octobre 28, 2020

Miséricorde – Jussi Adler-Olsen

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Auteur : Jussi Adler-Olsen

Editeur : Le Livre de Poche

Genre : Polar

Résumé :

Pourquoi Merete Lyyngaard croupit-elle dans une cage depuis des années ? Pour quelle raison ses bourreaux s’acharnent-ils sur la jeune femme ? Cinq ans auparavant, la soudaine disparition de celle qui incarnait l’avenir politique du Danemark avait fait couler beaucoup d’encre. Mais, faute d’indices, la police avait classé l’affaire. Jusqu’à l’intervention des improbables Carl Mørck et Hafez el Assad du Département V, un flic sur la touche et son assistant d’origine syrienne. Pour eux, pas de cold case…

Avis :

Les polars scandinaves disposent d’un vivier de romanciers reconnus et dotés d’une réputation flatteuse. Depuis la trilogie Millénium, l’on ne cesse de découvrir des histoires glaciales dans des environnements qui le sont tout autant. Néanmoins, l’ambiance particulière de ces ouvrages peut laisser place à un traitement lancinant parfois gênant. Il n’en demeure pas moins que cette littérature possède un lectorat friand de machinations et autres sournoiseries comme les auteurs de thrillers savent si bien les préméditer. Miséricorde, premier roman de Jussi Adler-Olsen paru en France, semble donc s’inscrire dans cette veine. Mais avons-nous droit à un immanquable ou à une vague resucée des livres présents sur le marché ?

Le département V est une section spéciale de la police danoise pour rouvrir des enquêtes non élucidées et y apporter les compétences nécessaires pour les résoudre (ou pas). En cela, la base de ce premier tome se rapproche grandement de Cold case, à la différence prête que le département en question se compose uniquement de deux personnages. Une sorte de mise au placard inavoué si vous préférez. Bien entendu, les ficelles du genre sont respectées via de nouveaux indices dissimulés, des témoignages ignorés ou encore l’analyse de pistes trop rapidement écartées. Autrement dit, le matériau originel permet de ne pas trop se perdre si l’on est coutumier des méthodes d’investigation.

Cela atténue l’impression partagée d’un début peu engageant. En effet, la progression se révèle trop lente pour faire avancer l’histoire. Les dialogues trop nombreux voient une succession de questions-réponses éculée qui met péniblement le lecteur en condition. Avec la création du département V et son chef qui joue les tirs au flanc, l’enquête principale a du mal à démarrer sur des fondations saines. L’auteur ajoute une difficulté supplémentaire en y incorporant des flashbacks récurrents qui tissent une trame secondaire dans un plan spatio-temporel différent. Dans un premier temps, on a l’impression que ce choix évente le nœud du problème et, par la même, le suspense.

Fort heureusement, l’évolution du récit permettra de développer une certaine tension grâce à une habile course-contre-la-montre plutôt inattendue. Toutefois, il faudra patienter plus de la moitié du roman pour constater ce regain d’intérêt. On compte également une documentation sur le sujet principal et ce qui l’entoure assez exhaustive, notamment les effets de la pression sur l’organisme humain. Quant aux méthodes de Carl et son comparse, elles ne révèlent rien d’étonnant, hormis une « légère » propension pour l’improvisation et le peu de respect des protocoles et autres règlements.

Les protagonistes se montrent soignées et crédibles dans leur développement, et ce, malgré quelques écueils que l’on assimilera à des maladresses, sinon des caricatures. Le flic solitaire au couple vacillant et au caractère bourru, c’est un peu facile. En revanche, la mémorisation des patronymes est loin de l’être pour des francophones. Rien de préjudiciable, mais intégrer les nombreux intervenants tout en imaginant un physique sur leur personne requiert un temps d’adaptation. De ce côté, le livre possède un solide panel d’individus qui reste néanmoins assez convenu au regard de la concurrence.

Au final, Miséricorde peine à démarrer sur des bases saines. Intrigue percluse de longueurs et de complaisances, investigations sommaires, il s’en était fallu de peu pour se trouver en présence d’un véritable pétard mouillé. Toutefois, l’auteur tisse une trame assez astucieuse afin d’offrir une seconde moitié plus engageante. On regrettera la présence de poncifs handicapants qui entache un travail de fond assez rigoureux. Il en ressort une lecture qui demande de la patience pour l’apprécier pleinement. Ce polar démontre certaines qualités, mais accuse un rythme trop posé. En espérant que les suites promettent d’effacer ces maladresses…

Note : 13/20

Par Dante

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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