décembre 2, 2020

Pink Floyd – The Endless River

PFFull

Avis :

S’attaquer à la critique d’un album de Pink Floyd, c’est un peu comme chroniquer sur un restaurant d’un grand chef étoilé, c’est difficile et on marche sur des œufs. Non pas que les conséquences soient fatidiques, le groupe n’a plus rien à prouver, mais parce qu’ils font partie d’une légende et que lorsque la légende déçoit, ou qu’une personne passe à côté du concept même de la démarche de l’auteur, on peut facilement se faire incendier. Formé en 1965 à Londres par le guitariste Syd Barrett, Pink Floyd se fait connaitre grâce à un son rock psychédélique et progressif. Le groupe connait quelques déboires, avec notamment le comportement instable de Barrett qui sera remplacé par son ami d’enfance David Gilmour et la mainmise de Roger Waters sur la formation, Pink Floyd connait un succès fulgurant durant les années 70 avec des albums comme Wish You Were Here, Animals ou encore The Wall. Les années 80 sont assez difficile pour le groupe car Waters exclut Richard Wright, le claviériste du groupe, fait un album quasiment tout seul et décide de partir en 1985. Mais le groupe ne meurt pas pour autant, les autres membres réintégrant Wright et faisant de très bons albums, comme The Division Bell. Le groupe se reforme en intégralité durant les années 2000, mais la mort de Richard Wright en 2008 va chambouler un peu tout le monde. C’est donc une grande surprise que de voir débouler The Endless River fin 2014.

Les Pink Floyd sont réputés pour offrir des albums concepts assez étranges mais regorgeant de morceaux techniques assez incroyables. The Endless River n’échappe pas à la règle, faisant parfois penser à The Wall pour son côté « histoire » et à The Division Bell pour ses quelques sonorités électros bien reconnaissables. Le skeud débute avec Things Left Unsaid et on est face à un titre purement électro, qui pourrait être l’intro d’un film contemplatif ou d’une balade spatiale. On ressent dès le départ l’envie de faire vivre quelque chose à celui qui écoute, on a un peu l’effet d’un départ vers un long voyage incertain. Malheureusement, ce qui peut sembler intéressant demeure assez mou, surtout sur la longueur. Car les trois quart du skeud sont composés de ce genre de sonorités où l’on se croit dans la quatrième dimension. Sur les 18 titres qui composent l’album, la plupart des titres qui ne durent qu’une minute ou deux sont de cet acabit, et c’est assez déroutant. Certes, on est sur un concept un peu planant, mais il manque un vrai moment rock, un vrai moment qui rappelle les années The Wall, en étant plus percutant et plus cynique. The Endless River fait dans un sujet plus doux, moins rentre-dedans et c’est assez dommage. A l’image de cela, on peut écouter Calling qui est très joli, qui rentrerait bien dans un film, mais qui lasse au bout d’un moment à cause justement de sa mollesse.

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Mais fort heureusement, tout n’est pas qu’électronique dans cet album que beaucoup de fans n’attendaient plus. It’s What we Do, le deuxième titre de l’album laisse entendre une batterie, une petite guitare et une jolie ligne de basse. Certes, le clavier est omniprésent, mais il laisse plus de place aux cordes et c’est tant mieux. On pourra aussi profiter de Sum, qui, malgré des débuts inexistants, se révèle par la suite avec une guitare rock efficace et une batterie qui donne un bon rythme. Parmi les nombreux petits titres d’un peu plus d’une minute, on pourra noter Allons-Y (1) et Allons-Y (2), deux titres qui rappellent au bon son des années 70 et du rock comme on n’en fait plus aujourd’hui. Enfin, il est difficile aussi de passer au travers des trois derniers morceaux, qui sont relativement intéressants par leur approche et leur sonorité. Eyes to Pearls et ses cordes frappées en intro est assez efficace bien qu’un poil mollassonne mais fait écho à certains morceaux que l’on pourrait retrouver dans un western. Surfacing rappelle étrangement les titres planants de The Division Bell avec une guitare langoureuse et une grande maîtrise technique. Par moments, on a l’impression d’entendre High Hopes et ça fait du bien. Enfin, Louder Than Words est le seul morceau chanté de l’album et comme son titre l’indique, le groupe explique que les mélodies sont souvent plus puissantes que les mots. Le titre est maîtrisé, intéressant et il est d’ailleurs dommage qu’il n’y est pas d’autres morceaux chantés dans l’album tant celui-ci semble plus inspiré que le reste.

Au final, The Endless River, le dernier album des Pink Floyd, n’est pas inintéressant, bien au contraire. Partant d’un concept que l’on retrouve assez souvent, celui de raconter une histoire, un voyage, le groupe essaye de proposer quelque chose de cosmique et d’assez lunaire. Le skeud est assez difficile d’accès mais il montre que ce sont bien les vieux qui savent prendre des risques et proposer quelque chose de frais et de neuf.  Alors il y a du bon et du moins bon dans cet album, mais le moins que l’on puisse dire, c’est que cela reste déroutant et nécessite plusieurs écoutes pour en comprendre toutes les subtilités.

  1. Things Left Unsaid
  2. It’s What We Do
  3. Ebb and Flow
  4. Sum
  5. Skins
  6. Unsung
  7. Anisina
  8. The Lost Art of Conversation
  9. On Noodle Street
  10. Night Light
  11. Allons-Y (I)
  12. Autumn ‘68
  13. Allons-Y (II)
  14. Talkin’ Hawkin’
  15. Calling
  16. Eyes to Pearls
  17. Surfacing
  18. Louder Than Words

Note : 13/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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