Mélodie Pour un Meurtre

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Titre Original : Sea of Love

De : Harold Becker

Avec Al Pacino, William Hickey, Ellen Barkin, John Goodman

Année: 1989

Pays: Etats-Unis

Genre: Thriller

Résumé:

A New York. En l’espace d’une semaine, deux hommes qui organisaient leurs rendez-vous amoureux par l’entremise d’un magazine spécialisé sont assassinés. Frank Keller, un policier intègre mais usé depuis sa rupture avec sa femme, est chargé de l’enquête. Il organise alors des rencontres avec les nombreuses correspondantes des victimes. C’est ainsi qu’il va rencontrer Helen dont il tombe amoureux mais qu’il ne peut s’empêcher de soupçonner d’être la meurtrière.

Avis:

Harold Becker fait partie de ces réalisateurs qui n’ont pas forcément eu une immense carrière, mais qui ont su s’installer petit à petit en offrant au public des films honnêtes. Mais comme ils n’ont pas eu d’énormes succès, Hollywood les a un peu oubliés. Dans leurs carrières, il y aura plus souvent les titres de certains de leurs films qu’on retiendra, plus que leur nom et c’est un devoir de cinéphile que de ne pas les oublier, de les sortir de l’ombre pour leur rendre leur place.

« Mélodie pour un meurtre » avec son titre qui sonne comme un requiem poétique, est un thriller vraiment très sympa qui sent bon les années 90. Harold Becker, le réalisateur de « Taps » ou « Malice » nous lance dans une enquête tendue, érotique et perverse. Une enquête où le doute est le maître-mot, et ce sera avec plaisir et culpabilité que l’on restera pendu à l’intrigue jusqu’à sa résolution finale.

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New-York, deux hommes, à quelques jours d’intervalle, sont retrouvés nus baignant dans leur sang, tués d’une balle dans la nuque. Tous les deux sont morts après avoir eu un rendez-vous avec une inconnue rencontrée grâce à une petite annonce passée par ces messieurs, dans un journal. C’est Frank Keller qui est en charge de l’enquête. Très vite, il a une idée. Il va écrire son propre courrier du cœur et rencontrer toutes celles qui y répondront, pour relever leurs empreintes discrètement et dénicher cette tueuse en série. Mais au milieu de toutes ces femmes, il va faire la rencontre de la belle et envoûtante Helen. De suite, leur relation est passionnée, charnelle, mais derrière cette belle histoire, et le comportement étrange parfois de la belle, le doute s’installe. Et si Frank sortait avec cette fameuse tueuse ?

Manhattan la nuit, de la fumée qui sort des égouts, un air de saxophone, un corps nu qui supplie de l’épargner, une enquête rétro, des flics qui sont exactement comme le cinéma en a si souvent fait et qu’on aime. Ce film, c’est la promesse d’un polar à l’ancienne et « Mélodie pour meurtre » sera comme on l’imagine. C’est-à-dire un polar noir, manipulateur, quelque peu sadique avec ses spectateurs, jouant en permanence sur le doute de la culpabilité d’un personnage ou non. D’ailleurs, il ne serait pas étonnant que Paul Verhoeven se soit un peu inspiré de celui-ci pour faire son « Basic Instinct » tant les deux films ont des similitudes, aussi bien dans leurs histoires, que dans leurs formes, et même dans leurs caractères, jonglant entre polar et érotisme. Et enfin, comme « Basic Instinct« , « Mélodie pour un meurtre » sent très bon l’époque dans laquelle il a été fait. Et ça a été un vrai plaisir de le découvrir.

Harold Becker nous entraîne dans un scénario assez simple, qui n’a rien de vraiment révolutionnaire, mais qui a le mérite d’être efficace. Et surtout, il va semer en nous le doute et c’est grâce à ce doute que le film en devient plus prenant. Un doute qui a de quoi nous mettre mal à l’aise, comme le personnage d’Al Pacino. Comme lui, on prend plaisir à le suivre dans son histoire avec cette femme. Elle si belle, touchante et innocente, qu’on a envie qu’elle le soit, mais ce foutu doute, parsemé au grès de scènes bien tournées, fait que derrière les sourires ravageurs du personnage, on reste méfiant et on scrute ce moment qui la trahira ou non. Et c’est vraiment pour ça que j’ai apprécié le film d’Harold Becker. Surtout que le réalisateur va réussir à tenir son film jusqu’au bout. Et enchaîner les rebondissements à la fin, à en faire mal à la tête. Il y n’aura alors que la toute dernière scène du film, qui ne m’aura pas convaincu. Sa conclusion, heureusement, ne concerne pas l’enquête, mais en même temps, on ne voyait pas le film se terminer autrement. « Mélodie pour un meurtre« , s’appuie sur une mise en abîme discrète, mais efficace. Une mise en scène qui a son caractère et qui est gentiment accompagnée par une bande originale sympathique (tout saxophone de sortie), qui est à l’image du film.

Enfin, Mélodie pour un meurtre se conclura par un casting solide, aussi attachant que prenant. Al Pacino tient là le rôle d’un flic mélancolique après s’être séparé de sa femme. L’acteur est touchant dans le rôle, il s’approprie bien le personnage, même si le rôle est quelque peu déjà vu. C’est vrai, il ne manquait plus qu’il soit alcoolique, pour que le film nous ait sorti tous les clichés sur les flics des années 90, mais si parfois cela dérange, pour ce film ça reste très sympa. C’est Ellen Barkin qui hérite du rôle le plus difficile, c’est elle la « Catherine Tramell », car c’est son personnage qui apporte ce doute dont j’ai tant parlé. Le rôle est donc trouble et l’actrice excellente, et c’est avec beaucoup de subtilités qu’elle va nous faire changer d’avis en permanence. Je l’ai beaucoup haï pour ça. Puis, on pourra compter sur la présence de John Goodman, dans un rôle assez drôle, sur celle de Richard Jenkins, le collègue salaud qui a piqué la femme de Pacino, et puis Michael « Merle » Rooker, et même un peu de figuration pour Samuel L. Jackson, histoire de conclure ce beau casting.

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Voilà ce que je pouvais dire sur cette « Mélodie pour un meurtre« . Sans être un très grand film, Harold Becker réussit parfaitement à remplir son cahier des charges et nous offre le polar made in 90 comme le synopsis nous l’avait promis.

En conclusion, ce film n’est pas indispensable bien sûr, mais si jamais vous tombez dessus, il vaut largement le coup d’œil et ce serait dommage de ne pas le voir.

Note : 14/20

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Par Cinéted

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