La Belle et la Bête

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De : Christophe Gans

Avec Léa Seydoux, Vincent Cassel, André Dussollier, Eduardo Noriega

Année : 2014

Pays : France, Allemagne

Genre : Fantastique

Résumé :

En 1810, après le naufrage de ses navires, un marchand ruiné doit s’exiler à la campagne avec ses six enfants. Parmi eux se trouve Belle, la plus jeune de ses filles, joyeuse et pleine de grâce.

Lors d’un éprouvant voyage, le Marchand découvre le domaine magique de la Bête qui le condamne à mort pour lui avoir volé une rose.

Se sentant responsable du terrible sort qui s’abat sur sa famille, Belle décide de se sacrifier à la place de son père. Au château de la Bête, ce n’est pas la mort qui attend Belle, mais une vie étrange, où se mêlent les instants de féerie, d’allégresse et de mélancolie.

Chaque soir, à l’heure du dîner, Belle et la Bête se retrouvent. Ils apprennent à se découvrir, à se dompter comme deux étrangers que tout oppose. Alors qu’elle doit repousser ses élans amoureux, Belle tente de percer les mystères de la Bête et de son domaine.

Une fois la nuit tombée, des rêves lui révèlent par bribes le passé de la Bête. Une histoire tragique, qui lui apprend que cet être solitaire et féroce fut un jour un Prince majestueux.

Armée de son courage, luttant contre tous les dangers, ouvrant son cœur, Belle va parvenir à libérer la Bête de sa malédiction. Et se faisant, découvrir le véritable amour.

Avis :

Parmi la communauté « geek » (terme trop réducteur et péjoratif, mais à défaut d’autres mots, on utilise celui-là), Christophe Gans, c’est un peu le réalisateur qui a su ouvrir les portes de l’adaptation de jeu vidéo en France. Commençant son épopée de cinéaste dans l’horreur avec Necronomicon, il commence son ascension avec Crying Freeman, un film tiré du manga éponyme. Le succès est quasiment immédiat et il va poursuivre son exploration d’un univers fantastique et surprenant avec Le Pacte des Loups. Le film fut longtemps décrié, mais s’avère être un plaisir coupable assez détonnant dans le sillage du cinéma français. Il finit par compléter sa vision du cinéma avec Silent Hill l’adaptation du célèbre jeu vidéo et il en fait quelque chose d’assez plaisant et de fidèle. Depuis ce film, il aura fallu huit ans au bonhomme pour revenir sur le devant de la scène avec sa vision de La Belle et la Bête. Encore un univers fantastique, ce qui fait du bien au cinoche franchouillard, mais malheureusement, il s’agit certainement de son plus mauvais.

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Il n’est pas nécessaire de revenir sur l’histoire puisque tout le monde la connait et que ce conte a déjà fait l’objet de plusieurs adaptations dont la plus connue vient de Jean Cocteau avec un formidable Jean Marais. Si l’histoire diffère légèrement, octroyant un bestiaire assez novateur tout en essayant de coller au mieux à l’univers, le film de Christophe Gans souffre de gros défauts qui font que le film est foncièrement mauvais. On peut d’ailleurs rapidement passer sur les points forts, puisqu’ils sont peu nombreux, avec des décors sublimes et des costumes plutôt jolis. On peut aussi noter quelques effets spéciaux ambitieux, histoire de faire un show à l’américaine et c’est là que le bât blesse.

Le but premier de ce conte est de toucher, en plus de donner une morale, plus que jamais d’actualité, sur l’apparence et la beauté intérieure. Il faut donc que La Belle et la Bête soit touchant, qu’il communique des émotions. Malheureusement, le film de Christophe Gans est totalement dénué d’émotion. C’est bien simple, on se fout complètement de ce qui se passe à l’écran, que ce soit pour les personnages ou pour les créatures. En fait, à force de vouloir imiter les blockbusters américaines, Gans est tombé dans le panneau de la surenchère d’effets spéciaux, de plans plus ou moins beaux à grands renforts de ralentis et celui donne au film une jolie coquille complètement vide. C’est très frustrant de voir que sous cette belle enveloppe, il n’y a rien à voir. De ce fait, le film souffre aussi d’un manque de rythme évident C’est long, c’est mou, ça ne tient pas en haleine et cela sans même parler des personnages.

Afin de croire à cette histoire d’amour, il faut non seulement des personnages solides, mais aussi une certaine cohérence dans l’écriture. Et là, il y a tout sauf une relation logique qui évolue dans le bon sens. Dans va trop vite, il y a une incohérence entre les sentiments que va éprouver Belle et le portrait peu flatteur qu’elle voit de la Bête. Il faut dire qu’il est misogyne, chasseur, idiot et que sa malédiction est justifiée. Voulant aller au plus vite pour mettre des effets spéciaux avec des géants de pierre numériques, le réalisateur se fourvoie complètement dans la relation entre les deux personnages principaux. Et on ne parle même pas des petits chiens, créatures aussi inutiles que moches.

Enfin, le problème des acteurs se pose là. Léa Seydoux a beau être belle et avoir une grosse paire de seins, elle demeure aussi lisse que les fesses d’un nouveau-né. Elle ne dégage rien, elle est platonique dans toutes ses réactions, elle n’est pas pétillante. Il serait temps de montrer que la beauté n’est pas que physique, il faut qu’il y ait un petit quelque chose en plus pour avoir du sex-appeal. Vincent Cassel est lui aussi assez mauvais, en faisant des caisses pour avoir l’air badass avant sa transformation. Exactement comme Eduardo Noriega qui est le méchant de l’histoire et qui est plus ridicule qu’autre chose. André Dussollier semble plus déboussolé qu’autre chose dans le film et le pire du pire viendra d’Audrey Lamy qui cabotine à mort dans l’espoir de faire sourire ou rire mais qui montre qu’elle n’a pas le talent nécessaire pour faire du cinéma ou un autre registre que l’humour potache.

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Au final, La Belle et la Bête tient bien son nom, car le film est beau, que ce soit dans ses décors ou dans ses costumes mais il est bête comme ses pieds. Christophe Gans semble ne pas avoir trouvé l’essence même de cette histoire qui se focalise sur une liaison amoureuse forte et émotionnellement grandiloquente. Un peu comme un bonbon périmé, si l’emballage est plaisant, le contenu l’est beaucoup moins et plutôt que de faire son Michael Bay français, Christophe Gans ferait bien de recentrer son travail sur quelque chose de moins gros et plus intimiste.

Note : 04/20

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Par AqME

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