Les Bêtes du Sud Sauvage

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Titre Original : Beasts of the Southern Wild

De: Benh Zeitlin

Avec Quvenzhané Wallis, Dwight Henry, Levy Easterly, Lowell Landes

Année: 2012

Pays: Etats-Unis

Genre: Drame

Résumé:

Hushpuppy, 6 ans, vit dans le bayou avec son père.
Brusquement, la nature s’emballe, la température monte, les glaciers fondent, libérant une armée d’aurochs.
Avec la montée des eaux, l’irruption des aurochs et la santé de son père qui décline, Hushpuppy décide de partir à la recherche de sa mère disparue.

Avis:

Dans le cinéma américain, on trouve de tout. Malheureusement pour nous, cinéphiles français, on est plus habitués à voir les grosses machines de guerre hollywoodiennes envahirent nos salles obscures plutôt que de petits films indépendants qui ruissellent de merveilles et d’idées. Parce que niveau idées et émerveillement, le blockbuster bien gras ne parvient pas à se renouveler et propose continuellement le même spectacle abrutissant au public. Fort heureusement, il arrive tout de même que certains films sortent en salles et ne soient pas des films mastodontes, et même si la distribution n’est pas à la hauteur, on peut être heureux et soulagé de voir que le cinéma reste varié et riche. Car Les Bêtes du Sud Sauvage est l’un de ces petits films que l’on n’attend pas et qui prend aux tripes, étant émotionnellement puissant et surtout, riche d’un scénario et d’une mise en scène exemplaire.

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Hushpuppy est une petite fille de 6 ans qui vit dans le bayou avec son père. Pauvre mais heureux, la vie dans ce que les autochtones appellent « le bassin » est spartiate mais joviale. Mais avec l’arrivée de la tempête, les choses se corsent pour Hushpuppy, qui voit son père se dégrader et des aurochs qui foncent droit sur eux. Du haut de ses six années, la petite fille part à la recherche de sa mère, pour redonner un sens à sa vie et à celle de son père.

Comme on peut le lire sur le synopsis, Les Bêtes du Sud Sauvage n’est pas qu’un vulgaire drame indépendant. Benh Zeitlin, le réalisateur, propose quelque chose de frais, de poignant et à quelle part de salvateur pour l’image du cinéma américain. On pourrait croire à une satire sociale, un film comme Gummo de Harmony Korine, où l’on va voir des portraits de laisser pour compte dans une Amérique sale et dégradante. Mais Les Bêtes du Sud Sauvage est tout autre et s’axe principalement sur une relation père/fille conflictuelle mais d’une grande beauté. Et c’est là la grande force du film puisque cet amour éclatant va en contradiction avec l’insalubrité des décors, puisque le bayou sera recouvert d’un limon fangeux et désolant. Cette relation, qui joue bien évidemment sur le conflit pour montrer tout l’amour d’un père à sa fille (et vice versa), sera le point névralgique de ce film.

Mais il n’est pas évident de trouver deux acteurs qui soient en harmonie dans ce genre de relation et dans un univers aussi marqué. Il faut donc applaudir la performance incroyable de Quvenshané Wallis, qui joue une Hushpuppy incroyable, d’une grande beauté, d’une grande force et d’une grande sérénité. Cette enfant a tout d’une grande et le film vaut le détour rien que pour sa performance. Dwight Henry qui joue son père est excellent lui aussi, dans un registre plus dur, assez ambigu, pour finir sur un plan émouvant. D’ailleurs, on ressent la complicité de ce « couple » dans divers moments du film, mais le final reste quelque chose de très fort et il faut vraiment être insensible pour ne pas être touché par cet échange de regard.

Alors le film n’est pas exempt de défauts diront certains. L’entrée en matière est assez difficile et on ne sait pas trop sur quoi va tourner l’histoire, surtout que le début est assez silencieux. On va aussi se demander ce que les aurochs viennent faire dans cette histoire, jusqu’à comprendre qu’ils ne sont que la représentation des épreuves et des émotions tumultueuses de la jeune fillette. Enfin, on pourrait dire que la réalisation est parfois tâtonnante, notamment au début, avec une caméra à l’épaule qui bouge beaucoup et qui ne propose pas de plans stables, mais finalement, le film étant indépendant et l’histoire très intimiste, cela renforce un sentiment d’authenticité, d’artisanat et d’amour pour le cinéma et les histoires en général. Et au final, quand on regarde l’effet du film sur soi, cette tornade émotionnelle, on se dit que tous ces défauts sont du pipi de chat.

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Au final, Les Bêtes du Sud Sauvage est un sublime film, l’un de ceux à côté duquel il ne faut pas passer. D’une grande portée émotionnelle et vraiment poétique, ce film jouit d’un casting époustouflant avec deux acteurs réellement touchés par la grâce. Véritable tornade sentimentale, ce métrage prouve encore une fois que le cinéma américain regorge de sentiments et de sensibilité et qu’il est juste dommage que cela ne soit pas plus présent dans de nombreuses salles, préférant nous rendre serviles à grands coups de marketing et de films bas du plafond sous couvert d’une communication efficace. Bref, Les Bêtes du Sud Sauvage, ça a couté certainement 100 fois moins que Transformers 4 mais c’est surtout 100 fois mieux et plus encore.

Note: 18/20

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Par AqME

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