Mission

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Titre Original : The Mission

De : Roland Joffé

Avec Jeremy Irons, Robert De Niro, Ray McAnally, Cherie Lunghi

Année : 1986

Pays : Etats-Unis, Angleterre

Genre : Drame

Résumé :

Au début du XVIIIe siècle, le frère jésuite Gabriel fonde une mission sur les terres des Indiens Guaranis. A la même époque et dans les mêmes lieux sévit Mendoza, aventurier mercenaire. Ces deux hommes vont se retrouver pour lutter contre la domination espagnole et portugaise.

Avis :

Comment commencer un texte sur cette « Mission » signée Roland Joffé sans dire que le réalisateur a livré pour son deuxième passage derrière la caméra un chef d’œuvre indémodable ? Eh bien, c’est tout simplement impossible, car « Mission » fait assurément partie des plus grands films sortis dans les années 80. Roland Joffé signe ici ce qui est son plus grand film. « Mission » est un film au souffle divin, à la beauté renversante, aussi bien visuelle que par ce que le film transmet dans son message. Une palme d’or amplement méritée donc.

Mission

XVIIIe siècle, l’Espagne et le Portugal se partagent l’Amérique Latine. L’église, elle, a envoyé des prêtres jésuites pour convertir les peuples d’Indiens qui vivent dans la jungle. L’un d’eux, le père Gabriel, a fondé une mission en plein territoire Guaranis. Les conversions se font lentement et bientôt le père est rejoint par le capitaine Mendoza, un homme en mal de rédemption. Ancien esclavagiste d’Indiens, il doit désormais se pardonner d’un crime. Mais alors que les missions se portent au mieux, les royautés espagnoles et portugaises voient en elles des obstacles qu’il faut détruire. Le père Gabriel va devoir alors convaincre un représentant de l’église que ces missions tenues par les jésuites sont nécessaires.

Le cinéma de Roland Joffé, c’est toujours de grandes histoires au souffle épique. Le réalisateur a toujours su me faire voyager, et ce, malgré les drames dans lesquels il me transporte à chaque fois. Avec « Mission« , le cinéaste a donc placé sa caméra en plein cœur de l’Amérique latine, quelque part au beau milieu de la jungle et de ces rapides. D’ailleurs, le film s’ouvre admirablement sur les chutes d’Iguazú. Une scène d’ouverture a coupé le souffle d’entrée de jeu et qui sera inoubliable.

Pour son deuxième passage derrière la caméra, le réalisateur a choisi un sujet assez casse-gueule et difficile d’accès, la guerre des Guaranis. Si bien souvent on parle du massacre des Indiens d’Amérique du Nord, l’histoire a tendance à vouloir oublier ce qu’il s’est aussi passé bien plus au sud. Le scénario aborde de manière profonde et intelligente (la religion en prend un bon coup…) l’envie et presque le devoir de conversion que l’église avait sur les aborigènes de ces pays-là (Pérou, Brésil, Paraguay, Argentine et autres…). Comment elle les a amadoués, convertis, comment elle a promis monts et merveilles à ses peuples et ses prêtres aussi envoyés comme mécènes et puis comment elle a abandonné tout le monde sous la pression de deux pays qui se disputaient des territoires, laissant ses peuples et autres prêtres se faire massacrer si jamais ils ne voulaient pas abandonner les terres « prêtées ». Ce que j’aime et qui me surprend à chaque fois que je regarde ce film, c’est l’excellente écriture de l’histoire. Le réalisateur ne juge à aucun moment ses personnages ou nous indique qui a tort ou non. Ici, il ne fait que relater ces histoires et nous laisse propre juge de ce que l’on est en train de regarder. Le film est donc d’autant plus passionnant et émouvant. Roland Joffé laisse monter ses émotions toutes seules, et ne se laisse pas appeler par les tire-larmes, ce qui est très bien vu. Il faut aussi noter que le réalisateur s’est donné beaucoup de mal pour nous offrir des images superbes. Son film, qui a d’ailleurs récolté l’Oscar de la meilleure photographie, est magnifiquement filmé. Les décors sont incroyables, les scènes génialement pensées, que ce soit une simple scène de prières, jusqu’aux scènes de massacres, tout est beau et bien fait. Du coup, quand je regarde ce film, je ne vois pas ces deux heures passer.

L’autre côté magique du film, c’est sur ses acteurs. Le film est brillamment porté par Robert De Niro en mercenaire en mal de pardon et Jeremy Irons qui compose avec intensité le père Gabriel. Les deux acteurs soutenus par Liam Neeson ou Aidan Quinn entre autres, ainsi que tous les indiens qui jouent dans le film sont extraordinaires. J’adore le look qu’aborde Robert De Niro dans ce film, quant à Jeremy Irons, je le trouve vraiment imposant, en particulier dans ses dernières scènes.

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« Mission » est un film indispensable pour toute culture et dvdthèque qui se respecte. Personnellement, c’est un film dont je ne me lasse pas et qui à l’aube de ses trente ans n’a toujours pas pris une ride. Si vous avez envie de faire un voyage intéressant dans de superbes paysages, si vous avez envie d’en savoir plus sur une période bien sombre de l’histoire que certains aimeraient bien oublier, ou encore être envouté par un casting impeccable, ou par la bande son incroyablement majestueuse signée par l’immense Ennio Morricone, alors « Mission » devrait vous combler en tout point !

Note : 20/20

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Par Cinéted

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