septembre 28, 2020

La Chasse – Cruising

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Titre Original : Cruising

De : William Friedkin

Avec Al Pacino, Karen Allen, Paul Sorvino, Richard Cox

Année : 1980

Pays : Etats-Unis

Genre : Policier

Résumé :

La police new-yorkaise enquête sur deux meurtres d’homosexuels appartenant à la tendance sado-masochiste, qu’elle pense être due au même tueur. Le capitaine David Edelson, chargé de l’affaire, propose à un jeune policier en uniforme, Steve Burns – qui possède les caractéristiques physiques des victimes – d’infiltrer la communauté gay. Comme il ambitionne de devenir « enquêteur », Steve, voyant la possibilité d’une rapide promotion, accepte, en dépit du danger qu’il encoure.
Installé dans un appartement de Greenwich Village, Steve fréquente toutes les nuits les lieux de rendez-vous homosexuels : bars, discothèques, boîtes de nuit, jardins publics.
L’assassin, habillé d’un blouson de cuir à pièces métalliques cliquetantes, porteur d’une casquette de motocycliste et le visage dissimulé derrière des lunettes de soleil, frappe par deux fois encore.

Avis :

Depuis toujours, William Friedkin a eu un cinéma radical, au cours de sa belle carrière, le réalisateur américain a toujours eu ce goût pour la provoque et a su surprendre le public de décennies en décennies. Après l’excellence des années 70, le réalisateur entame les années 80 avec ce polar solide et provocant à la fois. « La chasse » est un thriller intense, se déroulant dans le milieu gay SM. Un film osé, culotté, que le réalisateur assume jusqu’au bout nous laissant avec un final des plus jubilatoires.

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New-York début des années 80, deux hommes sont retrouvés poignardés dans le dos. Ces deux hommes sont homosexuels et la police s’attend à en retrouver d’autres. Le tueur n’a laissé aucun indice derrière lui et les flics sont donc dans le flou total. Steve Bures est un jeune policier d’une trentaine d’années. Plutôt beau gosse, il a la particularité de ressembler physiquement aux victimes de ce malade. Son chef va donc le lancer à la traque de ce tueur dans une mission d’infiltration du milieu gay. La chasse est donc ouverte, mais en réalité, qui traque qui ?

« La Chasse – Cruising » est une redoutable et très glauque descente dans le milieu homosexuel du New-York du début des années 80. Connaissant le film de réputation, et aimant le travail de William Friedkin, j’étais très curieux de voir si ce film était bien à la hauteur de son statut, et je peux vous assurer que ce premier de film de William Friedkin qui ouvre les années 80, est bien l’un des meilleurs que j’ai pu voir de son réalisateur.

Partant comme un simple film sur un simple tueur en série, le film va aller beaucoup plus en profondeur dans son sujet et sa forme. William Friedkin ne fait pas les choses à moitié, et ce, dès le premier meurtre, que j’ai trouvé d’une rare violence. De suite, le réalisateur nous tient pour ne plus nous lâcher.

« La chasse » est avant tout un film d’ambiance. Une ambiance froide comme les rues de Greenwich village la nuit. L’atmosphère est étouffante, inquiétante et poisseuse, renforcée par un BO bien typée fin soixante-dix, le film a tendance à nous mettre mal à l’aise et l’on aime ça. Le réalisateur installe une tension pas possible et surtout un vrai suspens, car comme on connaît la silhouette de ce tueur dès le premier meurtre, chaque personne qui lui ressemble, et qui approche le personnage d’Al Pacino, est un suspect potentiel et donc le film peut, à n’importe quel moment, partir en vrille et le cinéaste s’amuse de temps en temps avec nous pour notre plus grand plaisir. J’ai beaucoup aimé la vision très crue que le réalisateur nous apporte du milieu dans lequel évolue l’histoire. C’est vrai que c’est un peu cliché et réducteur, le milieu Gay SM étant dépeint comme un gros consommateur de sexe et William Friedkin ne nous épargne pas les détails des soirées. Backrooms, nudisme, pratiques en tout genre sont donc filmés, et le tout est crédible et l’on comprend bien que le film ait pu faire scandale à sa sortie, puisque à plusieurs reprises, « La chasse » est très osé dans ses plans.

L’intrigue est un bijou de noirceur, avec ce film William Friedkin explore l’une des parties les plus sombres de l’âme humaine. Son meurtrier est flippant dans son stoïcisme, dans la gratuité de ses actes, le hasard de ses choix et la psychologie de ce dernier. Une psychologie que William Friedkin rend fascinante, de par son mystère et toutes les interrogations qu’elle suscite en nous. J’avoue que ce personnage m’a torturé et je me suis posé énormément de questions à son sujet, allant jusqu’à suspecter même un personnage et le dernier plan du film est incroyablement frustrant dans un sens, mais terriblement bien imaginé. C’était jubilatoire, tout simplement.

C’est Al Pacino qui a eu le courage de jouer ce flic infiltré dans ce milieu gay. L’acteur, dont le talent n’est carrément plus à prouver, m’a beaucoup surpris dans ce film. Alors que je pensais avoir vu tout ce dont il est capable, il m’a étonné en tenant ce rôle, assez sexuel. Il a beaucoup de classe bien sûr, mais en plus, il est arrivé à chopper ce petit truc qui fait qu’il est capable de jouer un homo, sans tomber dans le cliché. Il est féminin, tout en restant très masculin, il est provocant, tout en étant touchant et il tient ce rôle avec éclat jusqu’à ce plan final bouleversant. Pour l’entourer, le réalisateur choisi un casting très classe. On pourra donc découvrir des acteurs comme Karen Allen, qui joue la petite amie de Pacino, Paul Sorvino en capitaine de la police, Ed O’Neill (Al Bundy, de « Mariés, deux enfants« ), et puis en super classe, on trouve Joe Spinell, le Frank Zito de « Maniac » sorti la même année que ce film. Il n’y tient qu’un petit rôle, mais il est encore une fois foutrement charismatique.

Cruising la chasse 1980 real : William Friedkin Al Pcino COLLECTION CHRISTOPHEL

« La Chasse – Cruising » est donc un polar, doublé d’un thriller brillant. C’est un film d’une redoutable intensité, qui ne fait pas dans le détail et va jusqu’au bout de son sujet, de son atmosphère, n’hésitant à faire une peinture très crue du milieu dans lequel l’intrigue évolue. William Friedkin a encore une fois visé juste et ce malgré un style, une intrigue et un culot très casse-gueule, surtout quand on le remet dans son époque. Le réalisateur fait là l’un de ses meilleurs films.

Note : 18/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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