Calvin Harris – Motion

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Avis :

S’il y a bien un genre qui tombe de plus en plus dans la musique de consommation de masse, c’est bien l’électro. Après l’avènement des DJ français tels que David Guetta, Bob Sinclar ou encore Martin Solveig, une nouvelle génération pointe le bout de son nez, mais qui n’ont pourtant pas l’ombre d’une nouveauté à apporter. On pense notamment à Basto, Avicii, ou encore Calvin Harris, qui ne vend pas de viennoiseries. Ce dernier s’est fait connaître en 2007 grâce à deux succès sur son premier album. Devenant l’un des DJ les plus connus outre-manche, il travailla pour Kylie Minogue sur son album X. Mais la consécration du nouveau roi de l’électropop, comme le surnomme certaines personnes viendra en 2011 car il collabore avec Rihanna, lui fournissant son plus gros succès, We Found Love (morceau tellement rabâché qu’à la première note, on peut tuer quelqu’un). Il sort dans la continuité son troisième, 18 Months qui sera un joli succès et deviendra disque de platine. Selon le magazine Forbes, Calvin Harris aurait empoché la plus grosse cagnotte des DJ en 2013 avec 46 millions de dollars. Ne perdant pas de temps, l’écossais sort son quatrième en novembre 2014 avec Motion. Succès commercial immédiat, lobotomisation auditive via les radios, difficile de passer à côté de cet album, qui n’a pourtant, rien, mais absolument rien de novateur.

Le skeud commence avec Faith, le premier tube de l’album et qui a valu au DJ un premier passage sur toutes les radios. Il faut dire que le morceau est radiophonique au possible, rentrant facilement dans n’importe quelle case, le morceau ne dépassant pas les trois minutes et quarante secondes et s’ancrant dans une rythme bête et méchante. On a droit à la voix éraillée du Dj, qui reste assez agréable bien que limité, comme on peut l’entendre sur le morceau Summer, un titre aussi inutile que déplaisant. Quoiqu’il en soit, le morceau respire la vente et le dollar. Et c’est finalement ça le plus gênant dans cet album et dans toute l’œuvre de Calvin Harris. Le but premier d’un DJ est certainement de se faire reconnaître avec une marque de fabrique. On reconnait facilement un son de Bennassi Bros par exemple ou encore de Kavinsky et c’est ce qu’il manque à cette nouvelle vague de DJ, une véritable identité. Alors effectivement, c’est plutôt cool, relativement bien rythmé, ça permet de danser sans se prendre la tête. Mais le problème, c’est que cette musique fast-food occulte finalement la vraie technique et l’essence même de ce qu’est la musique. D’ailleurs, si on cherche un tantinet de recherche dans ce titre, il faudra attendre le cinquième titre, Slow Acid, qui change complètement avec les quatre premiers morceaux, qui se ressemblent et qui rentrent tous dans la même case. Mais là encore, il y a un problème important, c’est que Slow Acid ressemble étonnamment à une reprise des Daft Punk, Da Funk. Calvin Harris est-il en manque d’inspiration ?

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Comme pour tout DJ, Calvin Harris se fait aider par une multitude de célébrités venant d’univers différents. Cela aurait pu apporter de l’eau au moulin du nouveau roi de l’électropop, mais finalement, le résultat semble être le même. Le type possède une rythmique qui fonctionne et il s’y tient sans apporter de changement. Ce ne sont pas les morceaux Outside avec Ellie Goulding ou encore Together avec Gwen Stefani qui changeront quelque chose. Alors bien évidemment, après plusieurs écoutes, on peut trouver un son qu’affectionne particulièrement le Dj, et il semblerait que ce soit une répétition de notes rapide puisque ce son si particulier revient très souvent au sein de l’album et notamment sur le titre Open Wide avec Big Sean, qui se veut un titre électro ragga. On pourra tout de même noter un titre non commercial, Ecstasy avec Hurts et qui est certainement l’un des plus mauvais titres du skeud. C’est mou, c’est chiant, et surtout, ne possède pas un univers marqué.

Au final, Motion, le dernier effort du DJ écossais Calvin Harris, n’est pas une grande réussite. Bien au contraire, plutôt que de chercher de la nouveauté et d’apporter un son nouveau et frais, le DJ s’octroie le droit de faire quelque chose de linéaire, de commercial et que l’on semble avoir déjà entendu vingt fois. C’est d’autant plus dommage que la nouvelle mouvance de l’électro semble se perdre dans une consommation de masse sans chercher un univers, une empreinte, préférant vivre rapidement et mourir vite, dans un oubli silencieux. Ceci dit, ce n’est pas plus mal, mais il faudrait en avoir moins de ce genre de musique.

  1. Faith
  2. Under Control feat Alesso and Hurts
  3. Blame feat John Newman
  4. Love Now feat All About She
  5. Slow Acid
  6. Outside feat Ellie Goulding
  7. It Was You feat Firebeatz
  8. Summer
  9. Overdrive feat Ummet Ozcan
  10. Ecstasy feat Hurts
  11. Pray to God feat HAIM
  12. Open Wide feat Big Sean
  13. Together feat Gwen Stefani
  14. Burnin feat R3hab
  15. Dollar Signs feat Tinashe

Note: 06/20

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Par AqME

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