur qui hurle sur le début sur presque un vide musical mais arrivant à imposer une certaine ambiance sombre et qui sied parfaitement au groupe depuis ses débuts. Et c’est là que vient la force du skeud.

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En effet, avec le changement du chanteur, on aurait pu avoir peur d’un changement dans l’ambiance et l’atmosphère du groupe et pourtant rien n’a changé. On oscille entre la volonté d’un espoir et la lucidité d’une noirceur sociétale. Parfaitement respectueux des thèmes du groupe, Vincent suit le chemin tracé et ne déçoit aucunement, bien au contraire, il rassure les fans. Et il les rassure encore plus en proposant des titres beaucoup plus complexes, plus longs, qui ont fait la réputation du groupe depuis leur troisième skeud, La Fin des Temps. Ainsi, on aura Un Appel, un titre puissant et touchant, faisant une intro relativement calme, presque pop, mais partant ensuite vers un métal qui débouche bien les tympans, tout en gardant une atmosphère sombre et lourde. On peut aussi citer Ce que Nous Sommes, un titre plus violent dans sa rythmique, mais qui assure sur la longueur et qui reste quelque chose de nihiliste et de savamment puissant. Et puis difficile de passer outre Les Abysses, le dernier morceau du skeud, dépassant les six minutes et débutant dans un chaos incroyable de maîtrise et avec une guitare impressionnante. La fin du morceau change radicalement d’ambiance avec quelque chose de plus calme pour repartir ensuite à la charge dans un final dantesque.

Au final, Dévisager Dieu, le dernier album d’AqME est une réelle réussite. Partagé entre la joie et la crainte de voir un nouvel effort du groupe avec le changement de chanteur, c’est bien la première impression qui gagne, car le groupe offre un skeud généreux, dense, respectueux de l’univers du groupe et avec une maîtrise technique incroyable et puissante. Encore une fois, on ne peut qu’être enchanté par l’effort fourni par les groupes de métal français, offrant depuis le début de l’année des albums intéressants, intelligents et n’ayant rien à apprendre de la part des américains. Reste le chemin commercial qui semble difficile à trouver dans un pays qui prône l’ouverture d’esprit mais qui associe trop ce mot à porte-monnaie…

  1. Avant le Jour
  2. Enfants de Dieu
  3. Au-Delà de l’Ombre
  4. Ce Que Nous Sommes
  5. Un Appel
  6. Entre Louanges et Regrets
  7. L’Homme et le Sablier
  8. Pour le Meilleur, le Pire
  9. Les Abysses

Note : 17/20

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Par AqME

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